ATP / Santiago : présentation du tournoi et analyse du 1er tour

Prenons un peu de hauteur. Et de l'altitude. Direction Santiago, capitale du Chili où se déroule ce dernier tournoi de la Golden Swing. Les conditions de jeu à presque 800 mètres d'altitude y sont évidemment uniques et très particulières. Les balles volent, les services fusent. C'est l'une des terres les plus rapides du circuit, encore plus lorsqu'il fait beau. A part mercredi, on attend un beau soleil toute la semaine. C'est la troisième édition du tournoi. En 2020 et 2021, il y avait eu 46% d'outsiders. Un taux relativement élevé surtout au premier tour avec 58% de favoris au tapis. Les têtes de série n'y sont pas à la fête avec 50% de présence en demi-finale et 56% en quarts de finale.

Le tableau n'est pas relevé puisque la moitié des joueurs sont classés en dehors du top 100. Seuls trois joueurs du top 50 sont présents (Garin, Ramos et Delbonis).

Garin, Jarry et Tabilo seront les fers de lance du Chili mais on comptera une grosse communauté argentine (9 joueurs) et 9 Européens qui souffrent sur ce tournoi avec seulement 5 joueurs en quarts de finale sur 16 possibles bien qu'ils soient généralement les joueurs les mieux classés.

1er quart : une réaction attendue de Garin ?

De retour chez lui avec le statut de tête de série n°1, Cristian Garin est passé complètement à côté de sa tournée pour le moment. Battu d’entrée à Cordoba par Baez, il a ensuite été balayé par Coria dès son entrée en lice à Rio cette semaine, affichant un niveau de jeu assez inquiétant et quelques problèmes physiques. Le Chilien est loin d’être dans une bonne dynamique, mais quoi de mieux pour se relancer qu’un retour sur ses terres, dans un tournoi où il est tenant du titre et avec un quart de tableau qui reste malgré tout à sa portée ? Rien ne garantit qu’il jouera à son meilleur niveau et sera en grand danger dans ce tournoi même s'il a souvent été à l’aise sur des terres rapides (69% de victoires).

Au second tour, il retrouvera son compatriote Alejandro Tabilo ou Renzo Olivo. Le Chilien a signé un formidable parcours à Cordoba en début de mois, se hissant en finale alors qu’il sortait des qualifications. Il a notamment battu Schwartzman et Baez. Il a toujours passé au moins un tour à Santiago. Il a d’ailleurs facilement battu Olivo en qualifs de Cordoba.

Miomir Kecmanovic sera une autre menace pour Garin et au vu de la forme actuelle du Chilien, on pourrait même considérer qu’il est le favori de ce quart de tableau. Le Serbe réalise un bon début de saison et sort d’un quart de finale à Rio après une victoire sur Sonego. Il a souvent été performant sur terre (62% de victoires en carrière) et a déjà été titré sur cette surface (à Kitzbühel en 2020). Depuis 2020, le Serbe a disputé 6 ATP 250 & ATP 500 et a atteint au moins les quarts à 4 reprises. Il sera opposé à Marco Cecchinato qui n’a pas remporté le moindre match en 2022 (même en qualifications). L’Italien présente un terrible bilan de 3 victoires en 19 matchs en Amérique du Sud (0/1 à Santiago).

En cas de victoire, Kecmanovic ira défier Holger Rune ou Matheus Pucinelli De Almeida. Entré dans le Top 100, le Danois n’a remporté qu’un match dans un tableau principal cette année. Très performant sur terre battue en Challenger (80% de victoires), il revient dans la ville qui l’a révélé l’an dernier et où il a décroché, pour l’instant, son seul quart de finale sur le circuit. Les conditions rapides de Santiago peuvent lui convenir. Lui aussi a un coup à jouer dans cette partie du tableau. Pucinelli De Almeida est un spécialiste de la terre, mais le Danois l’a déjà battu sur terre en Challenger.

2ème quart : Coria, faire mieux qu'un quart de finale ?

