ATP / Yoshihito Nishioka : « Je souhaite devenir Top 20 comme Diego Schwartzman »

En pleine crise de confiance sur le circuit principal (16 défaites sur ses 19 derniers matchs), Yoshihito Nishioka s'est refait une belle santé sur le circuit Challenger. Le gaucher japonais est déterminé à mettre derrière lui une année 2021 décevante et à foncer vers un nouvel objectif : le Top 20 mondial.

 

Yoshihito Nishioka est un joueur qui a longtemps grandi dans l’ombre du leader, Kei Nishikori. Le natif de Tsu a bataillé en Challenger pour se faire une place au soleil du Top 100. Un palier important qu’il a franchi en 2018 en remportant un titre en ATP 250 à Shenzhen (Chine) contre Pierre-Hugues Herbert. Nishioka a ensuite aligné quelques belles performances pour se hisser à la 48ème place mondiale en 2020. Depuis, c’est la dégringolade. Le Nippon a chuté au classement, la faute à des blessures, mais aussi à un certain manque de confiance. Aujourd’hui retombé au 108ème rang mondial, Nishioka souhaite effacer une saison 2021 décevante, pour se concentrer en 2022 sur de nouveaux objectifs, très ambitieux.

 

Si le Japonais vient tout juste de remporter son premier match de la saison sur le circuit ATP contre Mitchell Krueger à Dallas, il est sur une belle série de 9 victoires en 10 matchs sur le circuit Challenger, seulement battu par le jeune Suisse Dominic Stricker. Nishioka a remporté le Challenger de Colombus et rallié la finale à Cleveland. Et au moment de faire le bilan de la saison 2021, catastrophique en tout point de vue selon lui, Nishioka souhaite l’effacer et repartir de l’avant en 2022 : « 2021 a été la pire année de ma carrière pour moi. Je n'ai gagné que 10 matchs dans un tableau principal de l'ATP, j'étais proche du top 50 et maintenant je suis hors du top 100. Il y a quelques semaines à l'Open d'Australie, j'ai encore perdu au premier tour et ma confiance a encore baissé. J'avais peur de rejouer les Challengers puisque je n'y avais pas joué depuis longtemps. On y affronte des joueurs qui ne sont pas dans le top 100 et je ressens beaucoup de pression car je sais que je dois gagner le tournoi. J'ai gagné quelques matchs la semaine dernière à Columbus, j'ai gagné en confiance et battre Denis [Istomin] de cette façon m'a beaucoup aidé. ».

 

Cette 48ème place mondiale atteinte en 2020 a été le pic de sa carrière. Mais l’arrivée de la pandémie a causé énormément de tort à Nishioka, qui a progressivement perdu le rythme : « Avant le début de la pandémie, je jouais très bien. A cette époque, je pensais que je pouvais atteindre le Top 20 et puis, malheureusement, nous avons dû nous arrêter pendant six mois. Pour nous qui venons d'Asie, la situation est encore difficile car nous n'avons pas de tournois près de chez nous. »

 

Confinements, tests, et quarantaines : Nishioka perd la boussole

Plus que les mesures liées à la crise sanitaire selon les pays, Nishioka mentionne le manque de contact social qui lui a miné le moral pendant de très longs mois : « Les premiers mois avec les restrictions me convenaient bien, mais ensuite, la situation est devenue vraiment difficile à gérer. Je ne voulais plus jouer dans ces conditions. Nous ne pouvions jamais quitter l'hôtel et nous devions nous tester pratiquement tous les jours. J'aime beaucoup faire le tour du monde en général, rencontrer de nouvelles personnes, me faire des amis. Après Miami l'année dernière, j'ai fait une pause parce que je ne m'amusais plus. Pendant un mois, je suis rentré chez moi et j'ai essayé de ne pas penser au tennis. Heureusement, la situation s’améliore dans le monde, mais au Japon, nous devons encore nous mettre en quarantaine. Je ne pourrai pas rentrer chez moi avant avril. Parfois, je suis jaloux des joueurs qui vivent à une heure du lieu où se joue le tournoi ! »

 

2022, la saison de la renaissance ?

Place désormais à l’exercice 2022, où le Japonais se sent comme revigoré. Le temps de la renaissance a sonné pour lui, qui semble déjà avoir ciblé les points à améliorer au cours de la saison : « La clé est d'améliorer le service. Le retour reste mon meilleur coup. Je dois apprendre à mieux me servir de mon petit gabarit, à l’image de Diego Schwartzman qui possède un très bon service. Même si je ne suis pas capable de servir à 200 km/h, je dois être meilleur pour varier en fonction de la situation de jeu dans laquelle je me trouve. »

 

Il est aussi question de renaissance lorsqu’on évoque le début de carrière de Nishioka. Il fut victime d’une rupture des ligaments croisés du genou en 2017, à seulement 21 ans. Le Japonais a mis à profit ce très long temps d’arrêt en se consacrant à d’autres loisirs, et s’estime aujourd’hui heureux de pouvoir encore jouer au tennis : « Tout le monde m'a dit que cette blessure est arrivée au pire moment. mais j'ai eu l'opportunité pour la première fois en dix ans de passer une année complète au Japon. J'ai commencé ma chaîne Youtube, je me suis passionné pour différentes choses et cette année a été vraiment importante pour moi. »

A son retour, Nishioka fut classé au-delà de la 350ème place mondiale. Il lui a fallu à peine six mois pour réaliser une progression fulgurante au classement, jusqu’à la 60ème place mondiale en 2018. Le gaucher de poche va devoir se servir aussi de sa force mentale pour revenir dans le Top 100 en 2022.

 

Nishioka, la part belle à l’intelligence tactique

Nishioka est un passionné du tennis en tant que joueur, mais aussi très assidu en tant que spectateur. Le Nippon s’essaie à une analyse du tennis actuel, en faisant la part belle à l’intelligence tactique primant sur la puissance de frappe : « Pour moi, il est beaucoup plus amusant de construire le point que de le terminer en deux coups de raquette. L'un de mes joueurs préférés a toujours été Marcelo Rios. Il a été n°1 mondial en s'appuyant sur un toucher de balle et une intelligence tactique hors du commun. Pour des joueurs puissants comme John Isner au service, ou Denis Shapovalov à la frappe, c'est clair que c'est plus facile de faire le jeu, mais pour moi, la construction du point est vraiment fascinante. J’aimerais montrer au monde qu’il existe un autre moyen de réussir, en étant plus intelligent sur le court. »

Voilà des propos qui devraient ravir Gilles Simon.