2022 : les prédictions de toute la rédaction

Il y a un an, nous avions tenté l'exercice délicat mais enivrant des projections sur la saison à venir. Globalement positif, force est de constater que l'exercice nous a plu puisque cette année, toute la rédaction remet le bleu de chauffe pour vous proposer nos projections pour 2022. On fera le bilan dans 12 mois pour voir si les inspirations ont été bonnes...

Alexander Zverev va remporter son premier Grand Chelem

Prédiction n°1 (Rodolphe Gilbert) : Avec le palmarès qu'il a (2 Masters, 5 Masters 1000, JO), c'est presque incroyable qu'il n'ait pas encore gagné un Grand Chelem. Avec son talent, il n'y a aucune raison pour qu'il n'arrive pas à passer cette petite marche supplémentaire. Il a déjà atteint une finale à l'US Open et disputé trois demi-finales en Grand Chelem, il est en progression. Je le trouve plus stable et notamment au service surtout à partir du tournoi de Madrid. Ses statistiques le prouvent d'ailleurs (serve rating 351 en 2021 contre 340 en 2020 et 332 en 2019). Je le trouve plus régulier, il a raté très peu de matchs sur les 7 derniers mois de la saison. Son niveau de jeu est digne d'un vainqueur de Grand Chelem et il ambitionne d'ailleurs de remporter un Majeur cette saison. Alors peut-être pas à Wimbledon mais sur dur ou sur terre battue, c'est un vainqueur potentiel pour moi. Seul bémol, c'est son bilan en Grand Chelem contre le top 10. Il a perdu ses 11 matchs donc on peut penser que ma projection sera difficilement réalisable. Cependant, je le pense capable d'ouvrir son compteur en Majeur contre les tous meilleurs. Il n'est pas passé loin lors des 4 derniers matchs. Il perd à chaque fois en 5 sets. Il va finir par débloquer son compteur. Et je pense dès 2022 !

Brooksby dans le top 20

Prédiction N°2 (Rodolphe Cazejust) : Il était N°314 au début de l’année 2021. Il a achevé la saison à la 56ème place. Une progression incroyable qui donne déjà une idée du potentiel du jeune homme de 21 ans. Jenson Brooksby s’est d’abord illustré en Challenger (3 titres), puis en ATP 250 (finale à Newport, demie à Anvers), ainsi qu’en ATP 500 (un autre dernier carré à Washington). Son chef d’oeuvre ? Un huitième de finale à l’US Open durant lequel il a fait trembler Novak Djokovic durant un peu plus d’une manche et devant un public yankee en délire. Auparavant, il avait écarté Taylor Fritz et Aslan Karatsev.

Son jeu est atypique : il alterne les changements de rythme de manière surprenante, monte au filet à contre-temps et joue son revers slicé à deux mains. Davantage que des bizarreries, j’y vois une force. À la manière d’un Andy Murray ou d’un Daniil Medvedev, il est capable de tout renvoyer pendant des heures, mais aussi de prendre des initiatives pour remporter le point en deux ou trois coups de raquette. L’Américain est aussi un incroyable compétiteur. Encore adolescent, il annonçait fièrement à ses coachs et ses partenaires d’entraînement : « Je veux devenir numéro un mondial ! »

Personnellement, je l’ai découvert lorsque j’ai commenté les qualifications de Flushing Meadows en 2019, qu’il avait franchies avec succès avant de disposer de Tomas Berdych au premier tour du tableau principal. Il m’avait impressionné par par ses prises de risque et sa capacité à éviter la faute. À mon sens, il doit encore progresser au service qui manque un peu de puissance. S’il y parvient et qu’il ne rencontre pas de gros pépins physiques, je le vois intégrer le TOP 20 d’ici la fin de la saison 2022. Pour en savoir davantage à propos de Jenson Brooksby, n’hésitez pas à lire cet article publié il y a quelques jours sur Tennis Break News : https://tbn.hmche.fr/open/jenson-brooksby-un-rookie-aux-dents-longues-60338

