Open d’Australie : Les 4 Fantastiques Bleus

Les Français ne sont plus que quatre au troisième tour de l’Open d’Australie. Pas une très bonne nouvelle puisqu’ils étaient 18 sur la ligne de départ, hommes et femmes confondus. Mais le niveau de jeu des survivants est tel qu’il donne envie de se réjouir, et incite peut-être même à un certain optimisme concernant la suite du tournoi. Retour sur les performances des tricolores avec notre consultant, Rodolphe Gilbert.   

Alizé et Benoit font la paire

En rejoignant Gaël Monfils et Adrian Mannarino au troisième tour, Alizé Cornet et Benoit Paire complètent un joli carré d’as. C’est la Niçoise qui a ouvert le bal la nuit dernière en dominant à la régulière Garbiñe Muguruza (6-3, 6-3). Une victoire synonyme d’exploit puisqu’elle n’avait plus battu une membre du TOP 3 depuis 6 ans et demi (Simona Halep à Madrid, en mai 2015). Mais la Française avait parfaitement préparé son coup, après avoir déjà fait tomber l’Espagnole à Berlin il y a 7 mois : « Je savais à quoi m'attendre et comment l’embêter. J'ai réussi à rester très concentrée, dans ma bulle, je n’ai pas eu de pensées parasites. » Même si elle a profité de nombreuses fautes directes de son adversaire (33 au total), la 61ème mondiale a montré un visage très entreprenant : « J’ai vite compris que mes coups partaient bien. J’ai joué relâchée et j'ai vraiment réussi à élever mon niveau de jeu lors de ce deuxième tour. » Rodolphe Gilbert confirme et ne s’attendait pas à pareille performance : « J’avoue que j’ai été surpris par la qualité du jeu agressif d’Alizé. Elle a également dégagé beaucoup de sérénité et ça m’a énormément plu. Elle a parfaitement répondu au combat engagé par Garbiñe Muguruza ». Plus fort encore, Cornet n’a défendu aucune balle de break sur son service, remportant 83% des points derrière sa première et 60% après sa seconde. Prochaine étape, Tamara Zidansek, N°29 mondiale. 

« Il n’y a rien de rationnel chez lui. Il peut-être aussi étonnant qu’agaçant ». Voilà résumé en quelques mots le sentiment de Rodolphe Gilbert sur Benoit Paire, un avis sans doute partagé par bon nombre d’amateurs de la petite balle jaune. Après un marathon remporté en 5 sets et plus de 3h30 de jeu au premier tour contre Thiago Monteiro, l’Avignonnais a passé la vitesse supérieure. Un succès en 4 manches (6-4, 6-4, 6-7, 7-6) face à Grigor Dimitrov, 28ème joueur mondial, ancien demi-finaliste à Melbourne (2017). Certes, la rencontre ne fut pas grandiose (90 fautes directes au total). Mais le Français a eu le mérite de s’accrocher dans la tête, et de continuer à tenter même quand tout ne tournait pas rond (perte du tie-break dans le troisième set et break-débreak au début de la quatrième manche). « Il a été calme du début à la fin, explique notre consultant. Même si le Bulgare n’a pas été au top, il est clair que si Benoit jouait comme ça plus régulièrement, sa vie sur le circuit serait émaillée de beaucoup plus de victoires ». On n’en est pas encore là, l’intéressé lui-même préférant évoquer sa prestation du jour : « Je suis très fier de moi. J’ai fait les efforts mentalement, j’ai réalisé un gros match. J’ai pris énormément de plaisir aujourd’hui. » Bien sûr, la suite s’annonce délicate face à Stefanos Tsitsipas, 4ème mondial. Rodolphe Gilbert livre son analyse : « La difficulté, c’est de reproduire les efforts. Surtout contre un gros morceau comme le Grec, et au meilleur des 5 manches. Mais il semble bien dans sa tête, dans son tennis. Benoit propose une belle qualité de service et de nombreuses variations. » 

La stat à retenir

En dominant Grigor Dimitrov, Benoit Paire n’a battu que son troisième TOP 30 lors de ses 13 dernières tentatives

Des M&M’s à croquer

Alizé, Benoit, Adrian et Gaël. Le quatuor bleu compte bien claironner encore quelques jours à Melbourne Park. La veille, les deux « M » avaient parfaitement sonner la chamade. Monfils en écrasant Alexander Bublik (6-1, 6-0, 6-4), après avoir déjà mis une raclée à Federico Coria (5 jeux perdus seulement aussi). « Le niveau de jeu de Gaël contre le Kazakh m’a impressionné, raconte Rodolphe Gilbert. Il l’a littéralement étrillé. Il se se sent bien physiquement et envoie du lourd. Avec sa partie de tableau dégagée, en l’absence de Novak Djokovic, il peut viser un quart, voire mieux. » Mannarino a lui réussi l’exploit de faire tomber la tête de série N°10 du tournoi, Hubert Hurkacz (6-4, 6-2, 6-3). « On n’avait pas vu venir une telle victoire, surtout avec un score si lourd, avance l’ancien joueur professionnel. Adrian a tout simplement éclaté le Polonais. Ce ne sera pas facile contre Aslan Karatsev, qui enchaîne les succès, et qui devrait peut-être mieux gérer le style du Français. Mais attention, il vient de battre le N°11 mondial, c’est une performance de choix ». Mannarino n’a jamais battu deux TOP 20 dans la même épreuve. Il lui faudra donc bien sûr à réaliser un nouveau match parfait pour venir à bout du demi-finaliste de l’Open d’Australie en 2021. Pour Monfils, le défi Cristian Garin au troisième tour semble largement dans ses cordes.