ATP / Genève : présentation du tournoi

Après une longue coupure entre 1992 et 2014, le tournoi suisse est revenu dans le calendrier en 2015. Annulé en 2020 en raison de la pandémie, la capitale avait eu l'honneur d'accueillir l'an dernier Roger Federer au Parc des Eaux-Vives. Cette fois, l'attraction sera la présence de Daniil Medvedev qui retrouve la compétition après 6 semaines d'absence en raison d'une hernie. Le Russe n'est pas vraiment un spécialiste de la surface au contraire de Casper Ruud, tête de série numéro 2 du tournoi, qui a remporté 5 des 6 derniers ATP 250 auxquels il a participés et notamment en altitude à Genève, Gstaad et Kitzbühel.

Lors des six dernières éditions, nombreux sont les joueurs à avoir créé quelques surprises : en 2015, il n’y avait qu’une tête de série en demie ; en 2017, Mischa Zverev est arrivé en finale, alors qu’il était passé par les qualifications ; en 2018, les deux finalistes n’étaient pas têtes de série, Marton Fucsovics et Peter Gojowczyk ; et en 2019, Nicolas Jarry, alors 75ème mondial, s’était hissé jusqu’en finale. L'an dernier, Andujar et Cuevas (issu des qualifications) avaient atteint le dernier carré.

Des exploits liés à deux raisons principales : le contexte et les conditions. Disputé juste avant Roland Garros, le tournoi voit parfois ses favoris être un peu moins investis. L’altitude (375 mètres) donne aussi de la vitesse à la terre et permet aux joueurs offensifs de tirer leur épingle du jeu. La météo pourrait perturber la programmation avec des perturbations attentues ce lundi, jeudi et samedi. Mais sinon, la chaleur sera au rendez-vous avec plus de 30 degrés à l'ombre en moyenne.

Quelques statistiques à retenir

Sur les 6 dernières éditions (depuis 2015), le tournoi de Genève réserve souvent bien des surprises. Il y a eu en moyenne 34% de victoires des outsiders avec un pic à 48% en 2018 et 40% en 2019. Concernant les têtes de série, le bilan est catastrophique. Parmi les têtes de série 5 à 8 qui font leur entrée au premier tour, seulement 45% ont atteint le 2ème tour. Parmi les têtes de série 1 à 4, 30% ont perdu dès leur entrée en lice en huitièmes de finale et 50% des demi-finalistes n'étaient pas des têtes de série... Les qualifiés se débrouillent bien avec 50% de victoires au premier tour mais seulement trois qualifiés sur les 24 engagés ont dépassé le 2ème tour : Mischa Zverev (finale), Dzumhur (quarts) et Cuevas (demies).

Beaucoup de joueurs en méforme viendront prendre de la confiance et se tester avant Roland Garros.

On peut penser à Dominic Thiem, toujours à la recherche de sa première victoire depuis son retour à la compétition. Il sera opposé au qualifié Marco Cecchinato. Un match compliqué pour l'Autrichien même si l'Italien est très loin de son meilleur niveau (137ème mondial).

On peut imaginer aussi que Daniil Medvedev ne vient pas avec d'énormes ambitions sachant qu'il présente un bilan de 40% de victoires sur terre battue dont aucune dans la catégorie ATP250 (4 défaites en 4 matchs). Le Russe aime plutôt briller dans les grands tournois (Monte Carlo, Barcelone, Roland Garros). Ce premier quart semble donc assez ouvert et pourrait réserver une surprise. Pourquoi pas imaginer John Millman s'ouvrir une brèche s'il parvient à dominer Richard Gasquet au premier tour. Depuis sa finale à Gstaad en 2010, le Français n'a plus jamais brillé en altitude sur terre. Attention aussi au Polonais Kamil Majchrzak, tombeur de Bublik au premier tour, qui pourrait bien signer sa première demi-finale en carrière sur terre battue, après celle de Pune sur dur en début de saison.