Il y aura un nouveau numéro un mondial

Prédiction N°3 (Chris DB) : On se posait déjà la question il y a un an et vous étiez 70% à penser que Novak Djokovic allait terminer la saison au sommet de la hiérarchie mondiale. C’est la 7ème fois que le Serbe y parvient, encore un record pour lui qui se place devant Pete Sampras (6 fois) et le trio Jimmy Connors, Roger Federer et Rafael Nadal (5 fois). Le Big 3 a occupé le trône mondial quasiment sans discontinuer depuis 2004. En 17 ans, seulement 41 semaines leur ont échappé au profit d’Andy Murray. Mais alors que Djokovic semble encore capable de tenir une ou deux années au sommet de la hiérarchie, cela semble plus compliqué pour Nadal et ça tiendrait du miracle dans le cas de Federer. Alors, un nouveau numéro 1 mondial émergera-t-il en 2022 ? Oui !

Avec sa saison incroyable en Grand Chelem (3 titres et une finale), Novak Djokovic a une manne énorme de points à défendre ! Un forfait en Australie ou un passage à vide pourrait sonner le glas de la domination de Djokovic au classement. Tout naturellement, c’est Medvedev qui semble le plus à même de lui ravir le trône. Le n°2 mondial a privé Djokovic du Golden Slam à l'US Open. Mais avec sa finale à l’Open d’Australie (contre Djokovic), il aura des points à défendre. L’autre candidat naturel, c’est Zverev. Il y a un an, l’Allemand semblait un peu court, surtout mentalement. Un an plus tard, Zverev a changé la donne et s’est montré très impressionnant en 2021, battant notamment Djokovic à Tokyo pour devenir champion olympique. L'Allemand aura quelques points à aller chercher en Grand Chelem à condition de battre enfin le top 10 mondial dans un Majeur.

Pour les autres candidats, (Tsitsipas, Rublev, Berretini, Hurkacz et Sinner), ça risque d’être un peu court. Mais par dessus tout, en cas de défaillance de Djokovic, n'enterrons pas Rafael Nadal qui n'a pas participé aux deux derniers US Open et aura des points à aller chercher aussi en Australie et à Wimbledon. Il pourra aussi récupérer 1000 points à Paris ainsi qu'en Masters 1000 où il ne compte même pas 2000 points. Mais tout dépendra de l'état de forme de l'Espagnol, blessé au pied et qui pourrait avoir des difficultés à retrouver son meilleur niveau.

2022 sera encore l'année du #WhereIsPengShuai

Prédiction N°4 (Romain Allaire) : Vous avez twitté 350 fois #WhereIsPengshuai en 2021 ? Vous devriez le faire encore plus en 2022 assurément. Le fameux # qui tente de ramener la Chinoise sur les courts ou tout du moins à une vie sociale sans censure ni porte parole imposé devrait connaître une forte prolongation tout au long de l'année. Ce sera ma prédiction. Et si elle était cotée, je vous inviterai à mettre quelques yens dessus. Tout d'abord parce que l'on évoque toujours plus les absents que les présents. A titre d' exemple, s' il y en avait besoin, quel est le débat aujourd'hui ? L’éventuelle non participation de Novak Djokovic au prochain #AusOpen.

Si sa présence ne faisait aucun doute, le Serbe n'occuperait pas nos dépêches. 

