ATP / Miami : Présentation des quarts N°1 et N°2

Medvedev, un parcours semé de pièges...

Ce n’est peut-être pas son objectif principal, mais si Daniil Medvedev réussit un bon tournoi à Miami, il fera sans doute coup double en retrouvant la place de numéro un mondial, qu’il a seulement goûté durant trois semaines. Pour reprendre sa place sur le trône occupée à nouveau par Novak Djokovic, il lui faut se hisser jusqu’en demi-finale. Une mission tout à fait dans les cordes du joueur russe sur le papier, d’abord parce qu’il a obtenu ses meilleurs résultats en carrière sur dur (12 de ses 13 titres, dont l’US Open, le Masters, Cincinnati, Shanghai, Paris-Bercy et Toronto). Sur la même surface, précisément en extérieur, son ratio s’élève à 74% de réussite. Deux gros duels l'attendent à partir des huitièmes de finale (Roberto Bautista Agut ou Jenson Brooksby) puis en quarts de finale (Hubert Hurkacz). Certes, le protégé de Gilles Cervara est passé à côté à Indian Wells, se faisant surprendre par un excellent Gaël Monfils. Mais les conditions de jeu en Californie, lentes et avec des balles volantes, n’ont jamais vraiment plu à Medvedev. D’ailleurs, après sa défaite contre Gaël Monfils, il déclarait préférer « jouer à Miami plutôt qu’en Californie ». À Miami, au cœur du Hard Rock Stadium, il peut aussi avoir du vent, ce qui favorise la hauteur de la balle, mais les rebonds demeurent néanmoins plus francs.

Exempté de premier tour, comme les 31 autres têtes de série, le N°2 mondial sera opposé à Andy Murray ou Federico Delbonis pour commencer. Pas du tout insurmontable, l’Écossais ayant du mal à enchaîner les performances - une victoire puis une défaite dans la foulée lors des 5 derniers tournois qu’il a disputés - et l’Argentin étant catastrophique sur dur - 25% de réussite en carrière et au cœur d’une série de 15 défaites en 17 matchs, ses deux seuls succès ayant eu lieu en début d’année à l’ATP Cup contre Aleksandre Metreveli (N°570) et Michail Pervolarakis (N°399). Ensuite, ce n’est pas Cristian Garin, tête de série N°27, qui devrait lui faire peur, bien qu’accompagné par un nouveau coach, Pepe Vendrell, ancien entraîneur de Roberto Bautista Agut. Peu à l’aise sur le ciment (36% de victoires), le Chilien, pourtant spécialiste de terre, est passé à travers la tournée sud-américaine (3 matchs pour autant de défaites). La faute à une blessure à l’épaule qui le suit depuis la fin de l’année dernière et qui l’a d’ailleurs contraint à déclarer forfait pour Indian Wells. Autant dire qu’on n’est même pas sûr de le voir dominer son premier adversaire, qui pourrait être Pedro Martinez ou Jan-Lennard Struff. L’Espagnol est en pleine confiance après son premier titre remporté à Santiago, avant de passer un tour en Californie en disposant de Joao Sousa. L’Allemand n’est plus que l’ombre de lui-même, avec 7 revers consécutifs. Mais les conditions de jeu devraient mieux lui convenir qu'en Californie.

Il faudra donc attendre les huitièmes de finale pour voir Daniil Medvedev vraiment se faire tester. Mais pour ce faire, il faudra le voir affronter Roberto Bautista Agut ou Jenson Brooksby, les deux seuls joueurs susceptibles de lui poser des problèmes dans la partie la plus haute du tableau. Il ne faut sans doute pas se fier à la claque reçue par l’Espagnol à Indian Wells (2-6, 0-6) contre Carlos Alcaraz, son jeune compatriote étant ce jour là sur une autre planète. Il faut plutôt s’appuyer sur la bonne forme actuel de « RBA », vainqueur de son dixième titre à Doha au cours d’une semaine quasi parfaite au service et dans l’échange. Sur dur extérieur, il est dans son élément (7 de ses 10 titres et 11 finales en tout, dont le Masters 1000 de Shanghai en 2016), tout comme à Miami (demie en 2021 après avoir battu un certain Daniil Medvedev, quart en 2019 après avoir dominé Novak Djokovic), où les conditions, moins « aléatoires » que dans le désert du comté de Riverside, lui conviennent mieux. 

