Interview exclusive (2ème partie) / Marchenko : « Tout le système est abîmé »

Après une première partie de l'interview où Illya Marchenko est revenu sur le conflit en Ukraine, ses débuts sur le circuit et les types d'adversaires qu'il aime ou non affronter, il s'exprimé sur la mauvaise répartition de l'argent dans le tennis, les matchs truqués, les menaces de mort sur les réseaux sociaux, de son début de saison, de ses problèmes physiques et de sa chaîne Youtube.

Thai Son Kwiatowski avait déclaré sur Twitter il y a deux ans pendant le Challenger de Nouméa, juste avant l'Open d'Australie : « Il faut vraiment aimer ce sport pour jouer en Challenger. J'ai pris un vol seul pour la Nouvelle Calédonie, j'ai joué 3 matchs, j'ai été sur le court pendant 6 heures pour récolter 780 dollars. J'ai fini à 9h30 totalement seul, retournant à l'hôtel, la seule chose que j'ai reçue sur mon téléphone a été ce message d'un parieur stupide qui a perdu de l'argent et m'a dit qu'il allait me tuer moi et ma famille. Tout ça pour perdre 1500 dollars sur la semaine. Pour être honnête, j'adore ce sport. J'ai de la chance de jouer en étant en forme alors que des choses horribles arrivent dans le monde. Mais ce sport est abîmé. » Est-ce que ce genre d'expériences te rappelle des situations familières lorsque tu enchaînes les tournois sur le circuit Challenger ?

Oui bien sûr. J'essaye juste de ne pas prendre l'avion tout seul pendant 40 heures pour aller disputer un tournoi. Ce serait une mauvaise programmation de ma part (rires). Mais je vois parfaitement ce qu'il veut dire. Les prize-money en Challenger sont ridicules, la qualité des hôtels laisse souvent à désirer, il y a beaucoup de différences avec l'ATP Tour. Il y a beaucoup de tournois dans le monde entier, y compris dans des endroits où personne ne regarde du tennis. C'est la question, pourquoi a-t-on autant de tournois dans le monde et pourquoi voyageons-nous n'importe où ? Je ne comprends pas vraiment. Tout ça pour avoir des petits prize-money. Je pense qu'il faut faire quelque chose, ce système est abimé, c'est vrai. De la manière dont les choses se déroulent actuellement, c'est terrible. En France, les joueurs peuvent gagner de l'argent mais dans beaucoup d'autres pays, ce n'est pas possible, ils finissent en déficit. La plupart des joueurs, ça se passe comme ça. Lorsque vous jouez seulement le double, c'est encore pire. J'ai gagné un tournoi avec Heliovaara (ndlr : le Challenger de Nur Sultan en octobre 2019), on s'est assis sur notre banc pour attendre notre prix et il m'a dit : « Si on avait perdu aujourd'hui, j'aurais été en négatif cette semaine ». On avait gagné le tournoi et être en finale n'aurait pas suffi à couvrir nos dépenses. Du coup, on joue seulement en Challenger pour avoir les points et pouvoir s'aligner en Grand Chelem, là où on peut espérer gagner de l'argent. Ou alors tout simplement pour disputer les qualifications d'un tournoi ATP. Voilà, c'est tout ce qu'il y a dire, c’est tout le système qui est abîmé.

 

C'est vrai qu'il y a beaucoup de différences entre certains Challengers en France, qui ressemblent plus à des ATP 250 et des tournois organisés en Europe de l'Est par exemple.

Pourtant, le niveau est là mais ils ont totalement échoué pour ce qui est de la promotion de ces tournois. J'oubliais aussi une chose importante. Ce sont les compagnies de paris sportifs, ils gagnent de l'argent sur ces tournois Challenger.

 

Est-ce que tu penses que les paris sportifs devraient être interdits sur les tournois Challenger ou penses-tu au contraire qu'il faut accepter que ces derniers fassent partie du système et que les joueurs devraient se battre pour avoir une partie du gâteau ?

C'est bien que le circuit Challenger puisse bénéficier du sponsoring de sites de paris sportifs mais je pense que nous ne voyons pas suffisamment la couleur de cet argent. Par exemple, je n'ai aucun pourcentage des sommes pariées sur mes matchs. Je pense que chaque joueur devrait avoir un pourcentage, je ne sais pas combien, ça pourrait être 1% ou quelque chose comme cela, des sommes pariées sur ses propres matchs. Cela me semblerait plus juste d'une certaine manière. Car pour l'instant, tout cet argent transite entre les tournois et l'ATP. Aujourd'hui, peu importe que quelqu'un joue 10 euros ou 1000 euros sur mes matchs, je gagnerais toujours 1000 euros sur le tournois.