De plus, avec #Beijing2022, les projecteurs seront braqués sur la patrie de Peng Shuai et nul doute que portés par les valeurs de l’Olympie (et leurs rédactions), certains confrères de la saison blanche n'hésiteront pas entre deux descentes à évoquer le sort de la joueuse chinoise. Le CIO et son président devraient eux aussi être sollicités sur cette question. Et une fois les chinois rhabillés pour l’hiver, les premières douceurs printanières qui accueilleront les amateurs de balles jaunes se situeront aux USA (Masters 1000 de #IndianWells et de #Miami), nation majeure qui vient d' annoncer un boycott diplomatique des JO d'hiver…

Ajoutons à cela la décision de la WTA de supprimer les tournois sur le sol chinois pour les 6 premiers mois de la saison et vous aurez de quoi nourrir quelques conférences de presse. Nul doute là encore que les Serena Williams, Novak Djokovic ou Daniil Medvedev devraient de nouveau s’exprimer sur l'absence de Peng Shuai… ou de son éventuel et soudain retour à sa liberté d'expression ! Qui sait ? Ainsi quelque soit le scénario, 2022 sera de nouveau l'année du #WhereIsPengShuai. A vos paris !

Premier titre pour Marta Kostuyk

Prédiction N°5 (WTAntho) : Marta kostyuk avait connu un ras le bol global du tennis à 16 ans alors qu’on lui promettait un grand avenir. C'est une joueuse talentueuse qui se reposait un peu trop sur ses acquis auparavant. Depuis l’année dernière, on a pu ressentir un grand changement au niveau de l’attitude sur le court ou dans le travail de fond. Elle a envie de réussir et d’être reconnue à sa juste valeur. Voir des joueuses briller comme Leylah Fernandez ou Emma Raducanu à l’US Open a été un déclic supplémentaire. Elle est capable de rivaliser avec des tops joueuses comme Osaka à l’US Open 2020 ou lors d’un match passionnant et accroché face à Iga Swiatek à Roland-Garros 2021. A l'intersaison, elle s'est préparée durement à l’académie de Ricardo Piatti qui a fait des merveilles ces dernières années avec un fameux Jannick Sinner. Cette nouvelle saison devrait être l’année de la confirmation pour la jeune ukrainienne de 19 ans qui fait déjà à parti des 50 meilleures joueuses du monde. Elle a un coup droit qui impressionne les puristes du tennis avec une puissance et une vitesse de balle hors normes. Avec son jeu agressif et vers l’avant, elle a tout pour briller. L’aspect mental reste à double tranchant chez elle et c’est ce qu’elle cherchera à faire évoluer cette année. Elle pourrait même épater dès ce début d’année en Australie.

Ivashka dans le top 20

Prédiction N°6 (Julien Kergonou) : Pour être honnête, je suis un peu seul sur ce coup dans la team TBN qui le voit plutôt proche du top 30 que du top 20 mais je pense vraiment que la belle surprise de 2022, à l’instar de Norrie et Karatsev en 2021, peut être Ivashka. Il est pour moi un des joueurs les plus souscotés du top 100.

Pour commencer, rappelons-nous de sa saison 2021. On peut dire que ça commençait mal pour lui car une blessure l’a empêché de jouer en début d’année. Il est enfin revenu à 100% en avril pour la saison sur terre battue. A cette époque, sur le papier, cela n’est pas une bonne chose pour lui de louper le début de saison sur dur car il a normalement des biens meilleurs résultats sur les surfaces rapides. Cependant, il a finalement réussi une très belle saison sur terre en battant très sèchement Davidovich Fokina (6-1,6-3), Martinez (6-3,7-6), Griekspoor (6-3,6-1) et a même réussi à battre Zverev à domicile (6-7, 7-5, 6-3) et à prendre un set à Nadal dans un match où il a été très bon. Il a continué sa belle lancée sur gazon en faisant des bons tournois et parvenu même à se qualifier en deuxième semaine à Wimbledon (je le concède avec un tableau favorable).

En août, il a remporté son premier titre ATP à Winston Salem en ne perdant qu’un set et en battant des joueurs comme Cilic ou Carreno Busta. Après ce titre, il perdra en 5 sets contre le 7ème mondial à l’US Open, fera une autre demi-finale en ATP250 et réussira à bien accrocher Medvedev et Rublev en fin de saison. Ça fait tout de même une saison bien remplie pour un joueur qui n’a pourtant réellement commencé sa saison qu’en avril.