Mais attention, après une entrée en lice assez paisible contre le vainqueur de la rencontre opposant Sebastian Baez et Kamil Majchrzak, deux joueurs en forme mais inexpérimentés, il lui faudra peut-être se débarrasser de Jenson Brooksby, autre poil à gratter dans cette zone du tableau. Auteur d’un joli parcours à Indian Wells, atteignant le quatrième tour après avoir sorti Karen Khachanov mais surtout Stefanos Tsitsipas, le jeune californien de 21 ans vient de « craquer » le TOP 40. La suite logique d’une ascension fulgurante, lui qui était classé 315ème il y a un peu plus d’un an et qui n’a joué que… 13 tournois dans l’élite. Clairement, son intelligence de jeu, ses revers fusants, son toucher de balle main et ses jambes de jeu ont de quoi perturber Medvedev, dont le style de jeu est assez similaire. En principe, le yankee devrait passer l’obstacle Federico Coria sans trop de difficultés, l’Argentin n’ayant gagné que 28% de ses matchs sur dur, puis pourquoi pas le test Nikoloz Basilashvili, dont les frappes de bûcheron lui ont permis d’atteindre la finale à Doha mais dont le manque de ressources tactiques lui font perdre la plupart de ses duels contre des joueurs malins… comme Brooksby.

Si Daniil Medvedev tient son rang, sera peut-être venu le temps pour lui d’affronter l’outsider numéro un de son quart de tableau. On parle ici de Hubert Hurkacz, tout simplement le tenant du titre du Masters 1000 de Miami. En effet, le Polonais avait réalisé une grosse sensation la saison dernière en empochant son premier sacre dans cette catégorie de tournoi, à l’issue d’un parcours de choix, le voyant battre Denis Shapovalov, Milos Raonic, Stefanos Tsitsipas, Andrey Rublev et Jannik Sinner. Reste qu’après une année 2021 exceptionnelle (3 trophées, une demie à Wimbledon et une participation au Masters), le 10ème joueur mondial semble manquer de repères sur le court en 2022 (trop de fautes, trop d’approximations), comme on a pu s’en apercevoir une nouvelle fois lors de son revers en huitièmes de finale à Indian Wells face à Andrey Rublev. Retrouver la Floride, une région où il s’entraîne régulièrement et où il s’est imposé - aussi - à Delray Beach pourrait lui redonner le sourire.

Mais si Hurkacz nous proposait sa face sombre, qui pourrait en profiter dans cette partie de tableau ? Trois noms se dégagent, mais leur potentiel réussite relève néanmoins du pari. Pourquoi ? Tout simplement parce que Denis Shapovalov, Aslan Karatsev et Daniel Evans peuvent aussi bien réaliser un énorme tournoi que se faire jeter très rapidement. Si le Canadien a remporté cette année l’ATP Cup avec sa nation et atteint les quarts à l’Open d’Australie, il est retombé dans ses travers depuis, à cause de cette fameuse irrégularité qui lui tient au corps, à l’image de son jeu si risqué. Sa demie à Dubaï apparaît à cet égard comme un trompe-l'œil, tant ses adversaires étaient à sa portée sur le papier (Fucsovics, Daniel, Berankis) et tant il a déçu au moment de conclure l’affaire face à Jiri Vesely. Heureusement, les conditions de Miami, un peu moins rebondissantes, pourraient davantage lui convenir qu’à Indian Wells, où il a échoué dès son deuxième match contre Reilly Opelka. D’ailleurs, il s’était hissé en demie en 2019 lors du Masters 1000 floridien. Le parcours de Karatsev s’annonce encore plus aléatoire, lui qui n’a rien fait du tout (3 victoires, 6 défaites) depuis son titre remporté à Sydney au mois de janvier. En Californie, le Russe a perdu dès son entrée en lice contre Steve Johnson (N°115), après avoir déjà chuté contre 5 autres joueurs classés hors du TOP 50 (Adrian Mannarino, Elias Ymer, Tallon Griekspoor, Benjamin Bonzi et Mackenzie McDonald). Même combat pour Evans, qui n’a jamais performé à Miami (un seul succès en 3 participations), tout comme il n’a jamais réussi à Indian Wells (seulement trois victoires en carrière), comme si l’aube du printemps américain ne lui faisait pas de bien. Reste que c’est sur dur extérieur, grâce à ses slices de revers et ses montées à contretemps, qu’il a atteint ses 3 finales.

