ATP / Barcelone : présentation et statistiques du tournoi

Le tenant du titre, 12 fois vainqueur du tournoi dont le court central porte son nom, ne sera pas présent. En l'absence de Rafael Nadal, les favoris sont nombreux pour lui succéder comme à Monte Carlo la semaine dernière.

En Catalogne, les Espagnols sont doublement à la maison. Rendez-vous compte : depuis 1991, l’équivalent de 30 éditions, ils sont allés au bout à 20 reprises. Douze pour Nadal donc, Emilio Sanchez, Carlos Costa, Albert Costa, Felix Mantilla, Juan-Carlos Ferrero, Carlos Moya, Tommy Robredo, Fernando Verdasco, tous vainqueurs une seule fois, se partageant le reste du gâteau. Qui a ramassé les miettes ? Dans l’ordre, Andreï Medvedev, Richard Krajicek, Thomas Muster (2), Todd Martin, Marat Safin, Gaston Gaudio, Kei Nishikori (2) et Dominic Thiem, bref plutôt le haut du panier des trente dernières années. Car oui, si Barcelone n’est pas un Masters 1000, il y ressemble étrangement.

Certes, tous les meilleurs du monde ne viennent pas sur la Costa Brava, mais les meilleurs terriens, assurément. Et comme les surfaces se sont aujourd’hui uniformisées et que la plupart des joueurs du circuit savent bouger sur la surface ocre, on trouve toujours du beau monde en Catalogne. Et ce même si l’épreuve est juchée entre Monte-Carlo d’abord et Madrid puis Rome. C’est donc un sacré plateau qu’offre la 75ème édition du tournoi de Barcelone, dont le directeur est un ancien grand joueur espagnol, quatre fois finaliste de la compétition, David Ferrer. Stefanos Tsitsipas, Casper Ruud, Felix Auger-Aliassime et Cameron Norrie, soit quatre TOP 10, ainsi que Diego Schwartzman, Roberto Bautista-Agut, Pablo Carreno-Busta, Albert Ramos et Grigor Dimitrov, et la jeune génération emmenée par Carlos Alcaraz et Sebastian Korda. Des chocs et des marathons en perspective surtout que les grosses chaleurs ne seront pas de la partie mais plutôt de la pluie et de l'humidité !

Conditions de jeu et quelques statistiques à retenir

Ce tournoi de Barcelone se joue habituellement dans des conditions plus rapides que celles de Monte Carlo mais moins rapides que celles de Madrid. L'humidité est le facteur principal à étudier avant d'analyser les matchs en Catalogne. Et cette semaine, on annonce beaucoup de fraîcheur (entre 10 et 18 degrés) avec un fort risque de précipitation sur plusieurs jours. Des conditions qui plairont aux cogneurs, aux sud-américains et autres purs spécialistes de l'ocre qui ont assez de puissance pour donner du poids aux balles lourdes.

Ce tournoi coincé entre Monte Carlo et Madrid offre aussi traditionnellement beaucoup de surprises : plus de 33% sur les 10 dernières éditions dont un taux de record de 50% en 2017, une année justement où la météo avait été très humide. Cela avait compliqué la tâche des favoris qui avaient été nombreux à se faire piéger par des joueurs moins bien classés mais habitués à jouer sur ces terres lourdes.

Paradoxalement, malgré un nombre important de favoris battus, les joueurs issus des qualifications n'en profitent plus puisque seulement quatre joueurs sont parvenus en quarts de finale depuis 10 ans : Jarry (lucky loser 2019), Klizan (2018), Chung (2017) et Sugita (lucky loser la même année). Au premier tour, les qualifiés comptent 40% de victoires sur les cinq dernières éditions.

Concernant les têtes de série, elles ont occupé 37 des 44 dernières places dans le dernier carré mais trois joueurs non têtes de série ont réussi à se hisser jusqu'en finale : Tsitsipas en 2018, Andujar en 2015 et Giraldo en 2014. A noter que depuis 2012, les 16 têtes de série sont exemptées de premier tour au lieu 8 auparavant. Pour leur entrée en lice au 2ème tour, les têtes de série comptent 66% de victoires.