 

Prenons un exemple aussi, je me retrouve avec un mal de crâne avant un match. Je ne déclare pas forfait car je peux quand même jouer mais ma performance sera forcément altérée. Et je rentre ensuite chez moi après avoir perdu, toujours avec ce même mal de crâne. J'allume mon portable et je vois tous ces messages haineux voire même des menaces de mort. Les réseaux sociaux qui sont censés faire de la modération ne font rien du tout. Soi-disant ils ne peuvent rien faire mais c'est des conneries (sic), ils ne veulent rien faire, c'est un gros problème qui dépasse le tennis. Pour en revenir au betting, c'est vraiment mauvais pour le tennis dans cette configuration actuelle et je ne serais pas mécontent si cela devait être illégal. On risque notre sécurité quand on y pense. Tout le monde peut venir à un tournoi Challenger ou ITF et approcher les joueurs. Notre sécurité n'est pas garantie. Ok, je suis un joueur expérimenté mais imaginons une chose. J'ai 17 ans, je joue un tournoi ITF et quelqu'un vient me voir avant le match. Il me dit d'une manière menaçante : « si tu gagnes, je t'attendrais après le match ». Ou alors, je reçois ce même genre de messages sur Instagram. Est-ce que ça va influencer mon match ? C'est quelque chose de terrible. Comment est-ce qu'on peut autoriser le betting sur d'aussi petits tournois qui ne sont pas protégés ? J 'imagine qu'ils le font car cela génère de l'argent. Et ils se fichent de ce qui s'y passe. Même s'il y a des matchs truqués, cela reste profitable pour eux.

 

Pour ce qui concerne les matchs truqués, c'est un gros problème à cet échelon en effet et la Tennis Integrity Unit semble impuissante.

C'est une situation délicate car c'est difficile à prouver, premièrement. Et deuxièmement, comment est-ce qu'on peut mettre ces matchs-là sur des plateformes de betting ? Ce n'est même pas du tennis professionnel !

 

Tu parles bien des tournois ITF, on est bien d'accord ? Pas des tournois Challenger...

Oui je parle des tournois ITF ou même des phases qualificatives en Challenger. Je me souviens avoir perdu en qualifications d'un tournoi Challenger, je revenais tout juste de blessure, je n'étais pas en grande forme. A cette époque, il n'y avait pas d'argent sur ces matchs-là et un gars m'a envoyé un message... J'étais choqué de voir que mon match était proposé sur des plateformes de betting car nous n'avions aucun prize money. Nous n'avions rien qui nous oblige à nous battre, hormis les points ! On ne peut pas considérer que c'était du tennis professionnel car nous n'avions pas d'argent - maintenant, c'est le cas.

 

D'après toi, pourquoi l'ATP n'aide pas plus ces joueurs à gagner mieux leur vie et à essayer de les faire percer ?

Les instances essayent d'une certaine manière, mais pour donner de l'argent, il faut avoir l'assurance d'aller quelque part. Et dans le tennis, les évènements qui génèrent le plus de profits sont les Grands Chelems, qui ne sont pas gérés par l'ATP. Et ensuite, il y a les Masters 1000. Pour permettre à des joueurs comme moi de gagner plus d'argent, cela signifie qu'ils doivent prendre de l'argent sur ces évènements. C'est un dilemme pour eux, que de prendre de l'argent sur le prize money de ceux qui gagnent le plus d'argent sur le circuit. C'est un problème. Il n'y a que 3 gars qui pourraient changer le système s'ils le souhaitaient mais ils n'ont aucun intérêt à le faire. Si Federer, Nadal et Djokovic se réunissaient pour dire « cela va se passer comme ça », les tournois seraient obligés d'exécuter car ce sont grâce à eux qu'ils gagnent de l'argent. De la manière que cela est fait aujourd'hui, beaucoup d'argent vont aux top players et beaucoup moins à ceux qui sont moins bien classés. Même si cela a évolué et qu'ils ont augmenté les prize money sur ces dernières années. Mais cela n'est pas suffisant. Car les top players obtiennent avec le temps des contrats et des sponsors, contrairement aux joueurs au-delà de la 50ème place mondiale. Au-delà du top 100, c'est encore pire. C'est pour cela que je pense que l'on devrait faire mieux pour repartir cet argent et le répercuter un peu plus en Challenger. Et on devrait essayer de mieux vendre ce « produit », on ne peut pas dire que cela soit du bon marketing à l’heure actuelle.