Vous l’avez compris, il y a des coups à jouer dans cette zone du tableau. Pour les trois joueurs cités précédemment, mais aussi pour des joueurs un peu plus modestes. Pourquoi ne par voir les deux Français présents ici s’illustrer ? C’est une possibilité plus solide concernant Arthur Rinderknech que pour Ugo Humbert, qui affrontent respectivement au premier tour Laslo Djere et Aljaz Bedene. Le joueur entraîné par Sébastien Vilette a montré de très belles choses depuis le début de l’année avec une finale à Adélaïde et une demie à Doha. Mais à l'image de sa défaite d’entrée à Indian Wells contre Benjamin Bonzi, il donne l'impression d'être moins bien en ce moment. Il paye peut-être aussi sa longue saison 2021 (83 matchs) et ses 15 matchs disputés en janvier et février. Le contre-coup est logique et la méfiance est de mise face au Serbe, certes mal à l’aise sur dur (25% de victoires en carrière), mais plutôt convaincant contre Shapovalov et Tsitsipas dernièrement. De plus, les qualités de retour de Djere vont annihiler les qualités de service de Rinderknech qui devra faire la différence à l'échange pour passer ce tour. Pour Humbert, là aussi il y a de quoi faire, face à un adversaire qui n’a disputé qu’un match cette saison (une défaite à Indian Wells), revenu de 7 mois d’arrêt à cause d’un état de fatigue important et prolongé, après avoir contracté la Covid-19. Le problème, c’est que le Messin a lui aussi été touché par la maladie, éprouvant des difficultés physiques, auxquelles s’est ajoutée une douleur aux adducteurs. Du coup, il n’a gagné qu’une rencontre cette année - contre Medvedev s’il vous plaît - et reste sur une série de 6 revers de rang (le dernier à Indian Wells face à Holger Rune).

Enfin, il reste deux autres duels à signaler dans cette zone du tableau. Celui entre Lloyd Harris, réjouissant en 2021 mais médiocre en 2022, et Facundo Bagnis, mauvais sur dur (24% de réussite). Avantage au Sud-Africain qui vient de battre l’Argentin à Indian Wells mais en trois sets. La cote d'Harris semble donc vraiment trop basse pour être tentée. Enfin, l’opposition entre Emilio Gomez et Yoshihito Nishioka, tous les deux issus des qualifications, devrait tourner à l’avantage du Japonais, plus à l’aise sur dur et qui a déjà réussi de belles choses en 2022 (titre à Colombus et finale à Cleveland en Challenger, quart à Acapulco après avoir battu Taylor Fritz).  

