Open d'Australie / Filip Serdarušić : « Ni Novak ni moi sommes des privilégiés »

Selon nos confrères serbes de SportKlub, il y aurait d'autres personnés qui auraient bénéficié de la même exemption médicale que Novak Djokovic. Filip Serdarušić, frère et entraîneur de Nino Serdarušić, témoigne. Pour lui, cette affaire est politique. Ils ont simplement rempli les conditions proposées par Tennis Australia pour entrer sur le territoire.

 

La tempête médiatique continue de s’abattre sur Novak Djokovic, à deux jours de l’Open d’Australie. Le n°1 mondial semble pourtant ne pas être le seul à avoir bénéficié de cette exemption médicale pour rallier la terre australe. Un autre joueur, le croate Nino Serdarušić, 246ème mondial au classement ATP, a pu participer aux qualifications du Grand Chelem australien avec la même permission et dans le plus grand anonymat. Son frère, Filip, s’est exprimé à ce sujet et témoigne d’un récit des faits similaires à ceux de Novak Djokovic.

 

«Le jour de l’arrivée de Novak Djokovic à Melbourne, vers dix heures du soir, j’ai été invité par un centre d’immigration à venir pour un entretien le lendemain», a déclaré Filip Serdarušić, entraîneur et frère de Nino Serdarušić, entré en Australie avec la même exemption médicale.

 

Et pour cause, Djokovic a déclaré que la plupart des documents administratifs requis pour entrer sur le territoire australien ont été effectuées par son agent, tout comme Filip. Nino Serdarušić a été testé positif à la covid-19 mais tout de même été autorisé à faire le trajet jusqu’à Melbourne : « Je n’étais pas vacciné, et en octobre dernier, j’ai été testé positif. Mon agent a envoyé un résultat positif et un résultat d’anticorps à la Tennis Association of Australia, qui l’a transmis aux médecins, c’est-à-dire l’institution qui s’en occupe. La possibilité que nous puissions venir avec une exemption médicale s’est ainsi présentée à nous, puis j’ai reçu le feu vert par mail pour venir, autour du 10 décembre », a-t-il déclaré à SportKlub.

 

Neuf personnes seraient exemptées médicalement

Toujours selon SportKlub, neuf autres personnes en lien avec l’Open d’Australie ont bénéficié d’une dispense médicale. En revanche, seuls Djokovic, Serdarušić et la Tchèque Renata Voracova font partie de la catégorie des joueurs/entraîneurs. Les frères Serdarušić ont décollé sur l’un des vols proposés par la Tennis Association of Australia pour les participants et leurs équipes.

 

L’accueil sur place fut froid, comme l’indique Filip Serdarušić : « J’ai remis mon passeport à la douane, puis une officielle du service des frontières est venue me voir et m’a demandé si j’avais été vacciné. J’ai dit que non et que j’avais une exemption. Elle m’a mis à part et m’a demandé de rassembler des documents. Elle m’a dit qu’il y avait une possibilité d’aller en quarantaine pendant 14 jours, et j’ai répondu que je ne serais pas venu si j’avais su que je serais en quarantaine. »

 

Puis subitement, ce dernier explique que tout s’est éclairci rapidement : « Quelques minutes plus tard, elle a appelé son patron, il a inspecté les papiers, les a pris en photo et m’a dit que je pouvais entrer librement dans le pays. » Dans la même situation, les autorités ont refusé quelques jours plus tard l'entrée de Novak Djokovic. Pour en faire un exemple ?

 

A ce moment-là, cette application un tantinet permissive des lois en vigueur par lesdits officiels ont permis à Filip et Nino de passer trois jours à Melbourne, puis de se diriger vers le tournoi Challenger de Traralgon. Au même moment, un certain numéro un mondial atterrit à l’aéroport de Tullamarine, avec la suite rocambolesque d’évènements que l’on connait aujourd’hui. Cela a totalement rebattu les cartes, concernant les frères Serdarušić et leur présence sur le continent australien : « Le jour de l’arrivée de Novak Djokovic, à dix heures du soir, ils m’ont demandé de rallier un centre d’immigration pour un entretien le lendemain. La Tennis Association of Australia a envoyé une voiture pour venir me chercher une heure avant le quart de finale de mon frère. Il m’a fallu jusqu’à 17 heures de route pour me présenter là-bas », raconte l’entraîneur croate, et ajoute : « Je suis allé dans un hôtel à Melbourne, j’ai parlé aux joueurs et j’avais deux options : rentrer chez moi légalement ou demander à nouveau un visa. Comme on avait 99% de chances de le voir rejeté, j’ai décidé de rentrer, parce que je n’ai pas les mêmes moyens que Novak pour me battre. Car s’ils l’arrêtaient, ils auraient dû nous arrêter aussi. »

 

Filip Serdarušić n’aime pas du tout la façon dont Djokovic a été traité à Melbourne, notamment parce qu’il a tout fait conformément aux règles, selon lui, mais serait victime de plusieurs erreurs humaines à son encontre : « Les gens n’arrêtent pas de s’indigner, de nos jours, alors qu’ils ne connaissent pas les faits. Dans notre cas, je dirais simplement que lorsque nous avons demandé un visa, nous devions remplir les conditions. Ni Novak, ni moi, nous nous sommes considérés comme des privilégiés ou au-dessus des lois. Nous avons rempli les conditions d’entrée en Australie selon leurs règles et nous avons été autorisés à entrer. Nous avons juste utilisé l’opportunité qu’ils nous ont données. »

 

Il conclut en se rangeant derrière le leader du tennis mondial : « Le timing de ce scandale est idéal car il a lieu juste avant les élections, il me semble. S’ils ont laissé partir la Tchèque et moi, pourquoi n’ont-ils pas laissé Novak partir ? Je pense que la Tennis Association of Australia espérait qu’il entrerait comme nous sur le territoire parce que tout le monde connait Novak. Mais sans Novak, toute cette histoire ne nous serait jamais arrivée. »