ATP / ATP Cup : La France au tapis

Repêchés de dernière minute, ils n'avaient pas de grandes ambitions dans la compétition mais c’est terminé pour les Bleus. Après sa défaite contre l’Italie la nuit dernière (0/3), la France est éliminée de l’ATP Cup dès la phase de poule. Arthur Rinderknech a ouvert le bal sur les courts de Sydney. Dans la manche inaugurale, face à Jannik Sinner, il a peiné à trouver de la régularité au service (seulement 50% de premières balles). Dommage, car la mise en jeu est l’atout majeur du protégé de Sébastien Villette (75% de points gagnés derrière sa première sur l’ensemble du match). Mené d’un break au début du second set, le N°10 mondial a souffert mais a fini par s’en sortir (6-3, 7-6) : « Arthur sert très bien, donc c’était compliqué. J'ai baissé un peu d'intensité dans la deuxième manche mais j’ai réussi à trouver des solutions pour débreaker et éviter de partir dans un troisième set. »

 

Un autre TOP 10 se présentait face à Ugo Humbert, tombeur deux jours plus tôt de Daniil Medvedev. Mais le Messin n’est pas parvenu à rééditer l’exploit. Trop fort au service (18 aces, 85% de réussite derrière sa première, mais aussi 60% après sa seconde), Matteo Berrettini s’est également imposé en deux manches (6-4, 7-6). Le Français a lui commis trop d’erreurs (22 fautes directes, soit autant que de points gagnants). Dans la foulée, les deux transalpins ont terminé le travail en disposant de la paire Édouard Roger-Vasselin-Fabrice Martin en double (6-3, 6-7, 10-8). L’Italie reste donc toujours en course pour rejoindre le dernier carré, mais il faudra absolument battre les Russes lors de la troisième journée de compétition.

 

Roman Safiullin se révèle                 

 

Car dans ce groupe B, c’est bien la Russie qui est en tête. Face à l’Australie, les hommes de Gilles Cervara ont empoché leur deuxième succès (3/0). Déjà victorieux contre Rinderknech, l’étonnant Roman Safullin, seulement 167ème à l’ATP, continue d’épater tout son monde. Cette fois-ci, il a dominé son premier TOP 50 en carrière, en la personne de James Duckworth (7-6, 6-4), grâce notamment à une très bonne performance au service (12 aces, 81% de réussite derrière sa première balle). Après le match, Safiullin a déclaré se sentir « parfaitement bien sur le plan physique » et voir sa « confiance grandir ».  Prochain adversaire : Jannik Sinner. Le niveau va considérablement s'élever pour le Russe de 24 ans, tombeur d'Ivashka il y a un an à l'Open d'Australie.

 

Daniil Medvedev a doublé la mise pour son équipe, se rattrapant ainsi de sa défaite inaugurale face à Humbert. Une victoire nette et sans bavure contre Alex de Minaur (6-4, 6-2), où on a pu revoir par moments la solidité en fond de court qui lui a notamment permis de soulever son premier trophée en Grand Chelem à l’US Open en septembre dernier. Une prestation d’autant plus aboutie qu’il a mené 5-0 dans le second set et que l’Australien restait sur une grosse victoire face à Matteo Berrettini. Mais le natif de Sydney a cette fois-ci connu bien trop de déchets (24 fautes pour 11 points gagnants). Les deux Russes ont bouclé la confrontation en dominant John Peers et Luke Saville en double (7-6, 3-6, 10/6).     

 

Struff, plus costaud qu’Isner

 

Dans le groupe C, l’Allemagne a bien réagi après son revers contre le Grande-Bretagne. La perf’ du jour a été signée par Jan-Lennard Struff qui est venu à bout - ENFIN ! - en 3 manches et presque 2 h 45 de John Isner (7-6, 4-6, 7-5) qui avait toujours battu l'Allemand jusqu'à aujourd'hui. Le joueur germanique a pourtant claqué quasiment deux fois moins d’aces (18 contre 34), mais a été nettement supérieur derrière sa seconde balle de service (63% de réussite contre 41%). « Je suis très heureux, a expliqué l’Allemand, visiblement soulagé à l’issue de cette grosse bataille. C’est la première fois que j’arrive à le battre en 5 duels » !

 

Dans la foulée, Alexander Zverev a pris une petite revanche en disposant de Taylor Fritz en deux sets (6-4, 6-4), après son revers contre l’Américain lors de la dernière édition d’Indian Wells. Le N°3 mondial a signé une carte quasi parfaite sur son engagement : 73% de premières balles, 76% de réussite derrière sa première, 71% après sa seconde et 100% de balles de break sauvées (4 sur 4). Pas loin d’être écœurant pour le yankee. Un bémol néanmoins : la défaite du duo Kevin Krawietz-Tim Puetz en double pourrait coûter cher aux Allemands dans cette poule très serrée où toutes les nations sont à égalité avec une victoire et une défaite.

 

Le Canada se relance

En effet, dans l’autre rencontre du groupe, le Canada a pris le dessus sur la Grande-Bretagne (2/1). La journée avait pourtant mal commencé, avec la défaite de Denis Shapovalov, visiblement loin d’être à 100% après avoir contracté la Covid-19 (24 fautes directes, 7 doubles fautes), battu par l’intelligent Daniel Evans (6-4, 6-4). Agressif derrière son service, mais patient après ses retours, le Britannique a appliqué un plan de jeu bien établi, usant avec malice de ses fameux slices de revers. Hyper concentré, le joueur anglais n’a commis que 5 minuscules fautes directes et confirme qu'il pose vraiment des problèmes à Shapovalov (3 victoires en 4 duels).

 

Heureusement pour les Canadiens, Felix Auger Aliassime a égalisé en dominant Cameron Norrie pour la troisième fois en autant d’affrontements (7-6, 6-3). Une opposition de style intéressante mais surtout un match un peu bizarre durant lequel le Québécois a alterné le très bon (81% des points gagnés derrière sa première) et le beaucoup moins bon (9 doubles fautes et 40 fautes directes). Après le match, il s’est dit « particulièrement satisfait » de battre Norrie, « un joueur excellent ». À noter, le Britannique a chuté durant le premier set et a paru ensuite un peu moins fringuant. « Shapo » et « FAA » ont apporté le point décisif en double en ne faisant qu’une bouchée de Jamie Murray et Joe Salisbury (6-4, 6-1).