ATP / Monte-Carlo : Ramos, encore un terrien pour Hurkacz !

Que faire quand on n’aime pas la terre ? D’abord, s’accrocher, la base. Ensuite, adapter son jeu ou alors préférer s’appuyer sur ses forces, au choix. Dans le cas de Hubert Hurkacz, ce sont les deux options qui ont été choisies.

Après Dellien (19 victoires sur terre mais aucune finale) puis Martinez (22 victoires sur terre, un titre et une finale), le Polonais continue son ascension du col de Monte-Carlo avec Ramos (175 victoires sur terre, 4 titres et 6 finales).

Lors de ses deux premiers tours à Monaco, le Polonais a tout misé ou presque sur son service. Bien lui en a pris : 21 aces au total et 80% des points gagnés derrière sa première, 65% après sa seconde. Un score plutôt impressionnant sur la surface ocre. Hurkacz a remporté 24 de ses 26 jeux de service (92%) dans un tournoi où il est très difficile de conserver ses mises en jeu (72%). Il faut dire que le 14ème joueur mondial sait allier puissance et lift en ce qui concerne son geste d’engagement. C’est cette variété, doublée d’une efficacité diabolique, qui posent de gros problèmes à ses adversaires. En l’occurrence, Hugo Dellien puis Pedro Martinez, même si ce dernier est parvenu à prendre une manche au vainqueur du Masters 1000 de Miami en 2021. 

Puisqu’on parle de dur extérieur, rappelons que c’est sur cette surface que le Polonais a glané tous ses trophées (4) et qu’il présente son meilleur bilan en carrière (58% de réussite). Sur terre, c’est nettement plus compliqué : tout juste un tiers de ses matchs remportés ! Dans les grands tournois, deux petits huitièmes de finale à Madrid et Rome - avec un troisième cette semaine à Monte-Carlo -, pour beaucoup d’éliminations prématurées, notamment à Roland Garros (il reste sur 3 défaites d’entrée). Logique, me direz-vous, tant Hurkacz n’a pas encore intégré l’indispensable glissade à la bonne pratique du tennis sur la surface rouge-orangée. Mauvaise nouvelle supplémentaire, « Hubi » n’a encore jamais réussi à dominer un grand spécialiste de terre battue. Par spécialiste, on entend limeur, batailleur, marathonien et expert en déplacement dans cet environnement. 

Soit la parfaite description de son prochain adversaire en huitièmes de finale, Albert Ramos-Vinolas. La terre, c’est toute sa vie. Au total, l’ensemble de ses trophées (4) et 6 de ses 7 finales perdues, dont une… sur le rocher monégasque en 2017. Toujours aussi accrocheur malgré son âge (34 ans), l’Espagnol a encore gagné un titre cette année (Cordoba) et vient de battre le N°10 mondial, Cameron Norrie, loin d’être un incapable sur ocre. Sa science du jeu sur sable a clairement de quoi faire dégoupiller Hubert Hurkacz. Trajectoires courtes-croisées, balles enveloppées, service extérieur de gaucher. Si le 37ème mondial parvient à mettre son jeu en place et à faire courir son opposant, il est tout à fait en mesure de surprendre le Polonais. Ce qui serait, au final, simplement une demi-surprise…  

La stat à retenir

Hubert Hurkacz n’a remporté que 3 de ses 10 derniers matchs sur terre face aux membres du TOP 50

L’œil de Rodolphe Gilbert

Pour le moment, Hubert Hurkacz s’en sort, et c’est déjà bien. Il fait le job, notamment avec son service. Mais cette fois-ci, on monte d’un cran. Albert Ramos-Vinolas est un vrai poil à gratter. Tellement difficile à manoeuvrer sur terre. C’est simple : il faudra absolument au Polonais assurer sur ses mises en jeu pour s’imposer. Pour moi, peu importe le classement des deux joueurs, c’est vraiment du 50/50. 

L'œil de Florent Serra

On va voir comment Ramos récupère de sa victoire difficile contre Norrie. Il aura une filière de jeu totalement différente en face de lui avec Hurkacz qui a eu des difficultés aussi pour se défaire de Martinez. On sait que le Polonais n'est pas à l'aise sur terre et pour le moment il s'en sort grâce à sa qualité de service. Il va affronter un adversaire du niveau au-dessus avec Ramos qui est en plus gaucher. L'Espagnol est un métronome sur cette surface. Ramos peut l'embêter avec ses angles. Il est capable de frapper plus fort en coup droit mais il a besoin de temps pour s'organiser et Hurkacz a la puissance de frappe au service et dans l'échange pour prendre de vitesse l'Espagnol. Ramos n'aime pas trop jouer des adversaires qui dominent du fond du court. Hurkacz peut le gêner sur terre battue. C'est le Polonais qui va faire les points gagnants et les fautes. J'aurais malgré tout placé Ramos très légèrement favori ou a minima 50/50. La value est sur l'Espagnol sur cette rencontre avec la possibilité tout de même que le Polonais s'en sorte grâce à sa puissance et son service.

Un prono vaut mille mots

Fond floutté Fond floutté