ATP / ATP Cup : Auger-Aliassime s'offre Zverev et qualifie le Canada !

Mené 4/1 dans ses duels face à Alexander Zverev, Félix Auger-Aliassime a signé la performance de la matinée en venant à bout du N°3 mondial (6-4, 4-6, 6-3). Très appliqué, comme il peut l'être parfois, le Canadien a bien débuté la rencontre en remportant la manche inaugurale grâce à son service (3 aces, 74% de premières balles, 83% des points gagnés derrière). Il s’est un peu éteint par la suite, mais a superbement réagi dans l’ultime set en prenant deux fois la mise en jeu de l'Allemand. Très bon en défense, le Québécois a empêcher Zverev de gagner des points faciles sur son engagement (seulement 5 aces) et dans le jeu (13 petits points gagnants). Grâce à ce succès, « FAA » retourne dans le top 10 mondial et permet au Canada d’accéder au dernier carré de l’ATP Cup, une belle satisfaction : « C’est d’autant plus fort qu’on a très mal démarré la compétition avec une large défaite contre les États-Unis ! »  Une victoire qui va donner beaucoup de confiance au Canadien : « Ça fait du bien de battre Zverev, c'est évident. Je pense avoir joué un bon match. J'ai pu garder mon état d'esprit positif. Ce n'est pas toujours facile… J'ai pu le faire aujourd'hui. C'est pourquoi j'ai pu gagner dans le troisième. À la fin, j'ai toujours cru en moi, sachant que je jouais du bon tennis. »

En effet, Denis Shapovalov avait auparavant apporté le premier point contre Jan-Lennard Struff. Récemment infecté par la Covid-19 et mené dans ses face-à-face avec le géant allemand (2V/5D), le 14ème mondial s’attendait à souffrir : « C’est un joueur qui est souvent très bon contre moi. » Il ne fut pas déçu : le match a duré 2h35. Très agressif et efficace derrière sa mise en jeu (70% de réussite en moyenne), « Shapo » a fini par s’imposer (7-6, 4-6, 6-3). « C’est vraiment génial de pouvoir rejouer au tennis comme ça, a t-il déclaré à la fin de la rencontre. Je pense que le niveau a parfois été très élevé ». Le Canadien a également forcé Struff à monter au filet pour lui faire jouer des demi-volées délicates.   

Daniel Evans toujours en feu

Daniel Evans est en pleine forme. Après Jan-Lennard Struff et Denis Shapovalov, le Britannique s’est offert une troisième victoire de prestige contre John Isner (6-4, 7-6). S’il a été impuissant face aux 16 aces claqués par le géant américain, le 25ème mondial a rendu une copie parfaite sur son engagement : 4 points perdus derrière sa première (88% de réussite), 3 sur ses secondes (86%) et aucune balle de break concédée. Bref, des statistiques dignes des plus grands serveurs. Ultra appliqué (5 fautes directes seulement), Evans a parfaitement suivi le plan qu’il s’était fixé : « Je voulais rapidement le breaker pour faire la course en tête et ainsi prendre le contrôle du match. »   

Dans la foulée, Taylor Fritz a égalisé pour les États-Unis. L’Américain s’est imposé en 3 sets contre Cameron Norrie, qui a lâché physiquement dans l’ultime manche (7-6, 3-6, 6-1). Moins précis qu’à son habitude, le Britannique a commis 37 fautes directes. Fritz a lui connu des hauts (15 aces) et des bas (35 fautes, soit autant que de points gagnants). Tout devait donc se jouer lors du double. Dans cet exercice, avoir l’apport d’un spécialiste de la discipline ne peut pas faire de mal. C’est ainsi que Jamie Murray, accompagné par Daniel Evans, ont réussi à dominer sur le fil la paire Isner-Fritz (6-7, 7-5, 10-8), même s’ils s’étaient rapidement échappés lors du super tie-break (6-0). Avec deux succès, la Grande-Bretagne prenait la tête du groupe C, avant que le Canada ne la coiffe au poteau au jeu des confrontations directes.  

Daniil Medvedev emmène la Russie dans le dernier carré

Le duel de TOP 10 entre Daniil Medvedev et Matteo Berrettini a tourné à l’avantage du premier nommé (6-2, 6-7, 6-4). Le Russe a signé une troisième victoire contre l’Italien, contre qui il demeure invaincu. Au service, le N°2 mondial a excellé : 80% de réussite derrière sa première, 69% après sa seconde, 100% des balles de break sauvées (2 sur 2). Au retour, il a impressionné. Il a limité le transalpin à 6 petits aces et a remporté deux tiers des points derrière la deuxième balle du 7ème joueur mondial. Le Romain a également pas mal arrosé en fond de court : 43 fautes directes sur l’ensemble de la partie. 

La victoire de Medvedev relançait le suspense après le succès de Jannik Sinner contre Roman Safiullin (7-6, 6-3). Tombeur d’Arthur Rinderknech puis de James Duckworth lors des deux journées précédentes, le modeste 167ème mondial n’a pas réussi à vaincre son premier TOP 10, mais a bien résisté (presque deux heures de jeu). Le Russe s’est même procuré 3 balles de set dans la manche inaugurale. Le jeune italien de 20 ans, qui a gagné ses trois matchs de poule disputés en simple, a su hausser son niveau de jeu dans les moments chauds (11 balles de break écartées sur 12 concédées). Impressionné par le tennis de son adversaire, le N°10 mondial a aussi loué « l’esprit d’équipe » de l’Italie et affirmé « adorer représenter son pays ».

Pas suffisant néanmoins pour renverser la Russie qui s’est offert le point décisif en double à l’issue du super tie-break (5-7, 6-4, 10-5). Dominés dans la première manche, Medvedev et Safiullin ont inversé la tendance contre Sinner et Berrettini et ainsi obtenu le droit de participer aux demi-finales de l’ATP Cup. Les Russes terminent en tête du groupe B avec trois victoires. 

Arthur Rinderknech débloque son compteur

Après deux échecs face à Safiullin et Sinner, Arthur Rinderknech a achevé son parcours sur une bonne note. Battre un joueur australien sur son terrain, ce n’est jamais facile. Pourtant, le Bleu est parvenu à prendre le dessus sur James Duckworth (6-4, 7-6). Performant au service (79% de points gagnés derrière sa première, 59% après sa seconde), le tricolore a surtout su serrer le jeu au bon moment (100% de balles de break écartées, 6 sur 6 précisément). Une bonne manière de lancer, enfin, sa saison. Taquin, Rinderknech a remercié la foule pour la belle ambiance durant le match, « même si la majorité n’était clairement pas pour moi »

À Sydney, la ville de naissance d’Alex de Minaur, Ugo Humbert a failli décevoir les supporters du jeune australien de 22 ans. Dans une rencontre électrique, le Messin a mieux débuté, alignant les points gagnants dans les petites diagonales. Mais encouragé par un chaud public, le 34ème mondial a résisté aux assauts du Français dans le deuxième set, effaçant même une balle de break à 4-4, avant de dérouler dans l’ultime manche (3-6, 7-6, 6-1) : « C'est chez moi ici, c'est là que j'ai grandi. C'est mon club de tennis. Jouer ici est électrique, l'atmosphère est toujours incroyable à chaque fois que je suis sur le court. Après la perte du premier set, j'ai juste essayé de rester dans le match car Ugo jouait un tennis incroyable. J'ai continué à m'encourager et j'ai emmené le public avec moi. C'est très spécial pour moi de gagner ici. » Pour Humbert, l’ATP Cup avait bien commencé - une superbe victoire contre Daniil Medvedev -, avant de s’achever par deux revers.