Comme on peut le voir à travers de très nombreux matchs sur cette année 2021, on sait qu’il peut faire jeu égal ou presque avec les membres du top 20 et même avec des membres du top 10. En effectuant une saison pleine cette année, en ayant un bon niveau de jeu en indoor, sur dur, sur terre battue et sur gazon, en ayant un meilleur classement pour rentrer dans les tournois et en étant un peu plus régulier (je pense qu’il va progresser sur ce point-là), tout est réuni pour qu’il fasse un sacré bond au classement.

Qui va découvrir le top 100 ?

Prédiction N°7 (AB Tennis) : L’année 2021 a été riche avec des anciennes gloires à la peine, des confirmations, l’éclosion de nouveaux jeunes talents. Pas moins de 15 joueurs ont intégré le top 100 en 2021 : des jeunes pousses aux dents longues Alcaraz (32), Korda (38), Brooksby (56), Musetti (57), Gaston (66), Nakashima (62) ou encore Baez (97) et des joueurs plus aguerris comme Karatsev (15), Van de Zandschulp (57), Rinderknech (58), Bonzi (60), Griekspoor (64), Altmaier (84), Molcan (87) et Taberner (93) .

 

Qui seront les prochains joueurs à intégrer ce Top 100 ? Voici mes prédictions :

  1. Maxime Cressy, adepte du service volée, est en pleine ascension et devrait continuer sur ce chemin. Le Franco-Américain est de plus en plus constant à l’échange et s’il garde cette envie et spontanéit, il devrait obtenir de bons résultats sur dur et gazon.

  2. Thiago Seyboth Wild est très complet. Sa surface de prédilection reste la terre battue ayant remporté des victoires face à des spécialistes comme Mager, Ruud, Londero et Garin pour ne citer qu’eux. Son service et son coup droit doivent lui permettre d’intégrer le top 100 s’il parvient à se canalyser.

  3. La République Tchèque dispose d’un réservoir qu’elle n’a sûrement jamais connu dans son histoire Lehecka (141), Machac (143)  Svrcina (306) et  Forejtek (311). Difficile de départager ces talents mais nul doute qu'au moins l'un d'entre d’eux sera dans le top 100 en 2022

  4. Kacper Zuk est un habitué du circuit Challenger et devrait goûter cette saison au circuit principal. Ce joueur complet et doté d’un bon coup droit, il est très mobile ce qui le rend très difficile à déborder. Le Polonais sera à suivre tout particulièrement sur terre battue.

  5. Jack Draper est plein de talent, il a réalisé une belle saison 2021 il s’est étoffé physiquement. Joueur multi surface, il doit améliorer sa régularité en fond de court mais ses victoires face à Bublik et Sinner et sa performance face à Djokovic à Wimbledon laisse présager du bon pour l’avenir.

  6. Zizou Bergs est un brillant belge de 22  ans. Cette saison, il s’est imposé lors des Challengers d’Almaty, de St-Petersburg  et de Lille. C’est un joueur en pleine progression, il est puissant et a la tête sur les épaules. Capable d’être performant sur toutes les surfaces il devrait franchir un palier cette saison et s’extirper des qualifications de plusieurs tournois du circuit principal.

FAA gagnera plus d'un titre en 2022

Prédiction N°8 (Stephen Lockwood)

