ATP / Indian Wells : My Taylor is Fritz

Seuls les plus anciens s’en souviennent, même si la référence a perduré dans le temps. « My tailor is rich » était la première phrase de L’Anglais sans peine, méthode Assimil d’apprentissage de l’anglais dont la version originale est sortie en 1929. Aujourd’hui, elle effectue un retour en force dans l’actualité, après le sacre du joueur américain à Indian Wells, lui permettant de s’enrichir de la coquette somme d’un million et cent-vingt-six mille euros. Le plus beau chèque jamais encaissé par le jeune yankee de 24 ans, même si l’essentiel n’est pas là. En effet, ce triomphe en Masters 1000 lui offre de nouvelles perspectives sur le plan tennistique, une ambition qu’il a commencé à dévoiler au fur et à mesure du tournoi californien : « Mon objectif est de terminer dans le TOP 10 d’ici la fin de la saison. »

Si on se fie aux six derniers mois de compétition, il y a de quoi être optimiste. Depuis une opération au genou subie juste après Roland Garros, Taylor Fritz semble enchaîner les belles performances. Dans l’ordre chronologique, une demie à Indian Wells en octobre 2021, une finale à Saint-Pétersbourg, un quart à Paris-Bercy, un huitième de finale à l’Open d’Australie et un titre à Indian Wells ce dimanche. Des progrès flagrants puisqu’il s’agit là de sa première finale - et donc de son premier titre - en Masters 1000 et de sa première seconde semaine en Grand Chelem. Déjà doté d’un service puissant et d’un coup droit mammouth, le voici plus complet, capable de frapper très fort en revers, aussi bien court-croisé que long de ligne, et pas si maladroit au filet. Surtout, c’est sur le plan mental qu’il a franchi un cap important. 

Les meilleurs joueurs de la planète ne lui font plus peur. Lors de ses 13 derniers duels contre les membres du TOP 20, il s’est imposé à 10 reprises. Seuls Novak Djokovic, Alexander Zverev et Stefanos Tsitsipas sont parvenus à le faire chuter. Dans les moments chauds, il est devenu une machine à gagner. Durant son parcours dans le désert californien, il a remporté tous les tie-breaks qu’il a disputé (4), dont deux au cours d’une manche décisive (contre Jaume Munar et Alex de Minaur). En finale, face au grand Rafael Nadal, même diminué, il fallait avoir du cran pour savoir conclure, alors que l’Espagnol, invaincu en 20 matchs depuis le début de l’année, menait 5 points à 4 et disposait de deux services à suivre pour recoller à une manche partout.

Le symbole est d’autant plus fort qu’Indian Wells constitue, en quelque sorte, son jardin. Né à moins de 150 km du lieu où se déroule le tournoi, précisément à Rancho Santa Fe, à côté de San Diego, le joueur californien ne s’est jamais incliné contre un TOP 10 depuis qu’il a fait ses premiers pas dans cette épreuve. Au total, 5 sont passés à la trappe : Marin Cilic en 2017, Matteo Berrettini et Alexander Zverev en 2021, Andrey Rublev et Rafael Nadal en 2022. Au moment de décrire son sentiment après son sacre devant son public, sa famille et ses amis, il a eu du mal à retenir son émotion : « Je suis venu ici enfant avec mon père et il m'a dit qu'un jour je gagnerais le tournoi. Le voir ici après ma victoire fut quelque chose de très touchant. Il était vraiment fier. Pourtant, je peux vous assurer qu’il est plutôt avare en compliments. »

Un succès d’autant plus fou que quelques heures avant de pénétrer sur le court central, le joueur américain pensait ne pas pouvoir défendre ses chances. Souffrant de la cheville en fin de match lors de sa demi-finale contre Andrey Rublev, son échauffement le matin suivant s’est brutalement interrompu, après avoir ressenti une douleur extrême : « J’étais au bord des larmes parce que je croyais que j’allais devoir déclarer forfait. » Mais les médecins et les kinésithérapeutes, insensibilisant au maximum son pied, ont fait en sorte qu’il puisse se présenter face à Rafael Nadal, même si une partie de son équipe n’y était pas favorable. « Ils ne voulaient pas que je joue, expliquait-il après la finale. Je ne vais pas oublier de leur rappeler » !

Quelques heures plus tard, il soulevait le lourd et imposant trophée promis au vainqueur du Masters 1000 californien, devenant le premier joueur US à s’imposer à Indian Wells depuis… 21 ans. À l’époque, il s’agissait d’André Agassi, et s’il est délicat de prédire à Taylor Fritz une carrière équivalente au kid de Las Vegas, on peut en revanche imaginer le voir se rapprocher rapidement du TOP 10, lui qui pointe ce lundi au 13ème rang mondial, son meilleur classement en carrière. La suite ? « Je dois passer une IRM demain matin pour voir comment va ma cheville. J'ai fait beaucoup de choses avant le match pour m'assurer que ça allait bien. Mais elle ne va probablement pas se sentir bien une fois refroidie. Je suis donc clairement incertain pour Miami. Mais pour l'avenir, j’espère juste retourner très vite sur les courts, parce qu’aujourd’hui ma confiance est élevée ». En attendant, le voilà déjà numéro un américain, devant le géant Reilly Opelka, déjà un bel accomplissement. 

Un prono vaut mille mots

ATP - Indian Wells Par La rédaction de TBN
vainqueur du tournoi

Fritz / demi cote si finaliste
Gagné

Cote 18 PMU

Mise BK 0.25%

le 15/03