 

Donc, la solution pour toi, comme tu l'as évoqué avant, ce serait moins de tournois et des tableaux plus gros.

Oui, c'est mon point de vue sur la question. C'est un peu moins le cas depuis la pandémie mais il pouvait arriver des semaines où on avait 5 tournois Challenger, 7 tournois ITF, voire même plus, donc un total de quasi 15 tournois en tout à travers le monde (ndlr : en comptant les tournois ATP), c'est beaucoup trop. Quand on voit certains tournois ITF actuellement, il y a des matchs de clubs qui sont mieux organisés aujourd'hui, c'est un désastre. Les gens ont tendance à venir de manière plus spontanée sur des tournois en France et en Italie car l'organisation y est meilleure, ce n'est pas seulement du tennis, ce sont des événements à part entière. Il y a de la nourriture, ils viennent en famille pour passer du temps sur les courts. Et dans d'autres pays, c'est juste deux gars tapant quelques balles sur un terrain, avec personne ne s'intéressant à ce qu'ils font. On aurait clairement besoin d'une refonte totale du système mais tous les gros tournois, Grand Chelem et Masters, sont tributaires de ce système donc cela n'arrivera pas. Très honnêtement, aujourd'hui, je ne voudrais pas que mon fils devienne joueur de tennis professionnel, il y a certainement de meilleures opportunités aujourd'hui dans d'autres sports, comme le foot par exemple. J'ai eu une carrière honorable, en tant que top 50, ce qui représente un faible pourcentage de réussite pour des jeunes qui rêveraient d'une carrière professionnelle. Si j'avais été top 50 dans un autre sport, il est possible que je serais dans une meilleure forme financière que je ne le suis actuellement.

 

Revenons sur l'hypothèse que quelqu'un t'attende à la fin de ton match pour te menacer. Est-ce que cela t’est arrivé ou à un de tes amis ?

Non, cela ne m'est jamais arrivé, cela fait longtemps que je n'ai pas joué de tournois ITF. Et à l'époque quand je suis arrivé sur le circuit ITF, les paris sportifs n'avaient pas cette même envergure qu'aujourd'hui. Et c'était mieux comme ça. Mais j'imagine que la situation peut arriver, cela ne me semble pas improbable du tout. J'ai entendu des histoires dans certains pays d'Afrique, sur des gens qui avaient poussé un joueur à perdre un match. Ils étaient amicaux au début et disaient cela sur le ton de l'humour. Puis ils ont fini par être de plus en plus insistants. Il a fini par quitter le pays car il ne voulait pas assumer un truc pareil. Aujourd'hui, on peut envoyer des messages à n'importe qui donc ce genre de choses peut arriver.

 

Tu disais tout à l'heure que seuls trois joueurs pouvaient faire changer ce sport. Qu'est-ce que tu penses du conseil des joueurs et du PTPA (ndlr : syndicat de protection des joueurs créé par Novak Djokovic et Vasek Pospisil début 2020 et distinct du conseil des joueurs) ? Est-ce que tu penses que ces instances peuvent faire évoluer les choses ?

Je pense que l'idée derrière le PTPA est bonne mais son organisation est très loin d'être parfaite en ce moment. Et il n'y a que Djokovic derrière ce syndicat, pas Nadal ou Federer. Le problème c'est que les joueurs ne sont pas unis actuellement sur ces questions. Et nous avons besoin d'unité pour faire avancer les choses.

 

Robin Haase a déclaré que les joueurs de tennis devaient être un peu comme des comptables, à cause des voyages, des hôtels à payer et du peu d'argent qu'il pouvait y avoir sur le circuit Challenger. Tu en penses quoi ?