Tsitsipas et Auger, un statut à assumer

Le Masters 1000 de Miami ressemble à un premier tournant dans la saison pour Stefanos Tsitsipas et Félix Auger-Aliassime. En effet, tous les deux ont manqué leur passage à Indian Wells et il s’agit donc de rapidement se rassurer, afin de mettre les points sur les « i » vis-à-vis de la concurrence et des observateurs. Le Grec est solidement installé dans le TOP 5 mondial et présente déjà de solides références en 2022 (finale à Rotterdam, demie à l’Open d’Australie et Acapulco). Des résultats obtenus sur dur, une surface sur laquelle il a déjà remporté l'ATP Finals et trois autres trophées en indoor. Mais en extérieur, aucun titre dans sa besace. Preuve de son inconstance dans cet environnement, il s’est fait berner par Jenson Brooksby il y a quelques jours en Californie, tout comme il avait déçu lors de son quart de finale en Floride l’année dernière, s’inclinant contre Hubert Hurkacz, le genre d’affrontements que son statut l’oblige pourtant à gagner. Voilà donc déjà deux petits accrocs cette saison - avec son revers face à Roman Safiullin à Marseille - et il serait bon pour le N°5 mondial de rappeler qu’il fait partie des patrons du circuit.

Félix Auger-Aliassime n’est pas encore un leader, mais ses performances depuis l’été dernier montre qu’il a gagné en régularité au plus haut niveau. En huit mois, il a atteint le dernier carré à l’US Open et les quarts à Wimbledon et l’Open d’Australie, avant de glaner - enfin ! - son premier trophée dans sa jeune carrière à Rotterdam, après 8 échecs en finale. De nets progrès qui prêtent à l’optimisme, sauf qu’à Indian Wells, le Canadien de 21 ans a cédé d’entrée contre Botic van de Zandschulp. Du coup, forcément, l’épreuve floridienne revêt un caractère particulier, à savoir une sorte de curseur qui lui permettra de savoir si son parcours sinusoïdal appartient bien au passé… ou pas. Pour le dire autrement, un raté ça va, mais pas deux ! La bonne nouvelle, c’est qu’il a déjà bien joué à Miami, enchaînant 7 succès consécutifs en 2019 (en comptant les qualifications), pour se hisser jusqu’en demie. Cette année, son bilan est très flatteur : 15 victoires (dont 3 contre les TOP 10) pour 5 petites défaites. À lui de continuer sur sa lancée et de montrer qu’il fait partie des meilleurs joueurs de la planète. 

Pour Stefanos Tsitsipas, le début de sa campagne s’annonce facile. Soit Daniel Altmaier, soit le qualifié J.J. Wolf, dont il faudra se méfier néanmoins après une jolie série de 9 succès pour 3 défaites à Acapulco, Indian Wells et Phoenix. C’est au troisième tour qu’il pourrait rencontrer un premier adversaire pas évident à négocier. En effet, même s’il n’a jamais perdu en 7 confrontations contre Alex de Minaur, l’Australien lui déjà posé des soucis et sa vitesse de déplacement comme ses qualités défensives sont autant d’atouts qu’il faut savoir gérer. Il s’en est fallu de très peu - un tie-break dans la manche décisive - pour le voir prendre le dessus sur Taylor Fritz, futur vainqueur du Masters 1000 d’Indian Wells. Mais d’abord, l’élève d’Adolfo Gutierrez devra battre le vainqueur du duel qui opposera au premier tour Jo-Wilfried Tsonga à Jordan Thompson. Il y a quelques années, lorsque le Manceau jouissait de 100% de ses capacités physiques, on n’aurait pas donné une chance à l’Australien. Aujourd’hui, la donne a totalement changé. L’ancien N°5 mondial n’a remporté que deux rencontres cette saison et n’a plus battu un joueur du TOP 100 depuis 12 mois (9 revers d’affilée).              

En réalité, c’est surtout en huitièmes de finale que Tsitsipas pourrait se faire croquer. Tout simplement parce qu’il est susceptible d’affronter l’épouvantail du tournoi, celui qui fait maintenant peur à tout le monde, Carlos Alcaraz. Après son gigantesque parcours à Indian Wells après avoir écrasé Roberto Bautista Agut, Gaël Monfils et Cameron Norrie, et battu sur le fil par Rafael Nadal, la pépite espagnole débarque au Hard Rock Stadium avec le dossard du 16ème mondial. C’est déjà considérable à 18 ans, mais ce qu’il a montré en Californie ressemblait davantage au niveau de jeu d’un TOP 5. Victorieux de son premier trophée à Rio, le protégé de Juan Carlos Ferrero est en pleine confiance et paraît ne connaître aucune limite. Voilà pourquoi, s’il a bien récupéré de son énorme combat physique contre le Majorquin (3 h 10 de jeu), il s’avance quasiment comme un potentiel vainqueur. 

