ATP / Monte Carlo : présentation et statistiques du tournoi

À Monte-Carlo, on monte fort d’un seul coup ! Après une mise en bouche sympathique constituée de deux ATP 250, les joueurs vont devoir changer de braquet, et vite ! Il s’agit là d’un Masters 1000, le troisième de la saison après Indian Wells Miami, et traditionnellement le premier sur terre.

Question standing, rien à voir en effet avec les six épreuves sur ocre qui l’ont précédé, à Cordoba, Buenos Aires, Rio, Santiago, Houston et Marrakech. Suivront deux autres tournois de la même catégorie (Madrid et Rome), un ATP 500 (Barcelone) et cinq autres ATP 250 (Belgrade, Munich, Estoril, Genève et Lyon), avant bien sûr… Roland Garros.

Pourquoi ça grimpe si dur ? Parce que Monaco accueille sept TOP 10 et quinze TOP 20, un plateau ultra relevé. Manquent à l’appel Daniil Medvedev, Rafael Nadal, Dominic Thiem et Matteo Berrettini. Hormis ces quatre joueurs, tous les meilleurs sont là, prêts à en découdre, à sentir sous leurs chaussures à picots le sable rouge-orangé et à chercher des repères en vue de la saison sur terre. En l'absence de Rafael Nadal, 11 fois vainqueur du tournoi, les jeux sont ouverts même si on peut aisément sortir un petit groupe de joueurs au-dessus des autres. Soit parce qu'ils ont déjà gagné le tournoi ou atteint la finale (Djokovic, Tsitsipas, Rublev), remporté plusieurs Masters 1000 sur terre battue (Zverev), soulevé de multiples trophées sur l'ocre depuis un an (Ruud) ou écrasé la concurrence sur ce début de saison (Alcaraz).

Depuis 2005, en seize éditions - celle de 2020 n’a pas eu lieu en raison de la pandémie -, ils ne sont que 5 à avoir triomphé sur le Rocher : Nadal, Djokovic ainsi que Stan Wawrinka (2014), Fabio Fognini (2019) et Stefanos Tsitsipas qui débarque avec fébrilité en tant que tenant du titre. Depuis le début de l’ère Open, le tournoi est l’apanage de 3 nations fortes du tennis mondial : l’Espagne (16 titres), la Suède (7) et l’Argentine (5). Nombreux sont les grands noms à s’être imposés, le plus souvent des joueurs forcément performants sur terre battue, de Ilie Nastase à Guillermo Coria, en passant par Björn Borg, Guillermo Vilas, Mats Wilander, Ivan Lendl, Sergi Bruguera, Thomas Muster, Marcelo Rios, Carlos Moya, Gustavo Kuerten et Juan-Carlos Ferrero.

Un seul Français est parvenu à aller au bout, Cédric Pioline, victorieux en 2000, finaliste aussi en 1993 et 1998, tout comme Yannick Noah en 1986 et Gaël Monfils en 2016. Bien sûr, les spécialistes de la surface ocre partiront avec un avantage certain. Peut-être encore davantage pour ceux qui ont choisi de taper la balle en février en Amérique du Sud ou cette semaine à Marrakech - concernant Houston, statistiquement, il semble plutôt que c'est un handicap d'aller au Texas avant d'atterrir en Principauté- histoire de s’habituer à glisser et à batailler, la spécificité du jeu sur terre amenant les athlètes à disputer des matchs à la fois tactiques et éprouvant sur le plan physique.

Cette 114ème édition ne dérogera pas à la règle, d’autant qu’on annonce une semaine assez fraîche (8 à 18 degrés l’après-midi) mais toutefois ensoleillée donc potentiellement un peu plus rapide que les précédentes éditions. Contrairement à l'an dernier, l’épreuve ne se jouera pas à huis-clos. Le public devrait donc donner de la voie et jouer un rôle notamment en faveur des Italiens, très fortement soutenus ici.

Conditions de jeu et favoris/outsiders

Historiquement, le tournoi de Monte Carlo est l'un des tournois les plus lents sur terre avec par conséquent, une plus grande difficulté à conserver ses mises en jeu (28% de breaks en moyenne) et très peu de tie-breaks (seulement dans 25% des matchs). Le prestige du tournoi fait que les outsiders ont un peu plus de mal à briller qu'à Madrid (31%) ou Rome (29%) avec depuis 2009, une moyenne de 28% de défaites pour les favoris mais un pic à 41.5% en 2019. C'est étrangement à partir des huitièmes de finale que les surprises se font plus nombreuses. En effet, depuis 2009, la moyenne des outsiders est de 27.5% sur les deux premiers tours mais de 32.5% entre les huitièmes et la finale.

Les têtes de série

Concernant les têtes de série, elles ont globalement des bons résultats puisque seulement deux joueurs non têtes de série ont atteint la finale (Nishikori en 2018 et Lajovic en 2019). Mais le taux de présence en quarts de finale n'est que de 76%, ce qui laisse malgré tout quelques ouvertures à saisir. Lors des deux dernières éditions, il y a eu notamment trois joueurs non têtes de série en quarts de finale.

Pour entrer dans le détail, les têtes de série 9 à 16 perdent 22% au premier tour mais seulement 12% sur les six dernières éditions. Elles sont présentes à 59% en huitièmes mais il est à noter un pourcentage de défaites très élevé en huitièmes de finale (65%). Il semble donc y avoir des opportunités à saisir en huitièmes de finale pour d'éventuelles défaillances de ces têtes de série 9 à 16.

Les têtes de série 1 à 8 ne sont pas infaillibles pour leur entrée en lice au 2ème tour avec 80% de victoires. Surtout sur les cinq dernières éditions avec seulement 71% de victoires. En huitièmes, le pourcentage de victoires s'élèvent à 70%. Depuis 2007, 23 des 28 finalistes étaient des têtes de série 1 à 8.

Les qualifiés

Les qualifiés y brillent assez peu avec 44% de défaites au premier tour depuis 2007 que les huit premières têtes de série sont exemptées de premier tour. Mais si on prend en compte les duels entre les qualifiés et les non têtes de série (de 9 à 16), les qualifiés remportent 55% des matchs. Sur les 10 dernières éditions, aucun qualifié n'a atteint le dernier carré, deux seulement sont allés en quarts de finale (Sonego, Gil ) et quatre en huitièmes (Seppi, Mannarino, Struff, Dzumhur).

Prize money

Défaite au 1er tour : 21.650€ (12.000€ en 2021 et 19.000€ en 2019)

Défaite au 2ème tour : 39.000€ (18.000€ en 2021 et 33.000€ en 2019)

Défaite en huitièmes : 73.000€ (29.000€ en 2021 et 64.000€ en 2019)

Défaite en quarts : 136.000€ (46.500€ en 2021 et 128.000€ en 2019)

Défaite en demies : 250.000€ (85.000€ en 2021 et 248.000€ en 2019)

Défaite en finale : 457.000€ (150.000€ en 2021 et 485.000€ en 2019)

Vainqueur : 836.000€ (251.000€ en 2021 et 948.000€ en 2019)

 

Tableau 2022