Moi j'ai eu de la chance grâce à mes sponsors. C'est sûr qu'au début de votre carrière, vous devez réfléchir qui vous prenez en tant que coach, qui vous prenez avec vous sur les tournois mais j'ai eu pas mal de liberté, étant donné que j'ai été top 100 et top 50. Je sais quel budget je peux me permettre et ce que je peux en faire. Aujourd'hui, je n'ai pas de coach qui voyage avec moi, tout simplement parce que je ne peux pas me le permettre, à cause du prize money que je gagne. Et de toute façon, à l'heure actuelle, je ne pense pas qu'un bon coach aurait un impact si profitable que cela sur mon jeu. Cela n'aurait pas vraiment de sens, compte tenu de ce que je gagne actuellement. J'ai 34 ans, je suis un joueur expérimenté, qui a passé beaucoup d'années sur le circuit et qui sait gérer certaines situations. Ce n'est pas quelque chose que je recommanderais à un joueur qui aurait 24 ou 25 ans. Pour faire ce que je fais, il faut de l'expérience et lorsqu'on n'en a pas, on a toujours besoin d'avoir quelqu'un avec qui échanger après une dure défaite pour outrepasser cela de la meilleure manière.

 

On va parler un petit peu de 2022 maintenant. Tu es 164ème mondial [l'interview a été réalisée début février], tu as joué un seul match contre Watanuki aux qualifications de l'Open d'Australie. Ou est-ce que tu en es dans ta préparation et quels sont tes objectifs pour cette année ?

En fait, il pourrait s'agir de ma dernière année sur le circuit, cela dépendra de la manière dont mon genou réagira. J'ai eu beaucoup de problème avec ça. Je n'ai fait absolument aucune préparation pour l'Open d'Australie parce que je ne pouvais pas m'entraîner pendant un mois à cause de ce même genou. Et lorsque j'ai été en capacité de démarrer ma préparation, je suis tombé malade – pas la COVID, juste la grippe. Donc je suis allé en Australie avec quasiment aucun temps passé sur le court, je me suis juste entraîné 4 jours... Mon match n'était pas extraordinaire mais j'ai quand même essayé de me battre. Lorsque je suis revenu d'Australie, j'ai attrapé la COVID cette fois donc on peut dire que ma préparation au final n'a pas été incroyable sur ce début d'année (rires). Ce n'est pas idéal, mais maintenant, je me prépare pour un nouveau tournoi (ndlr : les qualifications du tournoi de Dubaï, qu’il n’a pas réussi à passer), j'ai pu courir, faire de la gym. Donc, j'espère que je ferai plus qu'un seul match par mois... Je vais voir comment mon corps réagira, aujourd'hui c'est ma seule préoccupation. Je n'ai pas vraiment d'objectifs en ce moment car le mois prochain, je vais probablement perdre la moitié de mes points et basculer au-delà de la 200ème place mondiale, sauf si j'ai des bons résultats d'ici là (ndlr : faute de résultats depuis cette interview, Illya Marchenko a bien basculé à la 217ème place mondiale aujourd’hui…). Donc oui, cela pourrait être ma dernière année car je ne suis pas prêt à lutter sur le circuit indéfiniment.

 

Et cela fait combien de temps que tu as ce problème au genou ?

J'ai des problèmes avec ce genou depuis que j'ai 23 ans. J'étais top 100 et c'est la raison pour laquelle j'en suis sorti. Je suis passé par la case chirurgie, cela a endigué ce problème et j'ai pu gérer cela convenablement pendant toutes ces années. Mais à l’âge où je suis maintenant, les petites blessures s'accumulent. Aujourd'hui, le cartilage de mon genou est détruit et j'ai des inflammations au niveau de l'os. Les docteurs me disent qu'il va falloir penser à stopper le tennis, ils ne me recommandent pas de faire de la chirurgie car je ne serai probablement pas en capacité de revenir au même niveau. Je n'en suis pas totalement sûr mais il me semble que Federer a eu le même genre de blessure, sauf que lui a 40 ans maintenant (rires). Il a un meilleur encadrement pour se rétablir de ce genre d'opération et si je devais en faire de même de mon côté, je ne serai certainement pas capable de revenir comme il l'a fait. Ce n'est pas la même histoire...Je ne me sens pas spécialement prêt à revenir jouer sur le circuit ITF...

 

On va passer à la dernière partie de cette interview, en parlant de ta chaîne Youtube, qui dépeint avec beaucoup d'humour la vie sur le circuit Challenger. Comment as-tu eu l'idée de faire des vidéos ?