Pour son entrée en lice, Marton Fucsovics ou Marcos Giron, n’ont normalement pas les moyens de suivre la cadence imposée par le natif d’El Palmar. Petit avantage à l’Américain, qui joue à domicile, et qui confirme début 2022 (demie à Dallas, quart à Acapulco, meilleur classement en carrière : N°52) ce qu’il avait esquissé fin 2021 (demie à Sofia, quarts à Winston-Salem et Metz, huitièmes de finale au Rolex Paris Masters). Ensuite, Alcaraz pourrait jouer Marin Cilic, qui vient de perdre 3 matchs en 4 sorties et qui n’a pas fait mieux qu’un quart à Miami en 12 participations, si le Croate parvient à se défaire soit de Lorenzo Musetti, soit d’Alexei Popyrin. Quid de ce premier tour ? On notera que la dynamique est plutôt du côté de l’Italien, qui commence enfin à gagner contre quelques joueurs qui comptent (Hubert Hurkacz à Rotterdam, Marcos Giron à Indian Wells), après une seconde moitié de saison 2021 catastrophique. Autre élément capital, le jeune Romain de 20 ans vient tout juste de dominer facilement l’Australien au Challenger de Phoenix (6-2, 6-2).

Pour Auger-Aliassime, c’est une route sinueuse qui s’ouvre devant lui, à commencer par une première colline nommée Miomir Kecmanovic ou Jack Sock. Pour le Québécois, cette entrée en lice aura l’odeur du match piège. Le Serbe réalise un début de saison convaincant, après une année 2021 à oublier. Il a atteint la seconde semaine à l’Open d’Australie, puis joué les quarts à Rio, Santiago et surtout Indian Wells, dominant au passage Marin Cilic et Matteo Berrettini. Contre Taylor Fritz, il n’a pas démérité et s’est même montré percutant en coup droit comme en revers, une rencontre durant laquelle il s’est hissé au niveau des TOP 20. Il partira avec une longueur d’avance face à l’Américain, issu des qualifications, mais il devra néanmoins se méfier. En effet, Sock vaut bien mieux que son classement (N°144) et a failli faire trébucher Stefanos Tsitsipas en Californie (7-6, 3-6, 7-6). Rien qu’avec son coup droit, il est capable de faire tomber plusieurs favoris. Et son parcours en qualifications laisse présager un sacré duel sur ce premier tour avec une rencontre plus serrée que prévue.

Si « F2A » passe le cap, il devra garder sa ligne de conduite pour se défaire soit de Sebastian Korda, soit d’Alejandro Davidovich Fokina. Le vainqueur de ce match affrontera d’abord Albert Ramos-Vinolas, mais ce dernier, sur dur, reste sur une série de 5 défaites de rang et n’a pas plus joué depuis janvier. Explosif, « ADF » est en progrès depuis un mois : un quart à Doha, puis un revers sans démériter face à Denis Shapovalov au deuxième tour à Indian Wells. C’est toutefois le fils de Petr qui pourrait sortir un grand tournoi. Décevant en ce début d’année, il s’est soudainement réveillé en Californie où il a mené 5-2 double break contre Rafael Nadal avant de se faire remonter et de perdre au jeu décisif dans la troisième manche. À Miami, l’environnement lui est favorable. Il est né et s’entraîne en Floride. En 2021, il s’était hissé jusqu’en quarts, après avoir battu Aslan Karatsev et Diego Schwartzman. Mais sa cote (10) pour sortir vainqueur de son quart de tableau est trop basse par rapport à l'adversité.

