ATP / Roberto Bautista Agut : « C'est un grand changement mais j'y crois ! »

Le changement, c’est maintenant. Par maintenant, entendez 2022, année d’une nouvelle collaboration professionnelle pour Roberto Bautista Agut. En effet, après 11 saisons aux côtés de Pepe Vendrell, l'Espagnol va maintenant s’appuyer sur un duo de coachs, Daniel Gimeno-Traver et Tomas Carbonell. « Pepe et moi formions pratiquement une seule personne depuis nos débuts, a raconté le 19ème mondial sur le site de l’ATP. Nous avons évolué ensemble pendant de nombreuses années et j'ai vécu certains des meilleurs moments de ma carrière avec lui comme soutien. C'est donc un grand changement. Car nous avions des routines très rodées, nos habitudes ». Avec Vendrell, « RBA » a remporté la totalité de ses trophées (9), dont le tournoi ATP 500 de Dubaï, et disputé une finale en Masters 1000, à Shanghai en 2016. 

À presque 34 ans (au mois d’avril prochain), le natif de Castello de la Plana, à une petite heure de route de Valence, a sans doute pour objectif d’obtenir davantage de résultats probants en Grand Chelem. En 35 participations, il n’a atteint qu’une seule fois les demi-finales (Wimbledon) et une seule fois les quarts de finale (à Melbourne), à chaque fois en 2019. Un palmarès un poil maigre pour un ancien N°9 mondial et un joueur qui n’a pas quitté le TOP 30 depuis presque 8 ans.

Ses deux nouveaux coachs n’ont pas fait mieux dans les Majeurs mais ils ont tous les deux été classés parmi les 50 meilleurs mondiaux : « Je crois en cette double équipe. C'est un sport très exigeant pour un seul entraîneur et je pense que diviser les semaines est la meilleure façon de fonctionner, a expliqué Bautista Agut. Daniel a commencé notre aventure de manière très enthousiaste, tout comme moi, et j’en suis très heureux. C’est un super gars. Nous nous connaissions déjà en dehors du terrain. Maintenant, je pense que notre relation va devenir encore plus forte ». 

Pour la petite histoire, les deux hommes, qui n’ont que 3 ans de différence, se sont déjà joués sur le circuit principal à deux reprises en 2014, Bautista l’emportant à chaque fois : « Nous avons même joué des tournois de double ensemble, a t-il précisé. Dani a eu une très longue carrière. C'est quelqu'un qui a été un bon joueur et qui a beaucoup d’expérience. Il va m’apporter un nouveau regard et m'aidera à la fois techniquement et tactiquement ». L’ex TOP 10 avait en revanche déjà travaillé avec Tomas Carbonell, qui épaulait ponctuellement Pepe Vendrell. Un peu plus âgé (53 ans), il a surtout performé dans les années 1990 et connu ses meilleurs résultats en double, dont deux demi-finales à Roland Garros.

L’année dernière, comme en 2020, Roberto Bautista Agut n’a pas remporté de titres. Mais s’est distingué à Montpellier et à Doha, où il a atteint la finale, et s’est hissé jusqu’en demies du Masters 1000 de Miami. La suite fut plus compliquée. Un manque de performances notable, surtout dans les grands tournois, et un pépin physique aux abdominaux qui l’a contraint à renoncer à la phase finale de la Coupe Davis… à Madrid. Une fin de saison prématurée qui lui a néanmoins permis de prendre un peu de recul : « Les blessures sont comme des accidents, elles surviennent quand on s'y attend le moins. Heureusement, ce n'était pas très grave, mais cela confirme que tout peut basculer très rapidement. Je n'ai pas pu jouer au tennis pendant 15 jours, mais une semaine après la déchirure, j’avais déjà recommencé à travailler sur le plan physique. »

« Je suis très excité à l’idée de débuter une nouvelle saison, ajoute celui qui commencera par l’ATP Cup à Sydney, avant d’enchaîner à Melbourne avec l’Open d’Australie. C’est important de maintenir la flamme allumée. Personnellement, je pense que vous devez nourrir votre passion, en prendre soin. Je ne manque pas d'envie ! J'ai déjà hâte d’être en 2022 et de continuer à concourir au sommet. Mon souhait est de pouvoir profiter du tennis et d'avoir un bon niveau de jeu, de sortir du court en me sentant bien dans ma peau. Pour y parvenir, il faut avoir beaucoup d'envie, être très professionnel, s'entraîner tous les jours. Il existe une expression que j'aime me répéter : vivre et respirer tennis. Ce sport demande beaucoup. On assiste à un changement de génération, il y a des jeunes qui sont déjà au top avec un style de tennis différent de celui d'il y a quelques années. Y faire face est une motivation supplémentaire pour moi. »