ATP / Santiago : Martinez, éloge de la patience

La semaine de Pedro Martinez s’est achevée en apothéose au Chili. En s’imposant en finale face à Sebastien Baez, l’Espagnol a fait coup double : glaner son premier trophée sur le circuit principal et intégrer le TOP 50 du classement ATP. Son parcours à Santiago est une métaphore parfaite de la carrière du natif d’Alzira, à une quarantaine de kilomètres de Valence. Hormis une victoire facile contre Yannick Hanfmann en quarts de finale, le joueur de 24 ans a cravaché pour se débarrasser de Jaume Munar, Alejandro Tabilo et Sebastien Baez, passant près de 11 heures sur les courts et après avoir été mené 5-7, 0-3 par le Chilien en demi-finale. Tortueux, chaotique, mouvementé, c’est de cette manière que s’est construit le chemin de Pedro Martinez, un homme patient, travailleur et déterminé.  

Il n’y a pas si longtemps, durant l’été dernier, il avait atteint sa première finale dans l’élite à Kitzbühel. Presque un exploit, puisque son classement avoisinait la 100ème place. Sur sa route, le protégé de Gerard Granollers avait éliminé son compatriote Roberto Bautista-Agut, un membre éminent du TOP 20 depuis plusieurs années. Un mois plus tard, il remportait son troisième tournoi Challenger à Séville, sur terre battue, comme les deux premiers à Bastad (2018) et Marbella (2020).

Mais c’est sur dur que ce joueur solide d’1m85 se fait connaître du grand public. Nous sommes en 2020 et Pedro Martinez sort des qualifications à l’Open d’Australie avant de passer le premier tour du tableau principal en matant Dominik Koepfer en 3 sets. Daniil Medvedev met fin à son parcours au tour suivant, mais depuis, l’Espagnol s’est hissé à trois reprises au troisième tour d’un Majeur (Roland Garros 2020, Open d’Australie 2021 et Wimbledon 2021).

« Je suis très heureux, ce premier titre signifie beaucoup pour moi, a t-il déclaré après son sacre à Santiago. Sur le court, j’essaie de me battre jusqu’au bout et de saisir les chances qui se présentent à moi. C’est d’autant plus gratifiant, après avoir vécu quelques mois difficiles ». Martinez fait référence à son début de saison mi-figue, mi-raisin. À Sydney, Melbourne, Cordoba, Buenos Aires et Rio, le tout nouveau 50ème mondial a à chaque fois gagné un match, puis perdu le suivant. Mais au Chili, l’Espagnol a montré à quel point il avait progressé dans sa façon de gérer ses émotions, tout comme les moments les plus importants. Par le passé, il pouvait perdre sa concentration, de par son fort caractère et son… impatience. Aujourd’hui, le voici plus aguerri. Son idole ? David Ferrer - son frère Javier fut l’un de ses premiers entraîneurs. Au foot ? Cristiano Ronaldo. On comprend mieux d’où vient son formidable esprit de compétition. Prochain objectif ? Briller dans les Masters 1000, épreuves auxquelles il n’a participé que 5 fois, pour deux petites victoires. Pourquoi pas dès le mois de mars à Indian Wells et Miami.