Open d'Australie (H) / Berrettini : « Je peux battre Rafa »

Matteo Berrettini va disputer sa troisième demi-finale en Grand Chelem. On observe une montée en puissance chez l'Italien depuis plusieurs mois. Novak Djokovic est d'ailleurs le seul joueur à l'avoir battu en Majeur depuis plus d'un an. Petit bémol toutefois, c'est le seul joueur du top 10 que l'Italien a affronté. Si battre Rafael Nadal dans un tel tournoi n'est pas chose aisée, le Romain croit en ses chances et en sa bonne étoile. Ses deux victoires en 5 sets contre Alcaraz et Monfils alors qu'il dominait et menait 2 sets à 0 lui ont donné beaucoup de confiance.

Son 5ème set contre Monfils

« Je me suis juste dit de frapper chaque balle aussi fort que possible, de me battre sur chaque point autant que possible. Je n'allais pas me laisser sortir du court sans me battre au mieux de mes capacités. Je suppose que j'ai trouvé un peu d'énergie que je pensais ne plus avoir. C'était très important de commencer le set par deux breaks pour mener 4-0 avant d'avoir des balles neuves pour servir. Je n'ai pas été surpris de rapidement mener au score parce que physiquement, je me sentais très bien, avec la bonne énergie. »

Sa 3ème demi-finale en Grand Chelem

« Avant ma première demi-finale à l'US Open, je ne pensais pas vraiment pouvoir aller aussi loin. Ce n'est pas que je ne croyais pas en moi, c'était juste que mon état d'esprit était d'aller une étape à la fois, une jour à la fois. Je n'ai jamais été du genre à dire : "D'accord, maintenant je vais devenir pro et je vais essayer de gagner un Grand Chelem. Je n'ai jamais été comme ça. Même quand je jouais le quatrième tour à Wimbledon et que Roger m'a tué (rires), j'étais content du résultat, même si à ce moment-là, j'en voulais déjà beaucoup plus. Alors, quand j'ai atteint les demi-finales pour la première fois, j'ai pensé que je voulais le répéter. Que je voulais aller plus loin. Mais ça a toujours été quelque chose qui s'est fait étape par étape. »

Premier Italien dans le dernier carré à Melbourne

« C'est quelque chose qui me rend très fier. Je pense que ce n'est pas faux si je dis que, d'une certaine manière, j'écris une petite partie de l'histoire du tennis italien. Nous sommes un grand pays pour ce sport. Dans le passé nous avons eu de grands champions, et pour moi c'est un honneur d'entrer sur le court et d'avoir l'opportunité de créer ce genre d'histoires, d'obtenir des résultats aussi incroyables. Je ressens beaucoup d'amour pour l'Italie, les fans et ma famille, des gens qui m'ont vu grandir et qui sont maintenant étonnés de voir où je suis arrivé. »

Un problème avec le public australien ?

« Je n'ai aucun problème avec le fait que le public soit contre moi. Quand tu affrontes quelqu'un comme Gaël, c'est tout à fait normal, car c'est un gars très apprécié. La même chose s'était produite à l'US Open et je n'ai rien contre ça. J'ai un problème quand tu ne te comportes pas correctement, parce que si tu dis des choses et que tu cries entre mon premier et mon deuxième service, ou quand je suis sur le point de frapper un coup droit, ce n'est pas cool du tout. C'est un peu difficile mais d'une certaine manière, cela m'a aussi aidé à trouver de l'énergie. Parfois, cela se transforme en une bonne chose. Ce n'est pas non plus quelque chose que j'aime quand cela arrive. Quand j'ai le public derrière moi à Rome, je dis toujours aux gens de se taire entre le premier et le deuxième service. Mais on ne peut pas tout contrôler, on doit apprendre à le gérer. »

Sa gestion des moments chauds

« Le tennis est un sport à part. Je sentais un élan dans mes deux matches contre Carlos et Gaël, encore plus contre Carlos. Je menais 4-3, 30-0, et le match m'a échappé en un clin d'œil, il a complètement changé de physionomie. Quand ça arrive, c'est à ton tour de rester calme. C'est ce que je me dis. Tu penses que tu as encore un avantage. Même quand on était à deux sets partout, je me disais que j'avais eu deux d'avance. C'est positif, ça veut dire que je jouais mieux que lui et que je pouvais encore le faire. Et je sais que quand on a deux sets de moins, c'est beaucoup plus facile de jouer, parce qu'on ne ressent pas la pression, on est tellement près de perdre que c'est plus facile de jouer : c'est quand on est au cinquième départ qu'on commence à ressentir cette pression. J'étais prêt à l'affronter. Mon rival l'a un peu senti et j'en ai profité. »

Sa demi-finale face à Nadal

« Une fois de plus, ce sera une grande opportunité pour moi. Plus de deux ans après notre match à l'US, je joue à nouveau contre Rafa, qui n'a pas besoin d'être présenté. Je l'ai vu tellement de fois dans ce tournoi et dans d'autres, Je l'ai soutenu même alors une demi-finale, sur le Rod Laver, c'est quelque chose dont je rêvais quand j'étais gamin. Cela dit, maintenant je veux vraiment gagner ce match. Je sais que je peux le faire. Ça va être très difficile. Mais je suis en demi-finale d'un Grand Chelem pour la troisième fois, et ça veut dire que j'ai le niveau pour le faire. Je veux aller plus loin. »