Pedro Martinez va-t-il signer son premier quart sur terre cette saison ? Après trois échecs consécutifs au 2ème tour, l’Espagnol n’aura qu’un match à gagner pour y parvenir puisqu’il bénéficie d’un bye au premier tour. Il n’a pas vraiment impressionné en ce début d’année. S’il n’a pas fait beaucoup d’exploits pour l’instant hormis à Kitzbühel l’an dernier (battant notamment Bautista), il se débrouille bien en position de favori (75% de victoires depuis 2021).

Il aura une entrée en lice piège face à Jaume Munar ou Daniel Galan. L’Espagnol est souvent cité parmi les outsiders dans les ATP 250 sur terre, mais n’a pour l’instant pas réussi à aller chercher un titre. Il n’a plus enchaîné deux victoires sur terre battue depuis fin mai (7 tournois disputés depuis). Il retrouvera Galan, qui l’a battu au second tour de Cordoba (6-2, 3-6, 6-1). Sans surprise, le Colombien est à l’aise en altitude et reste sur une demi-finale au Chili. Malgré son statut d’outsider, Galan peut créer la surprise dans ces conditions rapides.

Après deux quarts consécutifs à Buenos Aires et Rio, Federico Coria a bien lancé sa saison sur l’ocre. Au Brésil, s’est montré à son avantage en écrasant Garin puis en venant à bout de Verdasco ensuite. Il aura une belle occasion d’en enchaîner un troisième puisqu’il affrontera Yannick Hanfmann au 1er tour, un joueur qu’il a battu 4 fois en 4 confrontations sur terre battue. L’Allemand n’a jamais gagné en Amérique du Sud. Coria reste sur 7 victoires en 8 matchs face à des joueurs moins bien classés sur cette surface.

S’il se débarrasse d’Hanfmann, il devrait pouvoir passer l’obstacle Seyboth Wild ou Nicolas Kicker. Le Brésilien est en grande difficulté depuis de longs mois (une victoire sur le circuit en 2 ans), mais il garde un souvenir particulier de Santiago où il avait été titré à la surprise générale en 2020 (avec des victoires sur Garin et Ruud). Kicker est plus expérimenté, mais n’a plus gagné sur le circuit depuis 2018.

3ème quart : Delbonis, Baez comme seule menace ?

Dans un ATP 250 sur terre, Federico Delbonis est forcément un adversaire à considérer avec sérieux. Dans cette catégorie de tournoi, il a remporté 59% de ses matchs. Mais si l’Argentin est un abonné des derniers carrés (15 demies en carrière), il n’a pas souvent été titré (Sao Paulo 2014 et Marrakech 2016) et reste même sur 9 défaites de rang en demi-finale. Peut-il vaincre la malédiction au Chili cette année ? Historiquement, c’est un tournoi qui lui réussit plutôt bien avec un quart et une demie lors de ses deux participations. Delbonis a tenu son rang à Buenos Aires (demie) et à Rio (battu par Alcaraz) et on peut s’attendre à la même régularité à Santiago. Son bilan sur les terres battues rapide depuis 2016 : 11 victoires en 18 matchs.

Mais il devra tout de même se méfier de Thiago Monteiro ou Nicolas Jarry au second tour. Le Brésilien a été très en vue chez lui cette semaine en poussant Berrettini dans ses retranchements. Sur ce début de saison, il a déjà battu Ramos Vinolas et Baez, preuve de sa bonne forme. Il reste sur deux défaites sur cette surface face à Jarry, dont une à Salzbourg (424m) l’an dernier. Monteiro semble avoir du mal face aux grands serveurs sur terre (3 victoires en 9 matchs, 4/23 toutes surfaces). À l’inverse, le Chilien est impressionnant face aux gauchers (10 victoires en 11 matchs). Et il joue à domicile dans un tournoi organisé par sa tante. A lui de profiter de ces conditions idéales pour se relancer, après un an sans victoire sur le circuit ATP.

