WTA / Barbora Krejcikova : « Gérer mes émotions, la clé de ma réussite »

Barbora Krejcikova revient à Dubaï dans la peau de la finaliste, sur un tournoi qui a fait basculé sa carrière et sa vie. La n°3 mondiale a hâte de revenir dans la ville qui l’a propulsée dans une nouvelle dimension. Pour la Tchèque, Dubaï fut la rampe de lancement d’une ascension spectaculaire, avec en point d’orgue son premier titre du Grand Chelem à Roland-Garros.

 

Avant toute chose, il est bon de rappeler que Barbora Krejcikova est une joueuse de double plus qu’accomplie avec 13 titres dont un Masters à Guadalajara et une médaille d’or aux JO de Tokyo en 2020 avec Katerina Siniakova. Référence incontestable en double, on ne pouvait pas en dire autant de son palmarès en simple. Du moins, jusqu’en février 2021. Après avoir débuté la saison dernière à une lointaine 65ème place, Krejcikova s’inscrit à Dubaï, où elle réalise un tournoi sensationnel. Depuis les qualifications, la native de Brno s’est hissée jusqu’en finale contre Garbine Muguruza sans perdre un set, mais tombe sur l'ultime marche (7-6, 6-3) dans un match de très bon niveau.

Pas passée loin du titre aux Emirats, elle remporte finalement quelques temps après son premier titre sur le circuit WTA à Strasbourg, puis enchaîne la semaine suivante avec ce sacre à Roland-Garros en battant Anastasia Pavlyuchenkova en trois sets. Tout simplement le plus beau titre de la carrière de la Tchèque, qui réalise le doublé en simple et double durant la quinzaine parisienne. Une performance qui n’était plus arrivée depuis Mary Pierce en 2000.

Krejcikova confie sa grande difficulté par le passé à canaliser ses émotions. Un problème qui l’a poursuivi pendant bien longtemps, jusqu’à ce tournoi de Dubaï l’an passé qui a servi de déclic : « La chose dont je suis la plus fière, c'est la partie mentale. Pour moi, c'était vraiment difficile. […] J'ai toujours voulu avoir comme objectif de remporter un tournoi du Grand Chelem. Mais avant les matchs… je paniquais tellement que ce n’était parfois pas beau à voir ! »

Elle poursuit en analysant la perception mentale de sa finale contre Anastasia Pavlyuchenkova à Roland-Garros : « Dès que je suis entré sur le court, j'étais là, prête à me battre. Aucune peur en moi, aucune panique, un peu de stress, mais peu importe : toutes mes émotions semblaient être sous contrôle. C'était vraiment spécial pour moi. C'était un point important sur lequel je me devais de vraiment travailler parce que je suis très émotive. Je perdais facilement le contrôle en match et ça me portait préjudice sur les moments importants. Je pense que c'est pour ça que j'ai gagné : je sentais que mentalement, j'étais capable de vraiment gérer toutes les situations que j'ai rencontrées pendant ces deux semaines. C'était la plus grande clé de ma réussite à Roland-Garros. »

 

 Krejcikova, la bascule a eu lieu

Après Roland-Garros, Krejcikova ne s’est pas arrêtée là : elle a ajouté un troisième trophée à son armoire, à Prague, et en ne perdant pas un set en cinq matches. Elle a ensuite pris sa revanche à Cincinnati sur son bourreau de Dubaï (Muguruza) puis à l’US Open pour atteindre les quarts de finale. La belle mécanique ne s’est pas enrayée en 2022, en atteignant la finale de Sydney et les quarts de finale de l'Open d'Australie : « Nous sommes fiers que le tournoi de Dubaï ait joué un rôle aussi important dans la carrière de Barbora Krejcikova, et c'est avec un grand plaisir qu'après sa semaine exceptionnelle ici l'année dernière, nous l'avons vue connaître un succès encore plus grand. Nous sommes impatients de voir si elle peut maintenant ajouter le titre de Dubaï à sa liste croissante de trophées et lui souhaitons bonne chance. », a déclaré Colm McLoughlin, vice-président exécutif et PDG de Dubai Duty Free.

"Il est remarquable que Barbora Krejcikova ait réussi non seulement à atteindre la troisième place mondiale en simple, mais à être désormais classée deuxième en double", a déclaré le directeur du tournoi, Salah Tahlak. Barbora Krejcikova est désormais la joueuse la plus complète du circuit. Elle fait son entrée en lice ce lundi à Dubaï face à Caroline Garcia, suclassée par la Tchèque en début de saison (6-0, 6-2) à Sydney.