ATP / Nouveau coach de Sinner, qui est Simone Vagnozzi ?

C'est désormais officiel depuis ce jeudi, Jannik Sinner a mis fin à sa collaboration avec son entraîneur historique Riccardo Piatti. Mais contrairement à ce qu'annonçait la Gazzetta, Jannik Sinner n'a pas choisi Magnus Norman pour lancer sa deuxième carrière. Il a opté pour l'Italien Simone Vagnozzi (ancien coach de Marco Cecchinato et Stefano Travaglia) avec qui il s'entraîne à Monte Carlo depuis une semaine. Simone Vagnozzi (38 ans) n'a jamais atteint le top 100 en tant que joueur (161ème à son meilleur classement) mais il a déjà quelques références en coaching et représente la nouvelle génération dorée des entraîneurs italiens. Il a porté Cecchinato en demi-finale de Roland Garros et propulsé Travaglia à la 60ème place mondiale avec une finale ATP sur dur début 2021.

Jannik Sinner était avec Riccardo Piatti depuis 8 ans. Leur relation était au beau fixe jusqu'à cette défaite à l'Open d'Australie contre Stefanos Tsitsipas. La victoire éclatante du Grec (6-3, 6-4,6-2) a perturbé le jeune italien qui a réalisé que son adversaire faisait tout mieux que lui dans tous les compartiments du jeu. En colère de ne pas être un joueur aussi complet que son adversaire du jour, Jannik Sinner a d'abord pris du recul en s'entraînant seul pendant une semaine pour faire retomber la pression. Mais le temps n'a pas apaisé les consciences et l'idée d'apporter du sang neuf dans son staff est née assez rapidement. Finalement, elle a mûri jusqu'au changement radical.

Jannik Sinner a toutefois franchi un énorme cap avec Piatti. Désormais 10ème mondial à seulement 20 ans, l'Italien a déjà remporté 5 titres sur le circuit. Mais la concurrence est rude dans sa génération avec Felix Auger-Aliassime et Carlos Alcaraz. Et ses ambitions certainement déjà très élevées.

Le défi est de taille pour son nouvel entraîneur, qui s'était exprimé en septembre dernier auprès de nos confrères italiens de Sportface, Luca Fiorino et Mario Boccardi. Simone Vagnozzi collabore depuis le mois d'avril 2020 avec Fabrizio et Andrea Brambati, entrepreneurs du secteur des machines pour l'industrie alimentaire et chimique qui ont toujours été liés au tennis. Ils ont créé en 2019 l'Oltrepò Tennis Academy, centre technique compétitif pour la pratique du tennis et l'initiation au professionnalisme. Dans ce cadre, ils ont proposé à Simone Vagnozzi de prendre les reines de l'académie pour accompagner, former et valoriser les jeunes talents : « L'académie se porte très bien et je suis particulièrement content de son évolution. Je suis satisfait des joueurs dont je dispose, car ce sont des jeunes qui veulent apprendre et grandir. J'aime l'idée de construire, de partir de l'essentiel et d'organiser un travail qui portera ses fruits dans le futur. C'est très satisfaisant de pouvoir aider un garçon dans sa croissance. Nous avons toujours eu des talents dans notre région qui ont été contraints de partir pour viser plus haut. Maintenant, il y a des jeunes qui viennent de l'extérieur et cela signifie que nous travaillons bien. »

Mais désormais, Simone Vagnozzi passera moins de temps à l'Académie puisqu'il retourne sur le circuit aux côtés de Jannik Sinner. Il ressentait le besoin déjà à l'automne de trouver un nouveau défi : « Je suis prêt à repartir. J'ai arrêté de travailler avec Stefano Travaglia en mai dernier. J'ai profité de ces quelques mois pour me ressourcer, vu aussi la situation liée au Covid. Ce n'est jamais agréable de mettre fin à une relation de travail en cours de saison, mais maintenant je veux me remettre à m'impliquer dans un projet important. Avec un jeune joueur, il faut construire dans une perspective à long terme et le résultat immédiat compte relativement peu, car nous nous concentrons davantage sur les étapes d'amélioration pour l'avenir. Ce qui me manque, c'est cette tension, cette adrénaline quotidienne que l'on ressent sur le circuit lors des tournois importants et des matchs prestigieux. Lorsque vous formez un joueur professionnel, le résultat est la partie la plus importante. Là aussi, il faut penser à la croissance technique, tactique et physique, mais c'est une toute autre affaire. »

