Tommy, "Amazing Journey" (épisode 1/2)

Après avoir mis un terme à sa carrière sur le circuit principal après un ultime tournoi à Barcelone, Tommy Robredo aborde un nouveau chapitre de sa nouvelle vie. Il disputera le 28 avril prochain le tournoi CNGT de Guindé sur les courts de Taden-Dinan en Bretagne, en compagnie de Fabrice Santoro et de Paul-Henri Mathieu. De 1998 à 2022, retour sur les multiples histoires de la carrière d’un Espagnol amoureux du tennis et de la France.

 

25 ans de carrière, dont 14 dans le top 100, s'il existe un mot pour définir Tommy Robredo, ce serait « régularité ». L’Ibère laisse derrière lui une carrière parmi les plus longues du tennis espagnol. Débutant le tennis à 5 ans, Tommy est entrainé très tôt par son père jusqu’à ses 14 ans. Ce dernier décide d’inscrire son fils au centre d’« Alt Rendiment », un centre d’entraînement espagnol réputé, à l’image du CNE en France de nos jours. De là, il remporte l’Orange Bowl en 1996 en simple et en double avec l’inusable Marc Lopez. Professionnel depuis 1998, il entre pour la première fois dans le Top 100 en 2001 grâce à sa finale au tournoi de Marrakech (perdue contre Guillermo Canas) et son titre à Sopot contre son compatriote Albert Portas.

 

L’Espagnol cumule un total de 12 titres individuels à son palmarès, dont le Masters 1000 d’Hambourg en 2006 (autrefois appelé « Masters Series »). Dans sa vitrine apparaissent également trois Coupes Davis avec l’équipe espagnole (2004, 2008 et 2009) et deux Hopman Cup (2002 et 2010). Seuls Rafael Nadal et Feliciano Lopez feront mieux avec 5 Saladiers d’Argent. Sept fois quart de finaliste en Grand Chelem (dont cinq à Roland Garros), plus de 500 victoires officielles sur le circuit, une participation à la Master Cup 2006. Il atteint son meilleur classement en 2006, à la 5ème place mondiale. Une blessure au genou va sévèrement l’handicaper entre 2010 et 2012, jusqu’à sortir du Top 100 en fin de saison. Il y fera son retour en 2013

 

Robredo est un pur terrien. Preuve en est, sa surface de prédilection lui a permis de remporter onze de ses douze trophées. Le grand public fait vite la connaissance d’un petit gabarit, sans réel coup fort, mais avec une très grosse capacité de contre, et doté d’un revers à une main à la technique très singulière.

Son unique titre sur dur, il le remportera en France, A Metz, en 2007, où il s’impose en 3 sets contre Andy Murray en finale. L'Ecossais constituera à ce titre un bourreau régulier de l'Espagnol, remportant 6 de leurs 8 confrontations. Tout le monde se souvient de cette mythique scène en finale du tournoi de Valence en 2014. Après une balle de match interminable et harassante résumant les trois heures de combat qu'ils se sont infligées, Robredo, épuisé et accoudé à la bande du filet, salue son adversaire victorieux par deux doigts d’honneur, petit geste potache à l'encontre de son adversaire, qui lui avait ravi son titre à domicile. « Il y a des moments inoubliables, mais un de mes souvenirs favoris reste cette défaite contre Andy Murray, c'était un match spectaculaire » a-t-il concédé, sans rancune, au site officiel de l'ATP.

Issu de la même génération que Juan Carlos Ferrero et Feliciano Lopez, le Catalan a assisté à l’éclosion du plus gros phénomène de l’histoire du tennis ibérique, Rafael Nadal. En dépit d'un bilan de sept défaites en autant de confrontations, il indique cependant être reconnaissant d’avoir évolué sur le circuit avec lui : « Non, ma carrière n'a pas été affectée en coïncidant avec celle de Rafa. Sans Rafa, j'aurais peut-être gagné quelques matchs de plus mais j’aurai pas eu la même vie. En Espagne, on parle plus de tennis grâce à lui. Il y a davantage de tournois et de sponsors qui viennent en Espagne. Quand j'ai commencé, on gagnait 6 000 € si on se faisait éliminer au premier tour d'un Grand Chelem. Maintenant, c'est 60 000 € grâce à Rafael Nadal et Roger Federer. Ils ont grandement contribué à faire connaitre et faire grandir notre sport. »

 

Ses liens avec Rafael Nadal auront également été fructueux à titre personnel, le Majorquin constituant un partenaire de double occasionnel sur le circuit. Les deux joueurs ont ainsi gagné ensemble le Masters Series de Monte Carlo en 2008.

 

Bien qu’il soit l’un des joueurs les plus professionnels et travailleurs du tennis espagnol, Tommy a commencé petit à petit à payer l’usure de nombreuses saisons en cours depuis des années. Lors d'une conférence de presse tenu à Barcelone le 23 mars dernier, l'Espagnol qui aura 40 ans en mai prochain, a fini par annoncer l'inéluctable, décidant qu'il était cette fois temps de tourner la page de sa longue carrière. Actuellement en dehors du top 300, Tommy savait depuis l’année dernière que l’heure était venue de passer à autre chose. Il ne restait plus qu’à décider quand et comment. Il trouva, lundi 18 avril dernier, le plus beau court pour lui permettre de faire ses adieux : celui du court central, le « court Rafael Nadal ». Son nom est même inscrit sur la coupe parmi les vainqueurs, en 2004. El círculo está cerrado.