ATP / Rotterdam : Auger, un homme neuf !

L’image était belle et émouvante. À l’issue de sa victoire contre Stefanos Tsitsipas, Félix Auger-Aliassime a rejoint en bas des tribunes de la Ahoy Rotterdam son coach et sa maman, Marie, qui l’attendait avec une surprise. Au téléphone, en visio, il y avait son papa, Sam, resté au Canada. Le jeune québécois de 21 ans n’a pu retenir ses larmes, lui qui venait de glaner - enfin - son premier trophée dans l’élite du tennis. Pourquoi dit-on enfin ? Parce qu’il avait échoué lors de ses 8 tentatives précédentes, sans même parvenir à enlever une manche. Forcément, il devait se poser la question de savoir s’il allait réussir un jour à gérer ce genre de moments si importants et remporter une finale. Il l’a fait, et n’atteindra pas les chiffres records de 10 échecs consécutifs détenus par Julien Benneteau, ni même 9, enregistrés par Cédric Pioline et Pat Dupré.

 

Cette finale, il ne pouvait pas mieux la démarrer. Un break d’entrée, qu’il a su tenir jusqu’au bout de la première manche. Dans le second set, rebelote. Il prend dès l’entame le service de Tsitsipas, avant de lui enlever une deuxième fois un peu plus tard. On ne va pas se mentir, le Grec n’était pas vraiment dans son assiette, comme la veille en demi-finale face au jeune tchèque Jiri Lehecka. Mais peu importe, tout le mérite revient à Félix Auger-Aliassime. Impérial au service (7 aces, 2 points perdus derrière sa première, 5 après sa seconde, aucune balle de break concédée), agressif en retour (66% des points gagnés derrière la deuxième balle de service de Tsitsipas), il a aussi et surtout su rester concentré, sans flancher, jusqu’au terme de la rencontre. Une finale parfaitement maîtrisée, à l’image d’une très belle semaine, au cours de laquelle il aura dominé un TOP 10 (Andrey Rublev), puis un TOP 5 (Tsitsipas). Et un titre qui récompense des nets progrès sur le plan mental notamment depuis maintenant plus de six mois, au cours desquels il a atteint une demie (US Open) et deux quarts (Wimbledon et Open d’Australie) en Grand Chelem, et réaliser un superbe début d’année 2022 (12 succès en 15 matchs).

 

Le hasard aura fait que c’est à Rotterdam, cette même ville où il a disputé son premier match sur le circuit principal en 2018 – comme Tsitsipas d’ailleurs, mais en 2017 -, qu’il empoche son sacre inaugural. De même, c’est face à l’un des joueurs qu’il connaît le mieux, depuis son adolescence, qu’il signe ce succès si important dans une carrière. Chez les juniors, « F2A » était la bête noire du Grec, pourtant de deux ans son aîné. Puis, chez les adultes, ce dernier a repris le dessus (5-2 avant la finale aux Pays-Bas). Mais c’est sûr, le Québécois doit largement préférer être mené dans leurs confrontations et avoir gagné Rotterdam, plutôt que l’inverse.

Felix Auger-Aliassime sur Stefanos Tsitsipas : « J'aimerais féliciter Stefanos. Je sais à quel point tu reviens de loin, et tu m’as donné du fil à retordre sur nos derniers matchs. T’es un grand compétiteur et une personne formidable. Je te souhaite le meilleur pour la suite de la saison. »

Felix Auger-Aliassime sur son tournoi : « Je me souviens ne pas avoir été à cette position de vainqueur il y a 3 ans. C’est un jour incroyable pour moi que de remporter mon premier titre ici à Rotterdam. J’ai joué mon premier match professionnel ici grâce à Richard (Krajicek) avec une wild-card il y a quelques années. Je pense que c’est une bonne chose, un coup du destin, que d’avoir remporté mon premier titre ici (rires) ! J’ai passé une semaine incroyable, merci à tous ceux qui font que ce tournoi ait lieu, je m’en souviendrai pour le reste de ma vie. »

Felix Auger-Aliassime sur sa famille : « Et pour conclure, j’aimerais saluer mon équipe, ma famille, ma petite amie. Merci d’être à mes cotés depuis si longtemps. Ca me fait vraiment plaisir de voir ma mère dans mon box et me voir remporter le premier titre ATP de ma carrière. C’est le plus beau jour de ma jeune carrière, et j’espère que c’est le premier d’une longue série à venir. Merci à tous et à l’année prochaine ! »