ATP / Rio : l'inoxydable Andujar

On le savait avant même le coup d’envoi de ce duel. Entre Pablo Andujar, 36 ans, et Albert Ramos-Vinolas, 34 ans, une grande bagarre s’annonçait. On ne s’est pas trompé, puisque le premier s’est imposé après 3 heures et 15 minutes de jeu. Aura-t-il récupéré physiquement en vue de son quart de finale contre Diego Schwartzman ? C’est bien possible, puisqu’il a eu un jour pour souffler. Ce qui est sûr, c’est que l’Espagnol, malgré son âge avancé pour un joueur de tennis professionnel, demeure redoutable quand il s’agit de jouer sur la surface ocre. Il a disputé ses 9 finales sur terre battue (4 titres, 5 perdues) et il est encore capable d’embêter beaucoup de joueurs, même des très bons. Un petit rappel, pas si lointain ? En mai 2021, il s’est payé le luxe de battre Roger Federer à Genève et Dominic Thiem à Roland Garros, même si les deux top players n’étaient pas du tout au mieux de leur forme.

Il n’est donc pas impossible de voir Andujar accrocher le petit argentin, en tout cas l’emmener dans des rallyes bien embêtants, dans ce quart de finale à Rio. D’où un petit étonnement au moment de découvrir la cote très élevée de l’Espagnol. Reste que Schwartzman part assez largement favori. Il est plus vif et joue plus vite, plus fort. Après un tournoi poussif à Cordoba (demie, mais défaite contre Alejandro Tabilo), le N°14 à l’ATP est monté en puissance avec une finale à Buenos Aires (seulement battu en 3 manches par Casper Ruud), en dominant des spécialistes de la surface rouge-orangée (Jaume Munar, Francisco Cerundolo, Lorenzo Sonego). Et pour son entrée en lice à Rio, il a détruit Pedro Martinez (6-1, 6-1). « Je ne sais pas ce que je peux faire de plus que ce que j’ai fait aujourd’hui », a t-il déclaré après sa victoire. Les statistiques sont cependant implacables : excepté l’accident Tabilo, le petit argentin n’a perdu aucun de ses 12 derniers matchs sur terre face à un joueur classé au-delà de la 74ème place mondiale, justement le rang de Pablo Andujar. L’Espagnol saura-t-il faire mentir les pronostics ?     

Son bilan en carrière lors de cette Golden Swing est très largement négatif avec 31 défaites pour 17 victoires mais sur ses 15 demi-finales en carrière sur terre, c'est à Rio la seule qu'il a disputée sur le continent sud-américain en 2014 et il s'était incliné dans le jeu décisif du troisième set face à Rafael Nadal...

L’œil de Florent Serra

J’ai commenté Pablo Andujar lors de son premier match. Il se déplace très bien et il est solide. Mais Diego Schwartzman joue de mieux en mieux dans cette tournée sud-américaine. Je dirai même qu’il devient de plus en plus impressionnant. Il fait tout un peu mieux. Il prend plus tôt, peut trouver des angles plus croisés et il est plus puissant. L’Argentin varie bien avec son revers sauté ou enroulé en fonction. Il utilise bien l’amortie. L’Espagnol devra ralentir le jeu côté coup droit pour frapper fort ensuite en revers long de ligne. Physiquement, Andujar a l’air bien. Mais j’ai peur que Schwartzman joue trop vite pour lui. Après, la cote de l’Argentin est très basse, trop basse. Il n’y a pas d’intérêt à jouer sur lui, même si je le vois bien au-dessus. Même s’il faut toujours se méfier d’Andujar, dont la cote est très très haute et qui est un sacré bagarreur sur terre. 

L’œil de Rodolphe Gilbert

J’avoue que Pablo Andujar m’a surpris en dominant Albert Ramos-Vinolas. Il est toujours là, pas facile à manœuvrer sur terre. Mais Diego Schwartzman a mis une sacrée raclée à Pedro Martinez. Il semble en bonne forme. Après, sa cote est très basse. Adjura mérite d’être plus proche de l’Argentin. Mais ce dernier devrait gagner, d’autant que l’Espagnol pourrait être un peu fatigué après son marathon contre Ramos.