C’était pendant la pandémie, tout le monde était à la maison et je m'ennuyais (rires). La première vidéo a eu des retours positifs sur Instagram donc j'en ai fait une deuxième, puis une troisième et ainsi de suite. Donc, j'ai décidé de poster cela sur Youtube car j'aimais bien la plateforme. J'ai commencé à apprendre et je pense que la qualité des vidéos est bien meilleure maintenant. J'essaye de continuer à m'améliorer, je ne sais pas trop où ça peut me mener. J'ai encore un succès modeste, 4000 abonnés, ce qui n'est pas grand-chose et je ne pourrais pas gagner de l'argent avec ça. Les médias ATP me connaissent donc peut-être que je ferai le saut un jour de faire une vidéo avec eux. Je pense qu’on n’arrive pas à bien capter les jeunes générations. J'ai même appris qu'on avait une moins bonne audience sur Youtube que le tennis de table. J'étais vraiment choqué, je parlais avec plusieurs joueurs de tennis de table et ils m'ont montré plusieurs chaînes avec des vidéos à 2 millions de vues, pourtant de moindre qualité… alors que lorsqu'on regarde notre compte officiel Tennis TV ou l'Open d'Australie, on remarque qu'ils en ont moins ! J'ai vu une vidéo d'un gars qui postait un échange sur du tennis de table, sur un circuit qui n'était pas professionnel, il faisait 5000 vues, soit plus que les highlights de Medvedev-Nadal ! Je pense que le public tennistique est plus âgé. Je suppose qu'une personne qui a plus de 50 ans ne va pas regarder ma chaîne car il va considérer que c'est trop stupide pour lui. L'âge moyen de ma chaîne tourne autour de 25 ans et le tennis n'a pas tellement de spectateurs de cet âge, sauf peut-être les parieurs. Donc, en fait, je me dis que j'essaye de divertir des gars qui m'envoient des messages horribles après mes matchs et quand je réalise cela, cela me rend très triste (rires).

 

Et tu disais que tu n'as encore jamais été approché par Tennis TV pour faire des vidéos en partenariat avec eux. Pourquoi, d'après toi ?

Ils ne sont peut-être pas intéressés, je ne sais pas. J'avais préparé quelque chose sur le tournoi de Newport pour l'ATP mais hélas, cela n'a pas été ajouté dans leur production, donc j'imagine qu'ils n'étaient pas suffisamment intéressés (rires).

 

Tu as déjà un peu répondu à la question mais est-ce que ta chaîne Youtube pourrait te mener vers quelque chose de plus gros, par exemple, une reconversion après ta carrière dans les médias ?

Pour l'instant, c'est plus un hobby. Si cela m'ouvre des portes dans les médias, ce serait super. Ma carrière étant bientôt achevé, je vais devoir y réfléchir. Je vais probablement devenir entraîneur mais je ne sais pas si c'est quelque chose que je suis prêt à faire jusqu'à la fin de ma vie. Donc je vais voir les pistes qui s'offrent à moi. En ce qui concerne ma chaîne, il est possible que celle-ci évolue, notamment en termes de couverture, sur d'autres sports.

 

Comme le tennis de table (rire) ?

Oui par exemple ! D'ailleurs, j'ai eu une idée avec un joueur de tennis de table qui a sa chaîne, ce n’est pas encore en production, je suis encore en train de rédiger le script, cela me permettra d'apporter un autre public sur ma chaîne.

 

Et concernant ta future expérience de coach, est-ce qu'il y a des joueurs ou des profils de joueurs que tu aimerais encadrer ?

Non, pas vraiment mais je pense que j'ai suffisamment d'expérience pour encadrer des joueurs. Quelqu'un comme Stakhovsky, que j'ai beaucoup côtoyé sur le circuit et en Coupe Davis, c'est le genre de personnes qui peut m'aider beaucoup avec ses conseils. C'est plus simple à deux de trouver une solution pour battre certains profils que de le faire seul. Je pourrais très bien l'imaginer lui me coachant ou moi le coachant. De la même façon, je pense que je pourrais aider pas mal de joueurs sur le circuit. Cela serait plus dur pour moi de travailler avec des enfants car je le vois tous les jours avec mon fils, je ne suis pas assez patient (rires).

 

L'entretien a été réalisé le 4 février dernier, via Anchor.

 

Pour rappel, sa chaîne est disponible ici :

https://www.youtube.com/c/IllyaMarchenkoATP

Les vidéos sont en anglais mais il est possible pour les moins anglophiles d'entre vous de générer des sous-titres automatiquement.

 

L'interview est également disponible en audio :

-via le site internet de Mugetsu, que nous vous conseillons par ailleurs :

https://t.co/ifPG8xtzqN

 

- et via la plateforme spotify :

https://open.spotify.com/show/3qAUUVwTPRhhwE3OAQNASq