ATP / Juan-Carlos Ferrero : "Alcaraz me rappelle Rafa"

À l’aube de la deuxième saison de son protégé dans l’élite, le coach espagnol s’émerveille du niveau de jeu de Carlos Alcaraz, malgré son tout jeune âge. L’ancien numéro un mondial dévoile aussi les objectifs de son poulain pour 2022 et parle de la nouvelle génération dans un contexte de fin de règne du Big 3.

 

À peine majeur et déjà un sacré tableau de chasse. Premier succès en Challenger à 15 ans, première victoire sur le circuit principal une année plus tard, premier trophée à Umag à 18 ans. Suivent un quart à l’US Open, une demie à Vienne et un huitième de finale au Masters 1000 de Paris, agrémentés par le scalp de trois membres du TOP 10 (Stefanos Tsitsipas, Matteo Berrrettini, Jannik Sinner). Au-delà de ces incroyables résultats, l’entraîneur de Carlos Alcaraz retient surtout la capacité de son joueur « à décider à chaque instant du jeu, ce qui est phénoménal ». Et d’ajouter la panoplie d’atouts de la pépite de Murcie : « Son coup droit est le coup que ses adversaires craignent le plus. Mais il possède également beaucoup de variété dans la façon dont il frappe la balle, c'est une autre de ses grandes armes. Il peut enchaîner un coup très puissant puis une amortie distillée avec beaucoup de naturel et de maîtrise. »

 

« Objectif 2022 : TOP 15 »

 

Dans un long entretien accordé au média grec Gazzetta, l’ancien vainqueur de Roland Garros (2003) a annoncé les ambitions du duo espagnol pour la prochaine saison. « Le principal défi est de maintenir le niveau de tennis qu'il a joué dans la dernière partie de la saison et d'être ainsi compétitif contre les meilleurs joueurs, ce qui devrait lui permettre d’atteindre le TOP 15 du classement. Mais pour y arriver, il doit continuer à travailler tous les compartiments de son jeu et à acquérir toujours plus d’expérience. »

 

Au petit jeu des comparaisons, Ferrero s’est amusé à décrire dans quels domaines Alcaraz pouvait se rapprocher de Rafael Nadal. « Il est important de rappeler que Carlos est Carlos, qu’il suit son propre chemin, son rythme de travail et son évolution. Bien sûr, Rafa est l'une de ses idoles et il a beaucoup appris en le regardant jouer. Comme lui, il est très compétitif et il a la bonne mentalité sur un terrain. C’est donc dans le langage corporel et l'aspect mental que Carlos me rappelle le plus Nadal, en tout cas davantage que dans son jeu. »

 

Enfin, l’ancien finaliste du Masters (2002) et de l’US Open (2003) a confirmé avoir eu des contacts ces dernières années pour s’occuper de Juan-Martin Del Potro, Dominic Thiem et même plus récemment Stefanos Tsitsipas. L’occasion de donner son avis sur le futur proche du tennis, à l’issue du règne de Federer, Nadal et Djokovic : « Il n'y aura pas de nouveau Big 3, même si je pense que les tennismen actuels sont dans l’ensemble plus complets que par le passé. C'est rarissime de voir trois joueurs qui gagnent tout aussi longtemps, et je ne pense pas qu'on le reverra de sitôt. On retrouvera davantage de joueurs de tennis au sommet en même temps pendant plusieurs années, tels que Medvedev, Zverev ou Tsitsipas, mais aussi des plus jeunes comme Sinner ou Korda. Espérons que Carlos puisse également se joindre à la fête. Mais disons que maintenant tout va beaucoup plus vite, la condition physique est primordiale et les réseaux sociaux ont définitivement chamboulé ce sport, c'est un casse-tête supplémentaire. À mon époque, on ne s'inquiétait guère de ces choses de relations publiques, on avait beaucoup moins de contacts, mais notre quotidien nous donnait l'occasion de penser beaucoup plus au tennis.»