Simona Vagnozzi était également revenu sur ses deux précédentes expériences avec Cecchinato et Travaglia : « Ce sont deux expériences différentes à des moments différents de ma vie. Avec Marco c'était ma première expérience, nous avons fait un excellent travail et je suis fier de ce que nous avons réalisé ensemble. J'ai aussi beaucoup appris. Avec Stefano, en revanche, c'était plus la confirmation de ce que j'avais construit de bien avec Marco et je suis parti d'un passé différent avec une plus grande certitude en moi. J'ai commis des erreurs mais j'ai la conscience tranquille, elles m'ont toujours été dictées par la volonté de faire progresser le joueur. Je ne regrette rien : tout ce que j'ai essayé de faire a toujours été orienté vers une amélioration. Mon objectif a toujours été de devenir chaque jour un meilleur entraîneur. En tout cas, quand j'ai commencé à travailler avec Stefano, j'ai fait un travail diamétralement opposé par rapport à celui que j'ai fait avec Marco, aussi parce que, au niveau du caractère et de la technique, ce sont deux joueurs différents. La compétence d'un entraîneur est de savoir gérer différents types de joueurs et pas seulement ceux d'une certaine catégorie. Mes deux références sont Riccardo Piatti et José Perlas. Je ne les juge pas d'un point de vue technique car je n'en ai pas les compétences, mais sous leur direction, 90% de ceux avec qui ils ont travaillé ont obtenu leur meilleur classement. À l'avenir, je voudrais les aborder comme des résultats et des expériences. Le défi en tant qu'entraîneur, selon ma vision, est précisément celui-ci : former un joueur de tennis, l'amener au sommet et lui faire obtenir des résultats encore plus importants ».

Il y a 5 mois, Vagnozzi dressait le portrait-robot du joueur parfait qu'il aimerait avoir sous sa coupe : « J'aimerais avoir entre les mains un garçon avec un potentiel pas encore pleinement exprimé, peut-être vers 21-22 ans, avec qui je peux construire à travers mes idées pour obtenir de bons résultats. Avec un joueur italien, ce serait plus facile pour une question de communication. Je parle bien l'anglais, mais, en m'exprimant en italien, je pense pouvoir transmettre beaucoup plus mes sentiments du moment. Ce serait quand même un défi de travailler avec un étranger, une incitation supplémentaire pour enrichir le cursus : actuellement, il y en a beaucoup qui grimpent et qui sont très intéressants. Alcaraz, de tous, est celui qui me rend le plus fou. Chaque fois que je le vois, il s'améliore beaucoup et dans chaque tournoi qu'il fait, il met quelque chose de nouveau dans ses bagages. Il a un guide expert [Juan Carlos Ferrero] et cela fait la différence et lui apporte beaucoup. Pour son âge, il est très mature sur le terrain, donc son avenir sera très intéressant ».

Enfin, le technicien d'Ascoli avait adressé de très belles paroles à Paolo Lorenzi, qui a pris sa retraite la saison dernière après l'US Open : « Lorenzi ? Je lui ai écrit un message en privé parce que je préférais qu'il en soit ainsi. Il était un personnage important pour de nombreux Italiens. Avec obstination, désir, intensité, il a atteint des objectifs que presque personne n'attendait de lui. Il a donné beaucoup d'énergie aux autres et l'envie d'essayer. Paolo a contribué à la croissance du tennis italien de manière importante et a toujours donné une image positive, d'un garçon sérieux et d'un grand professionnel. Il a fait comprendre à beaucoup qu'avec un travail acharné, vous pouvez atteindre le sommet. Oui, je le verrais bien entraîneur. Il sait comment s'entraîner pour se défoncer. J'ai vu qu'il est aussi très bon dans la partie journalistique. Après tant d'années sur le Tour, il n'est jamais facile de se remettre tout de suite sur les rails. Je suis convaincu que quel que soit le métier qu'il exercera, il saura réussir».

Source : https://www.sportface.it/interviste-esclusive/simone-vagnozzi-in-esclusiva-fiero-di-quanto-fatto-in-questi-anni-sono-pronto-a-ripartire/1489281?fbclid=IwAR1B6gfRxoKakZ6O5GKYBTdg9eMbnm9sKA6C-81AiZyJPZ7z_ku8Aol4EmY