ATP / Roland Garros : Cerundolo peut-il se sortir du piège Evans ?

Evans vs Cerundolo

Dire que Francisco Cerundolo réalise une bonne saison relève de la litote. Classé au-delà de la 120ème place mondiale au début de l’année, le voici aujourd’hui dans le TOP 50. Une progression soudaine liée à un enchaînement de victoires aussi étonnantes que probantes. Dans l’ordre, un quart à Buenos Aires, une demie à Rio et une autre au Masters 1000 de Miami. Solide sur terre (il a également remporté un Challenger en Bolivie en janvier), l’Argentin a montré qu’il était un joueur complet capable de s’adapter sur dur.

Avec des succès sur Miomir Kecmanovic, Gaël Monfils et Frances Tiafoe, il a montré qu’il pouvait rivaliser avec de très bons joueurs également. Sur sa surface préférée, on peut donc imaginer le voir poser des soucis à Daniel Evans, malgré son inexpérience en Grand Chelem (seulement sa deuxième participation, la première à Roland Garros). Le Britannique affiche lui quelques références notables, avec deux huitièmes de finale à l’Open d’Australie 2017 et l’US Open 2021. Mais sur la terre battue parisienne, il s’est toujours fait surprendre dès l’entame de l’épreuve (4 revers au premier tour). Si on connait ses qualités, celles d’un joueur capable de tenir l’échange mais aussi de venir provoquer avec son slice de revers, le Britannique a bien du mal à exister depuis le début de l’année.

En ce moment, il perd régulièrement au premier ou deuxième tour des tournois auxquels il a participe. Un seul coup d’éclat à signaler : un huitième de finale à Madrid, après avoir battu Federico Delbonis et Roberto Bautista Agut. Mais comme Evans a déjà prouvé sur terre avec sa demie à Monte-Carlo en 2021, on peut donc s’attendre à une rencontre très accrochée et un nombre élevé de jeux face à Francisco Cerundolo.    

L'avis de la rédaction : over 34.5 jeux dans le match

Cressy vs Basilashvili

La première fois qu’ils se sont rencontrés, c’était déjà lors d’un tournoi du Grand Chelem. À l’US Open l’année dernière, le mieux classé des deux s’était logiquement imposé (7-6, 6-3, 7-5). Aujourd’hui, rebelote à Roland Garros, mais pour le même résultat ? C’est loin d’être évident. Pourtant, les bookmakers y croient, plaçant Nikoloz Basilashvili en position de favori, avec une cote sacrément basse. Trop basse, sans doute. Très aléatoire et intermittent dans ses performances - 7 victoires pour 16 défaites en 2022, dont 9 éliminations d’entrée -, le Géorgien n’a presque jamais performé Porte d’Auteuil (5 sorties dès le premier tour en 7 apparitions), ni dans l’ensemble des Majeurs d’ailleurs (un seul huitième de finale en 25 participations).

À la maison, pour son premier Grand Chelem tricolore, le Franco-Américain aura une forte envie de briller. Maxime Cressy n’a remporté qu’un match sur terre sur le circuit principal (pour 4 revers), mais il n’a pas démérité (3 sets face à Djere à Monte-Carlo, 2 manches serrées contre Dimitrov à Madrid). Sur l’ocre parisienne, de qualité et qui laisse donc les attaquants s’exprimer, le 62ème mondial va pouvoir faire parler son kick au service et ses intentions offensives. Et comme Basilashvili a tendance à se frustrer face aux grands serveurs (6 défaites lors de ses 9 derniers duels), il existe une réelle ouverture pour Cressy.       

L'avis de la rédaction : Cressy remporte au moins un set / over 17.5 jeux Cressy

Otte vs Carballes

Oscar Otte mérite son statut de favori. D’abord, il est devant au classement (N°60 contre N°102). Ensuite, ses récentes sorties font de lui un joueur pas du tout facile à négocier. Coup sur coup, l’Allemand a atteint les quarts à Belgrade, puis les demies à Munich. Sur son parcours, il s’est débarrassé d’Alejandro Tabilo à deux reprises, d’Aslan Karatsev et de Reilly Opelka.

Autrement dit, voici un tennisman capable de s’adapter sur terre à tous types d’adversaires, limeur, puncheur et grand serveur. Enchaîner les matchs et jouer 5 sets ne lui font pas peur. L’année dernière, à l’US Open, il s’est extirpé des qualifications pour se hisser en huitièmes de finale, après avoir maté Lorenzo Sonego. Et à Roland Garros, quelques mois plus tôt, il a fait trembler son compatriote Alexander Zverev au premier tour, menant deux manches à rien, avant de se faire renverser. C’est vrai, son adversaire est un spécialiste de terre. C’est sur la surface rouge-orangée que Roberto Carballes Buena présente son meilleur bilan (49% de réussite) et qu’il a glané son seul trophée en carrière (Quito 2018). Le hic, c’est que l’Espagnol ne s’est jamais montré à l’aise dans les Grands Chelems (16 apparitions, 10 éliminations d’entrée, dont trois fois à Roland Garros). Second bémol, ses résultats sont décevants cette année, même sur sa surface préférée (premier tour à Barcelone et Estoril). Dans les tableaux principaux de l’élite, il n’a pas battu mieux classé que le 90ème mondial. Sûr qu’Oscar Otte, qui vaut mieux, devrait lui poser des problèmes avec sa technique particulière, son sens tactique et son service de qualité.   

L'avis de la rédaction : victoire Otte