ATP / Marseille : Ivashka, trop tendre pour Auger ?

Félix Auger-Aliassime a réussi à passer le match piège. Celui du "post titre" remporté à Rotterdam, le premier dans sa carrière en l’occurrence. C’était face à Jo-Wilfried Tsonga, son « idole de jeunesse », certes en fin de course sur le plan professionnel, mais toujours redoutable sur dur intérieur. Voici donc le jeune québécois à 13 victoires en 16 matchs depuis le début de l’année. Quand on sait que deux de ses défaites ont eu lieu contre Daniil Medvedev, il y a de quoi être inquiet pour Ilya Ivashka. Le Biélorusse a enfin lancé sa saison, dont le début a été gâché par une blessure à la cheville, qui lui a fait rater la tournée australienne. Et plus ça avance, plus il se sent bien. Après avoir mis 7-6, 6-3 à Norbert Gombos, il a infligé une raclée à Stefano Travaglia (6-1, 6-3), en ne perdant qu’un point derrière sa première balle de service et sans concéder la moindre balle de break. 

Voilà pourquoi l’écart de cote - très conséquent - ne se justifie pas. Bien sûr, le Canadien est largement favori dans ce quart de finale. Il semble avoir franchi un palier considérable sur le plan mental et dans sa manière de gérer ses matchs. Mais ne peut-il pas retomber, de temps à autre, dans ses travers ? C’est tout-à-fait possible, d’autant qu’Ivashka est un très bon relanceur et qu’il lit bien les services adverses. Lors de la seconde moitié de saison 2021, il a par exemple battu des joueurs tels que Marin Cilic, Jan-Lennard Struff et Emil Ruusuvuori, afin de s’adjuger son premier trophée à Winston-Salem. Même s'il a réussi à dominer Zverev à Hambourg, reste que le N°49 à l’ATP n’a jamais battu un TOP 10 sur dur (0-5). Alors que « F2A » compte 11 victoires sur ses 12 derniers matchs face aux joueurs classés au-delà de la 45ème place mondiale - Dominik Koepfer au Masters 1000 de Paris-Bercy.       

L’œil de Florent Serra

Ce que j’aime bien chez Ilya Ivashka, c’est son retour, ses frappes assez puissantes et ses prises de balles précoces. En revanche, je trouve son service un peu moins efficace. Il peut parfois se montrer fragile à l’échange. De son côté, Félix Auger-Aliassime est en pleine confiance. C’est ce qui lui a permis de gagner le tie-break contre Jo-Wilfried Tsonga. Le Canadien est surprenant dans sa manière de temporiser à l’échange. Il a vraiment beaucoup progressé. Il est logiquement au-dessus. Je ne le vois pas non plus exploser le Biélorusse. Après, la cote d’Ivashka est très très haute. Ça donne envie, mais pour être honnête, je vois vraiment Félix s’imposer.

L’œil de Rodolphe Gilbert

Félix Auger-Aliassime a clairement passé un cap. Il est de plus en plus solide. Ce n’est pas facile de repartir sur un tournoi après un premier sacre, surtout contre un très bon joueur d’indoor comme Jo-Wilfried Tsonga. Certes, Ilya Ivashka est bon, mais si la motivation est au rendez-vous côté canadien, je ne le vois pas perdre. Maintenant, si on se penche du côté "betting", la cote du Biélorusse est forcément un peu disproportionnée dans un tel contexte pour le Canadien sur une surface où Ivashka peut élever son niveau.