Dans ce quart, tous les regards seront tournés vers le néo-vainqueur en Masters 1000, qui se rapproche à grands pas du TOP 10, Taylor Fritz. L’Américain vient de vivre le plus grand moment de sa carrière à Indian Wells. Un sacre à l’issue d’une petite quinzaine éblouissante qui l’aura vu s’imposer face à Alex de Minaur, Miomir Kecmanovic, Andrey Rublev et Rafael Nadal. Succéder à André Agassi, 21 ans après, chez lui, devant sa famille et ses amis, est forcément chargé en émotion. C’est d’ailleurs le premier problème qui se pose pour le nouveau N°13 mondial : aura-t-il rechargé les accus ? Le deuxième bémol concerne l’état de sa cheville, touchée en fin de demi-finale. Après son titre à Indian Wells, il avouait lui-même être incertain pour Miami, mais espérer « rapidement retourner très vite sur les courts, pour profiter d’une confiance élevée ». Vous l’avez compris, il n’est pas facile de miser sur un second gros parcours d’affilée pour Fritz, peut-être l’occasion pour ses concurrents dans cette zone du tableau de réaliser une petite percée. Réaliser le doublé IW/Miami est-il une mission impossible ? Courier (1991), Chang (1992), Sampras (1994), Rios (1998), Agassi (2001), Federer (2005 et 2006) et Djokovic (2011, 2014, 2015, 2016) ont réussi cet exploit.

Pourquoi pas Benjamin Bonzi ou Tommy Paul, qui s’affrontent au premier tour ? Les deux hommes ont beaucoup progressé ces derniers temps. L’Américain a déjà disputé une demie (Delray Beach) et deux quarts (Adélaïde 1 et 2) en 2022 et vient de planter Alexander Zverev à Indian Wells, sa troisième victoire contre un TOP 10 en six mois ! Si Paul, qui pointe aujourd’hui au 37ème rang, a battu Bonzi en Australie en début d’année, il devra rester vigilant contre le Français, qui connaît lui aussi son meilleur classement (N°59). Après de nombreux succès en Challenger (7 titres en carrière), le Nîmois a récemment franchi un palier à l’échelon supérieur (demie à Marseille après avoir battu Aslan Karatsev et accroché Andrey Rublev), ce qui lui ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives. Confiant et solide, il a dominé Lorenzo Sonego (N°21) à Indian Wells, avant de céder sur le fil face à Jannik Sinner.

Le vainqueur de ce joli duel du premier tour sera ensuite opposé à Karen Khachanov. Depuis un an, le Russe va mieux. Il a atteint deux finales (JO de Tokyo en 2021 et Adélaïde 2022), après  trois années de disette. Il a également rejoint le dernier carré à Doha, après de bonnes victoires (Emil Ruusuvuori et Marin Cilic). Mais il s’est fait surprendre - même humilié - d’entrée à Indian Wells par Jenson Brooksby (6-0, 6-3), et il n’a jamais réussi à bien jouer à Miami (2 petites victoires pour 5 défaites). Trop inconstant, il est très difficile de miser sur le Russe, ce qui pourrait donc faire les affaire de Paul ou de Bonzi, voire de Botic van de Zandschulp ou Mikhaïl Kukushkin, qui s’affrontent au premier tour et qui se situent dans cette partie du tableau. Le Néerlandais a du mal à confirmer sa seconde moitié de saison 2021 qui l’a vu atteindre les quarts à l’US Open, mais il s’est un peu rassuré en réalisant un bon coup contre Auger-Aliassime à Indian Wells. Largement devant selon les bookmakers, le N°42 mondial aurait néanmoins intérêt à se méfier du joueur kazakh. Ce dernier est sorti des qualifications à Indian Wells, Phoenix et Miami et possède depuis toujours un fond de jeu solide, même s’il reste sur 10 défaites de suite contre le TOP 50.                              

Un prono vaut mille mots

ATP - Miami Par La rédaction de TBN
vainqueur du Q1

Hurkacz
Gagné

Cote 7 Winamax

Mise BK 0.35%

le 23/03