ATP / Rotterdam : Jiri Lehecka peut-il être la relève de Berdych ?

Ça y est, c’est validé. À Rotterdam, Jiri Lehecka - prononcez « Léhéchka » - a remporté son premier match sur le circuit principal en dominant le N°12 mondial, Denis Shapovalov (6-4, 6-4). Difficile de faire beaucoup mieux pour lancer une carrière. Mais les lecteurs assidus de Tennis Break News avaient déjà fait sa connaissance dans notre article sur les espoirs à suivre de près. Une rencontre au cours de laquelle il a  montré des qualités assez remarquables de gestion des moments importants (10 balles de break écartées sur 11) vu son manque d’expérience : « Cette victoire me remplit évidemment d'émotions, c'était un grand match pour moi, je suis content de ma performance. C'était clair pour moi que ce serait un match très dur, le numéro 12 mondial était face à moi, ce n'est jamais facile d'affronter ce type de joueur. Mais ma défaite à l’Open d’Australie face à Grigor Dimitrov m’a beaucoup appris », a t-il expliqué après son succès contre le Canadien.

Mais le plus dur dans pareille situation est de confirmer. Bien souvent, lorsqu'un joueur réalise une telle performance, le match suivant s'avère plus compliqué. L'effet de surprise est passé. Ses futurs adversaires sont prévenus, Jiri Lehecka a fait son entrée dans la court des grands. À Melbourne, le joueur tchèque avait disputé et perdu son troisième match dans l’élite face au Bulgare (6-4, 4-6, 6-3, 7-5), après s’être extirpé des qualifications. Auparavant, il avait cédé à deux reprises en Coupe Davis, en 2019 contre Robin Haase et en 2021 face à Cameron Norrie. L’année dernière, celui qui pointe cette semaine au 137ème rang du classement avait déjà fait parler de lui en Challenger. Il avait glané deux trophées à Tampere (terre) et Bucarest (terre) et atteint deux finales supplémentaires à Poznan (terre) et Pau (dur indoor). 

Sa grand-mère comme inspiration 

Comment et pourquoi Jiri Lehecka a t-il choisi de tenter sa chance dans le tennis ? C’est d’abord sa grand-mère, qui participait à des compétitions nationales, qui est à l’origine de son parcours. Celle-ci a enseigné les maniements de la raquette à sa sœur aînée, alors « j’ai voulu faire la même chose qu’elle, a t-il raconté dans une interview à un journaliste de l'ATP. J’ai essayé beaucoup de disciplines, mais le tennis a été l’option la plus évidente. Enfant, j’ai baigné dans un univers sportif, puisque mes parents étaient tous les deux des athlètes professionnels. » Son père était nageur et sa mère pratiquait l’athlétisme. Dans le monde du tennis, le jeune homme de 20 ans se souvient aussi avoir été animé par les exploits de Tomas Berdych et Radek Stepanek en Coupe Davis. « À chaque fois qu'ils jouaient, je les suivais à la télévision et j'essayais d'imaginer à quoi cela ressemblerait si j'étais un jour à leur place. Bien sûr, ils m’ont marqué et j’adorais voir les fans les encourager. »

Le tennis tchèque est aujourd'hui dans le creux de la vague avec aucun joueur dans le top 100. Mais avec Tomas Machac (114ème) et Jonáš Forejtek (302ème), il représente la nouvelle génération qui pourrait prendre la relève de Berdych. À part le tennis, Lehecka aime jouer aux jeux vidéos et faire des randonnées en montagne : « Grimper une colline ne peut qu’aider à m’améliorer dans mon sport, car il ne faut jamais lâcher si tu veux continuer à avancer et ne pas tomber. » Une maxime à méditer au moment d’affronter le Néerlandais Botic van de Zandschulp en huitièmes de finale à Rotterdam ce jeudi. Une rencontre qui pourrait être plus serrée que prévue avec deux joueurs en confiance très puissant du fond du court. L'appui du public pourrait permettre au Hollandais de s'en sortir mais gare au piège. Lehecka a montré beaucoup de sang froid contre le Canadien au premier tour avec seulement 13 fautes directes commises. Il a eu l'intelligence tactique de pousser Shapovalov à la faute en tenant parfaitement l'échange. Il aura face à lui cette fois un joueur qui devrait commettre beaucoup moins de fautes et se montrer plus patient que le Canadien. A voir comment le Tchèque va gérer cette nouvelle opposition tactique.