Un peu plus haut, Sebastian Baez aura pour la première fois le statut de tête de série dans un tournoi ATP. L’Argentin progresse et s’est hissé en quart à Cordoba début février. Il reste sur 19 victoires en 22 matchs (principalement en Challenger) contre des adversaires moins bien classés. Il affrontera Juan Pablo Varillas, face à qui il mène 4-2 sur l’ocre (1-1 à Santiago), mais qui l’avait battu en finale d’un Challenger chilien en fin d’année. Le Chilien a été gêné par une blessure au genou qui l’avait contraint de renoncer à Cordoba et Rio. Varillas est évidemment un habitué des lieux et aura sans doute à cœur de performer devant son public (quart de finaliste en 2021). Il présente un bilan de 20 victoires en 28 matchs chez lui.

Le vainqueur défiera Thomas Etcheverry ou Juan Ignacio Londero au tour suivant. L’espoir argentin a décroché la deuxième victoire ATP de sa carrière à Cordoba la semaine dernière et aura un match très compliqué contre son compatriote, récent finaliste de ce même tournoi. D’autant plus que Londero présente un bilan impressionnant de 9 victoires en 10 matchs contre ses compatriotes sur l’ocre.

4ème quart : Ramos Vinolas et les autres

Titré dès son retour sur terre battue à Cordoba, Albert Ramos Vinolas a un peu marqué le pas à Buenos Aires (élimination au premier tour) et à Rio (au deuxième). Malgré tout, la tête de série n°2 est l’un des joueurs capables de s’imposer à Santiago, un tournoi dans lequel il avait été demi-finaliste en 2020. Cependant, les conditions de jeu rapides ne sont pas celles qui lui conviennent le mieux (9 victoires en 21 matchs).

Au second tour, il retrouvera Juan Manuel Cerundolo ou Carlos Taberner. L’Argentin a été éloigné des terrains après une blessure à la jambe depuis l’Open d’Australie. L’Espagnol avait parfaitement débuté sa saison sur terre en battant Delbonis à Cordoba, mais n’a pas réussi à confirmer derrière (des défaites contre Tabilo, Jarry et Londero). Contre les gauchers mieux classés, Taberner présente un bilan de 9 victoires en 14 matchs sur terre battue.

Facundo Bagnis, tête de série n°8, n’est pas sur une bonne dynamique. En 2022, il n’a remporté qu’un match au Melbourne Summer Set, et aucun sur terre. Finaliste lors de la dernière édition, il retrouvera peut-être ses sensations dans un tournoi qu’il affectionne. Il réussit plutôt bien en altitude avec un quart à Marrakech il y a quelques années. Il fera son entrée en lice contre Bernabe Zapata Miralles qui a fait sa rentrée sur l’ocre à Rio, battu sèchement au premier tour des qualifs par Hanfmann. Face aux gauchers mieux classés sur terre, il réussit plutôt bien (4 victoires lors des 7 derniers matchs).

En résumé

Dans un tournoi qui fait souvent la part belle aux outsiders, Cristian Garin pourrait être mis en difficulté dans sa partie de tableau par Tabilo ou Kecmanovic.

Malgré son statut de tête de série n°4, Pedro Martinez ne semble pas le mieux armé pour aller loin. Federico Coria, dans une bonne dynamique, pourrait lui voler la vedette.

Plus bas, Federico Delbonis est tout à fait capable d’assumer son rang dans ce type de tournois et seul Baez semble capable de lui poser des problèmes.

Enfin, Ramos Vinolas est lui aussi assez largement favori de sa partie de tableau, mais la terre rapide de Santiago n’est pas celle qui correspond le mieux à son jeu. Dellien et Bagnis pourraient en profiter.

Nos avis sur le tournoi

Galan remporte le Q2 - 8.00

Delbonis remporte le Q3 - 3.30

Dellien ou Bagnis remporte le Q4 - 3.00

Un prono vaut mille mots

Fond floutté Fond floutté