ATP / Rafael Nadal : « Si tu te vaccines, tu peux jouer »

Alors que l’Australie s’embrase au sujet de l’exemption médicale reçue par Novak Djokovic, finalement refusée par le gouvernement fédéral, Rafael Nadal a été invité à donner son avis sur la situation du Serbe. L’Espagnol n’a pas caché pencher pour une stratégie de tolérance zéro à l’encontre des non-vaccinés : « S’il voulait, il aurait pu jouer ici sans problème. Chacun est libre de ses décisions, mais il faut en assumer les conséquences. D’un certain côté, je suis désolé pour lui. De l’autre, il connaissait les conditions. J’ai été vacciné deux fois. Si tu fais ça, tu peux jouer. C’est la seule certitude. »

En marge du tournoi ATP 250 de Melbourne, où il vient de remporter son premier match en dominant le Lituanien Ricardas Berankis, l’ancien numéro un mondial a expliqué comprendre la réaction du peuple australien : « On traverse une période très difficile. Beaucoup de familles ont énormément souffert ces deux dernières années à cause de la pandémie. C’est normal que les gens ici soit énervés par cette situation, surtout avoir vécus plusieurs confinements stricts. Beaucoup d’Australiens n’ont même pas pu rentrer chez eux. »

Comme il l’avait répété à plusieurs reprises en 2021, le Majorquin a réaffirmé « croire en ce que les scientifiques avancent. S’ils disent qu’il faut se faire vacciner, on doit se faire vacciner. Si tu ne veux pas te faire vacciner, tu peux avoir des problèmes. Beaucoup de gens sont morts depuis deux ans. Mon sentiment est que le vaccin est la seule solution pour arrêter cette pandémie. »

L’Australie est l’un des pays les plus sévères concernant les règles à respecter pour combattre la propagation du coronavirus. Aujourd’hui, presque 20 millions d'habitants ont suivi un parcours vaccinal complet, soit un peu plus de 77% de la population globale. En communiquant sur son exemption médicale au moment de s’envoler pour l’Océanie, Novak Djokovic a sans doute échauffé les esprits des Australiens et ainsi accéléré le choix du gouvernement fédéral de ne pas le faire entrer sur le territoire, en tout cas jusqu'à lundi (suite au recours du N°1 mondial). Une décision très politique en vue des prochaines élections législatives et sénatoriales, comme Tennis Break News l’annonçait dès hier soir.

D’autant plus dommageable pour le Serbe, outre sa quête d’un 21ème Grand Chelem, que plusieurs joueuses et joueurs avaient révélé ces derniers jours ne pas avoir de problèmes à l’idée d’affronter un athlète ayant bénéficié d’une exemption médicale. C’est le cas de Grigor Dimitrov, cité par le quotidien australien The Age : « Je ne suis pas médecin, mais je suis sûr que si un joueur non-vacciné peut participer à l’Open d’Australie, c’est qu’il a une bonne raison. » De même pour Ashleigh Barty, certes un peu plus prudente : « Nous faisons confiance aux personnes qui prennent ces décisions. La dernière chose à laquelle je pense sur le court, c’est bien le statut médical de la joueuse qui se trouve de l’autre côté du filet. » 

Une interrogation néanmoins concernant les réelles chances de Novak Djokovic de pouvoir participer au premier Majeur de l'année. Selon The Age, la fédération australienne de tennis a été prévenue à deux reprises par le gouvernement fédéral qu'une personne non-vaccinée, même ayant contracté la Covid-19 six mois avant son arrivée sur le territoire, devrait effectuer une quarantaine de quatorze jours. Or, le Serbe est arrivé seulement onze jours avant le coup d'envoi du Grand Chelem...