ATP / Nick Kyrgios : « Je n’ai pas vraiment réalisé à quel point c’était grave ! »

Malade en début d'année et contraint de déclaré forfait pour le tournoi de Melbourne, Nick Kyrgios va enfin pouvoir débuter sa saison la nuit prochaine devant ses supporters à Sydney face à Fabio Fognini. Au carrefour d’une carrière qui semble loin d'être accomplie vu son immense talent, l'Australien s'est livré sur son état de santé et sa perception du circuit à l’aube de cette saison 2022. Comme à son habitude, sans détour, l'un des joueurs les plus fantasques du circuit nous a encore délivré des petites pépites.

 

Retombé à la 93ème place mondiale -son plus bas classement depuis son arrivée sur le circuit pro en 2014-, Nick Kyrgios se sait déjà promis à un tirage difficile en Grand Chelem mais l’ex-13ème mondial mise sur son caractère imprévisible pour tirer son épingle du jeu. Capable de briller raquette en main contre le Big 3 (6 victoires pour 8 défaites) comme de sombrer face aux mal classés (11 défaites contre des joueurs classés au-delà du top 100), le natif de Canberra attaque désormais son 7ème Open d’Australie sans aucune pression particulière : « Peu importe mon classement, que je sois 1000ème ou dans le Top 10, tout le monde sait de quoi je suis capable en Grand Chelem. » a-t-il déclaré. 

Kyrgios poursuit sur sa lancée en rappelant quel type de joueur il a été et est toujours : « Je ne suis pas un joueur qui a besoin de se prouver quoi que ce soit. J’ai beau m’exprimer souvent et sur tous les supports possibles, j’ai aussi battu énormément de joueurs et remporté beaucoup de tournois. […] « J’ai remporté Acapulco en n’étant pas tête de série et j’ai battu quatre joueurs du Top 10. Donc, les tirages difficiles ne me dérangent pas… ».

Pour rappel, Nick Kyrgios a été 13ème mondial à son meilleur en 2016. Un temps qui semble bien lointain tant il est devenu tennistiquement illisible depuis plusieurs saisons. Ce n’est pas un point qui le dérange plus que ça : la quête du Graal que représente la victoire finale en Grand Chelem ne l’intéresse pas et assume totalement cette prise de position : « Honnêtement, ce n’est pas quelque chose sur quoi je me concentre. Je veux juste aller là-bas et m’amuser. Les gens s’attendent à ce que je donne un bon spectacle et je pense que je suis encore capable de le faire ».

Capable de donner d'offrir du spectacle et faire le show, telle est l’envie première de Kyrgios sur cette tournée australienne devant ses supporters qui le lui rendent bien. Des joueurs comme Ugo Humbert, Karen Khachanov, Dominic Thiem, Jo-Wilfried Tsonga ou encore Rafael Nadal peuvent témoigner de l’effort conséquent à produire pour battre l’Australien. Cet effort, ce souffle qui lui est propre, est en train de lui manquer en cette période contrariée par la pandémie. Pensant avoir contracté la Covid-19 avant le début de saison, Kyrgios est soulagé d'avoir été testé négatif même s'il s'est senti vraiment très mal : « J’ai eu de l’asthme toute ma vie. Mais je n’ai pas vraiment réalisé à quel point c’était grave jusqu’à ce que je fasse des tests. Lorsque j’ai passé mes examens à l’AIS [Australian institute of Sport] il y a six ans, ils ont été surpris de la gravité de mon asthme. Avec la pandémie, j’ai cru avoir contracté la Covid. J’ai donc acheté plusieurs autotests, et ils revenaient négatifs à chaque fois. »

En outre, Kyrgios fut longtemps en délicatesse avec son genou. Cette longue pause lui a permis de se refaire une santé en compagnie de ses proches : « Être à la maison, aller à la salle de gym et être en bonne forme physique tout en ayant mes proches autour de moi, ça m’a fait du bien. Beaucoup de bien. »

 

Avant de rappeler son leitmotiv premier, celui de profiter de la vie et de ce qu’elle offre tout en laissant une place secondaire au tennis : « Je ne consacre pas vraiment ma vie au tennis. Je vis au jour le jour et profite de chaque instant, comme si j’aimais faire ce que je fais. Je ne m’entraîne pas seulement pour le tennis. Je m’entraîne juste pour une vie heureuse générale. J’aime me sentir bien et j’aime juste profiter de ma vie. Je sais que cela semble ridicule, mais je ne fais pas du tennis, de toute la pression liée à ce sport, une réelle et profonde priorité dans ma vie. Et c’est très bien comme ça. »

Un point de vue clivant, mais qui se respecte totalement.