8 finales perdues, c'est le triste bilan qu'aiment à rappeler les détracteurs de Felix Auger Aliassime. « Décevant », « mentalement friable », voire même « talent gâché », ce sont les qualificatifs régulièrement entendus lorsque le nom du Canadien est énoncé. C'est vite oublier que le natif de Montréal n'a que 21 ans et qu'il est un diamant encore brut, que Toni Nadal s'attache à polir depuis un an. Cela n'a pas été simple, comme le rappelle les deux parties. « J'ai pris Rafael sous mon aile quand il avait trois ans. C'était un contexte différent. Maintenant, j'arrive avec Félix, qui possède ses habitudes de jeu, ses manières de faire. Ce n'est pas la même chose; lorsqu'on amène quelque chose, parfois ça peut être bien pour lui, parfois non. »  rappelle à juste titre l'entraîneur espagnol. Même constat pour le Canadien, qui considère avoir pris un risque en bousculant ses méthodes d'entraînement et sa manière de jouer en embauchant l’oncle de Rafa : « Je ne me suis pas trop affolé quand nous n’avons pas eu les résultats que nous voulions au début. Toni était nouveau dans l’équipe, il fallait qu’il s’ajuste à nous et que je m'ajuste à son regard différent. Et puis c’est une personne importante dans le tennis, donc il y avait peut-être une forme de petite pression qui s’ajoutait. L’avoir dans mon box pendant les matchs, au début, ce n’était pas familier, je dirais. Il a fallu quelques tournois pour m’ajuster à ça »[1]. Le principal axe de travail s'est porté l'année dernière sur les déplacements du jeune québécois : « J'ai parlé avec lui la première fois, et je lui ai dit 'Je crois que tu dois bouger un peu plus les jambes »[2], avoue Toni Nadal. « Mieux tu es placé, plus tu as de chances d’avoir une frappe non seulement de bonne qualité mais aussi d’une bonne précision. » « Il a beaucoup insisté pour que je sois plus élastique dans mon esprit par rapport à la façon d’ajuster mes frappes en fonction de la situation.[3] », renseigne le Canadien.

 

« Félix a deux ans pour rejoindre les meilleurs », assure l’Espagnol. Aujourd'hui 11ème joueur mondial, FAA est dans les temps, lui qui sort pourtant d'une saison pleine de contrastes. 2021 aura été une année de transition à bien des égards, mais malgré cela, FAA a réussi à franchir des paliers. En perte de repères sur la saison de terre battue, il a montré des bonnes dispositions sur gazon, avec un quart de finale à Wimbledon, qui aura été pour lui, de son aveu, un véritable boost de confiance. Et cette impression s'est confirmée sur la tournée américaine malgré une poignée de matchs déroutants avec sa première demi-finale de Grand Chelem à l'US Open. Après un an de rodage, le couple FAA-Toni Nadal arrive aujourd'hui à maturité. A la lumière de ces éléments, difficile d'afficher autre chose que du positif par rapport à l'avenir du Canadien. Les finales perdues ? FAA a la chance d'être un joueur pouvant bien figurer sur toutes les surfaces. Il aura sans aucun doute d'autres opportunités et il suffit d'un tableau d'ATP 250 un peu ouvert et d'un adversaire moins fort sur le papier que lui en finale pour lui permettre d'ouvrir son compteur. Le Canadien dispose en outre de capacités physiques et athlétiques hors du commun et il est tout à fait possible que ce facteur joue en sa faveur à l'issue d'une longue semaine de tournoi même si celui-ci fait preuve d'un peu de fébrilité sur le plan mental. Et ensuite ? Un titre durement gagné contribuerait probablement à le débloquer psychologiquement sur la gestion de ses ultimes échéances. C'est la raison pour laquelle je me laisse aller à la prédiction que le Canadien gagnera plus d'un titre cette année. Et pourquoi pas le premier sur gazon ?

 

[1]    https://wearetennis.bnpparibas/fr/actualites-tennis/actu-resultats/4437-felix-auger-aliassime-le-prochain-defi-est-de-revenir-dans-le-top-10-et-dy-rester

[2]    https://www.rds.ca/tennis/toni-nadal-j-ai-dit-a-felix-auger-aliassime-qu-il-devait-mieux-bouger-sur-le-terrain-1.12178979

[3]    https://wearetennis.bnpparibas/fr/actualites-tennis/actu-resultats/4437-felix-auger-aliassime-le-prochain-defi-est-de-revenir-dans-le-top-10-et-dy-rester

