ATP / Carlos Moya : « Tactiquement, Rafa peut jouer tout l’alphabet »

Aux côtés de Rafael Nadal depuis décembre 2016, Carlos Moya était aux premières loges pour assister au sacre du Majorquain à Melbourne. Pour Punto debreak, il est revenu sur la performance de son poulain en Australie : « La victoire est impressionnante, mais la manière l’est tout autant. Comment il a surmonté l'adversité, comment il a changé de tactique pendant le match, battant physiquement l'un des joueurs les plus en forme du circuit, quelqu'un qui a dix ans de moins que lui. C'est un résultat dont on peut être fier, même s'il y a aussi des choses qui peuvent être améliorées évidemment, la perfection n'existe pas. Compte tenu des circonstances dans lesquelles nous sommes arrivés au tournoi un mois plus tôt, son attitude et son niveau étaient spectaculaires. »

Même si Nadal a un peu perdu de ses capacités physiques avec l’âge affirme son entraîneur, Moya estime qu’il demeure l’un des joueurs les plus intelligents du circuit, capable de s’adapter à n’importe quel adversaire. «  Ce que Rafa recherche, c'est d'être compétitif et de continuer à jouer. C'est vrai qu'avec le temps on perd en physique, en vitesse ou en explosivité, mais on est plus malin et on gère mieux les situations. Je dis toujours que Rafa est l'un des joueurs les plus intelligents sur le terrain, l'un de ceux qui lit le mieux les matchs, celui qui est le plus apte à avoir un plan B, un plan C. Tactiquement, Rafa peut jouer tout l’alphabet. S'il voit que son adversaire a un point faible, il le voit, l’analyse et l’utilise. La finale en est un exemple clair : ça commence mal, mais ensuite ça change, petit à petit. C'est l'adrénaline qu'il a à l'intérieur, de voir qu'il peut encore se battre avec les meilleurs au monde. »

Enfin, il est revenu sur le 21ème titre en Grand Chelem glané par l’Espagnol qui le place, pour l’instant, au-dessus de Roger Federer et Novak Djokovic. « Ce que je peux vous assurer, c'est qu'en Australie on n'a jamais parlé du 21ème, même si c'était à l'horizon et que vous savez que ça peut arriver. En parler aurait également signifié plus de pression. Nous n'alimentons pas ce débat, nous le laissons à la presse et aux fans de tennis. Rafa est content de ce qu'il a, et sera tout aussi content s'il termine avec 21 titres et Djokovic avec 25. Ce n'est pas bon d’avoir cette obsession. Évidemment, il ne va pas cracher sur un 22ème sacre si l'occasion se présente. Il fera tout pour aller le chercher, mais c'est un débat qui, avec le Big 3 encore actif, n'a pas beaucoup de sens. »