WTA / Iga Swiatek : « J’ai changé mon approche du tennis »

Impressionnante. Assommante. Étourdissante. Voici trois mots qui vantent la performance XXL d’Iga Swiatek durant la semaine qui vient de s’achever à Doha. En finale, elle a éclaté Anett Kontaveit, 7ème mondiale et joueuse du moment (avec Jelena Ostapenko), en lui infligeant un sévère mais logique 6-2, 6-0. Durant son parcours, l'ambassadrice de Tecnifibre n’a perdu qu’une manche au premier tour contre Viktorija Golubic, avant d’enchaîner des succès nets face à Daria Kasatkina (N°28), Aryna Sabalenka (N°2), Maria Sakkari (N°6) et l’athlète estonienne. À 20 ans seulement, la Polonaise empoche déjà son deuxième WTA 1000 (après Rome en 2021), elle qui a déjà glané un premier Majeur à Roland Garros en 2020. Après deux demies à Adélaïde et à l’Open d’Australie en janvier, elle confirme qu’elle fait partie des 5 meilleurs joueuses du circuit et s’installe au 4ème rang mondial.

On connaissait son appétence pour la terre battue. La voici à présent prête à rivaliser sur dur. Puissante, entreprenante, mobile et précise, Swiatek a raconté en quoi elle avait modifié son approche tactique depuis qu’elle a entamé en début d’année sa collaboration avec son nouveau coach, Tomas Wiktorowski, ancien entraîneur d’Agnieszka Radwanska : « Grâce à lui, je suis devenu plus agressive. Il m’a convaincu, après quelques atermoiements de ma part. Mais aujourd’hui, j’adore l’idée. Prendre le dessus dans l’échange sur mes adversaires, c’est ce que je recherche maintenant. Avant, j’attaquais uniquement contre les joueuses qui attendent la faute. À présent, je tente ma chance même contre celles qui frappent très fort. C’est ce que j’ai fait contre Aryna Sabalenka, par exemple. Je suis très fière de ce titre, mais davantage encore de ma manière de jouer. Je suis devenu plus complète. »

Forcément, il a fallu adapter ses prédispositions sur la surface ocre à un revêtement plus rapide. « J'ai travaillé très dur concernant mes plans de jeu d’attaque. Je me suis toujours considérée comme une très bonne joueuse défensive, mais je voulais me sentir vraiment à l'aise lorsque je passe à l'offensive. Aujourd’hui, j’ai plus d'options dans mon tennis et je peux choisir ce que je vais faire en fonction du profil de la joueuse qui se trouve en face. Il ne s'agit pas forcément d'utiliser toutes les variations dans un même match, mais de savoir que je peux faire des choses différentes lorsque je suis coincée dans un domaine. Je sais que je peux corriger les choses et jouer un autre type de tennis. »

Autre motif de satisfaction, sa constance d’un bout à l’autre du tournoi qatari. « La chose la plus incroyable selon moi cette semaine, c'est d’avoir été capable de maintenir ce niveau de tennis énorme. J'ai joué de grands matchs, pas seulement ceux contre Sabalenka ou Kasatkina. Pour moi, la cohérence et la stabilité sont les éléments les plus importants pour faire partie des meilleures. J'ai souvent remarqué au cours de ma carrière que, lors des premiers tours, je jouais bien et puis soudain, mon niveau baissait sans que je sache vraiment pourquoi. Maintenant, j'ai l'impression d'avoir plus de contrôle sur tout ça. Ça me donne beaucoup de calme sur le court ».

Une sérénité qu’elle dégage aussi en dehors des terrains. « J'ai passé beaucoup de nuits blanches pendant la pré-saison à cause de la décision de changer d’entraîneur (Piotr Sierzputowski). Ce fut finalement un bon choix, je me sens soulagée et très fière d'avoir eu le courage de le faire. La fin d’année dernière a été très chaotique dans mes choix de tournois et en ce qui concerne l’accumulation des matchs. Aujourd’hui, j'ai davantage d'expérience et je joue un meilleur tennis, j'ai donc une grande tranquillité d’esprit ». 

La suite, confirmer cet excellent début de saison en continuant sa moisson sur dur (14 succès dont 3 contre des membres du TOP 10 pour 3 petits revers) à Indian Wells puis Miami.