Alcaraz dans le top 10

Prédiction N°9 (Florent Serra) : J'ai trouvé qu'il a vraiment énormément progressé en 2021 et sur toutes les surfaces. Il a remporté déjà son premier titre ATP. Il m'a convaincu en Grand Chelem et je ne l'attendais pas un tel niveau sur dur indoor en fin de saison. Il fait un gros match contre Murray et Sinner. Il a encore quelques petites failles mais à son âge, c'est déjà incroyable la qualité de jeu qu'il arrive à produire et surtout la régularité et la consistance qu'il est capable de proposer. Avec un coach comme Ferrero, je le vois poursuivre son ascension à l'image de Sinner en 2021 qui a réussi à intégrer le top 10. Le circuit se renouvelle en ce moment et Alcaraz peut en profiter pour se glisser parmi l'élite. Il est capable de s'imposer sur toutes les surfaces et c'est pourquoi je le vois faire une apparition dans le top 10 cette année. Son service est de qualité et physiquement, il est déjà très fort, bien au-dessus des joueurs de sa génération.

Humbert-Gaston-Rinderknech : le nouveau trio français

Prédiction N°10 (Solitaris) : 2021 fut une année particulièrement éprouvante pour le tennis français même si tout ne fut pas négatif. Alternant les hauts (titre de Mahut/Herbert à Roland-Garros et aux Masters de Turin, titre de Humbert à Halle) et les bas (aucun français en seconde semaine de Grand Chelem depuis 30 ans), il est indéniable que le tennis français est en plein creux générationnel. Pour autant, ce qui va ressembler à une transmission du flambeau tricolore va définitivement englober quatre joueurs français : Ugo Humbert, Hugo Gaston et le duo Arthur Rinderknech/Benjamin Bonzi. Dans cet ordre. Après une saison 2021 compliquée et irrégulière, 2022 marquera le retour de Humbert le gaucher conquérant au tennis offensif au premier plan pour deux raisons. La première réside en son lieu d’entraînement, la All-In Academy. L’académie créée par Jo-Wilfried Tsonga et son coach Thierry Ascione a permis au Lorrain de se refaire une totale santé physique et tennistique. On rappelle que Humbert a du stopper sa saison en août dernier, ce qui représente près de 6 mois loin des courts. Et ensuite parce que chacun sait que Humbert a le tennis pour se hisser dans le Top 20. Il a notamment prouvé lors d’un gros nombre de matchs clés la saison passée (victoires contre Zverev, Korda, Auger-Aliassime, Rublev, Tsitsipas, combats homériques contre Kyrgios à Melbourne et Wimbledon) qu’il en est un prétendant parfaitement crédible. Grand amateur du gazon, c’est précisément par cette surface qu’on le verra passer ce cap. Quart-de-finaliste à Stuttgart et victorieux à Halle, il montera d’un cran supplémentaire en réalisant un très bon parcours à Wimbledon. Peut-être même qu'il atteindra son premier quart de finale en Grand Chelem s’il retrouve son niveau de 2019. Derrière, ça ne se bouscule pas, niveau quantité, mais ça pousse fort. Hugo Gaston va capitaliser sur sa fin de saison marquée par son inoubliable parcours à Bercy. Le protégé de Marc Barbier a désormais toutes les cartes en main pour poursuivre sa progression au classement : plus il sera imprévisible sur toutes les surfaces, encore plus haut il montera. Un peu plus bas, Rinderknech et Bonzi vont poursuivre leur apprentissage du circuit principal. Le premier nommé doit notamment signer quelques victoires références en Masters 1000 et en Grand Chelem pour s’imposer définitivement dans le Top 50, tandis que le second en est encore au stade de la découverte du circuit principal. Il existe une certaine émulation entre eux, tant ils ont su se tirer vers le haut en 2021, à eux d’en profiter encore en 2022 (NDLR : 55ème et 56ème à la Race en 2021). Si la saison de la confirmation est la plus dure lorsqu’on se sait désormais attendu, on peut néanmoins assister à un renouveau du tennis français avec la fin de la génération des Mousquetaires.