Denis Shapovalov partira évidemment favori de son quart mais comme d'habitude, son irrégularité chronique pourra permettre à ses adversaires de créer la surprise. On peut penser à Ilya Ivashka, en méforme cette saison, mais qui reste sur trois défaites disputées face à des joueurs talentueux (Davidovich, Musetti, Basilashvili). Nicolos Basilashvili aura un premier tour piégeux contre Facundo Bagnis. Le Géorgien est en grande difficulté depuis sa finale à Indian Wells à l'automne dernier. Il a perdu dès son entrée en lice à 10 reprises, dès son 2ème match à 5 reprises et fait mieux qu'à Doha où il a perdu en finale. Sur terre, depuis son titre à Munich il y a un an, il présente un bilan de 10 défaites pour 5 victoires et n'a jamais enchaîné deux victoires.

Pablo Andujar (36 ans) peine désormais à aller loin dans les tournois : une seule demi-finale sur ses 20 derniers tournois sur terre battue mais ce fut à Genève l'an dernier. Et la fois d'avant à Gstaad en 2019.

Dans le troisième quart, difficile de faire confiance à Reilly Opelka qui présente un bilan catastrophique sur l'ocre européenne (14 défaites en 20 matchs) en dehors de son tournoi de Rome l'an dernier. Toutefois, les conditions de jeu devraient lui convenir mais reste à savoir s'il sera motivé pour un tournoi ATP250 juste avant Roland Garros.

Albert Ramos semble sur le papier être un candidat au titre mais l'Espagnol n'a jamais brillé avant Roland Garros avec 5 défaites au premier tour sur ses 8 derniers tournois et aucune présence en demi-finale. Même si Ramos aime l'altitude (titre à Gstaad, finale à Kitzbühel, finale à Quito), il présente 50% de victoires à Genève.

Et si Tallon Griekspoor ne profitait pas de l'aubaine pour rejoindre le dernier carré. Vainqueur de Paul au premier tour, il aura un 2ème tour à sa portée face à Riedi ou Nikles. Le Néérlandais n'a jamais atteint la moindre demi-finale en carrière. Et si c'était sa semaine ?

Enfin, Casper Ruud sera-t-il focus à 100% sur le tournoi de Genève alors que se profile Roland Garros où il n'a jamais atteint la deuxième semaine ? Titré l'an dernier, il avait payé physiquement les efforts consentis lors de son 3ème tour face à Davidovich, vainqueur en 5 sets du Norvégien. Ruud a retrouvé son tennis à Rome et il voudra certainement se préserver avant d'aller à Paris.

L'enjeu de ce dernier quart sera surtout de voir si Benoit Paire va enfin signer une victoire après une longue série de 16 défaites au premier tour depuis le mois d'octobre en dehors de l'Open d'Australie. Il sera opposé à Emil Ruusuvuori qui partira logiquement favori mais pourrait bien se faire surprendre dans des conditions de jeu rapides qui vont bien convenir au Français, à condition de retrouver sa qualité de service.

Qui pourrait profiter d'une déconvenue de Ruud dans cette partie de tableau ? Difficile de miser sur Delbonis, en grande difficulté avec 9 défaites sur ses 10 derniers matchs. D'autant plus que l'Argentin a besoin de temps pour préparer ses frappes et pourrait être pris de vitesse par le jeu à plat de Berankis même si ce dernier a un bilan catastrophique sur terre battue (30% de victoires).

Fabio Fognini sera-t-il motivé avant d'aller à Paris ? Il joue rarement avant la quinzaine parisienne (une fois sur deux) et sur ses 8 derniers tournois, il a perdu 4 fois au premier tour, 3 fois au 2ème tour et atteint seulement une fois le dernier carré mais c'était justement ici à Genève en 2018. Thanasi Kokkinakis pourra-t-il en profiter ? L'Australien, étincelant lors de la tournée australienne, n'est pas vraiment un adepte de la terre battue avec seulement 2 victoires en 8 matchs mais on a vu avec Adrian Mannarino à Lyon ce dimanche, que ces tournois avant un Grand Chelem, offrent parfois des résultats qui contredisent les statistiques.

Nos values sur les vainqueurs potentiels du tournoi

Majchrzak @17.00

Griekspoor @17.00

Ivahska @28.00

Millman @50.00