WTA / Paula Badosa : « Gagner un Grand Chelem, je me dis que c'est possible »

Il y a presque un an, Paula Badosa avait débuté la saison 2021 de la plus mauvaise des manières. Infectée par la Covid-19 à son arrivée en Australie, l'Espagnole avait été contrainte de s’isoler durant 14 jours, déplorant des conditions de quarantaine « lamentables » et se déclarant « abandonnée » par les organisateurs du premier Grand Chelem de l’année. À l’époque, Paula Badosa était 67ème mondiale. Aujourd’hui, elle fait partie des dix meilleures joueuses du monde et a pris soin de se faire vacciner avant de s’envoler pour l’Océanie. Dans une interview accordée au Mundo Deportivo, celle qui est née à New York a annoncé ses objectifs pour la saison qui s’annonce, qu’elle démarrera à Adélaïde. À 24 ans, elle en a également profité pour faire le bilan de son année 2021, marquée par un titre au WTA 1000 d’Indian Wells et une demie au Masters. La N°8 mondiale a enfin évoqué ses forces et ses faiblesses et commenté les ambitions de sa compatriote Garbiñe Muguruza.

Son entrée dans le TOP 10

« Intégrer le TOP 10 n’a rien à voir avec le TOP 100. Pour atteindre ces deux objectifs, j’ai presque l’impression d’avoir pratiqué deux sports différents. Déjà, parce que les moyens et les installations n’ont rien à voir en fonction du niveau des tournois. En revanche, sur le plan mental, c’est le même effort. C’est très difficile dans les deux cas. Ce fut même bien plus long pour moi d’entrer dans le TOP 100 que dans le TOP 10. »

Les Grands Chelems et la place de N°1 mondiale

« Évidemment, j’ai envie d’aller au sommet. Plus j’avance et plus j’y pense. Avec le temps, la confiance grandit et gagner un Grand Chelem, je me dis que c’est possible. Mais même quand on est proche, le chemin est encore long, car il y a énormément de très bonnes joueuses sur le circuit qui aspirent aussi à gagner des Majeurs et à devenir numéro une mondiale. »

      

La présaison et la vie sur le circuit

« J'ai profité de mes vacances, mais c’était super court. J’ai repris très vite l’entraînement. Les saisons s’enchaînent et on n’a pas vraiment le temps de souffler. Mais je ne me plains pas. J’apprécie cette dynamique et cette intensité de travailler dur de manière quotidienne. Certes, il y a beaucoup de chose que je ne peux pas faire mais j’ai la chance d’aimer vraiment le tennis, les tournois et l’entraînement. C’est une vie un peu folle, mais je n’en souffre pas tellement. Le plus difficile, c’est la présaison. Parce que pendant un mois, on arrête la compétition et cette drogue, cette adrénaline, commence à nous manquer, or il faut la retrouver ».     

 

Ses progrès sur le plan physique

« L’aspect physique était une de mes faiblesses. J’ai beaucoup travaillé ces derniers temps et je vais continuer à le faire, car je pense que c’est la clé de mon succès. De même avec la nourriture. Ce sont ces petits détails qui dont la différence ».

 

Le mental et l’expérience

« La question mentale est également très importante. En 2021, j’ai vécu plusieurs situations pour la première fois. J’ai donc pris le temps d’analyser certains de mes matchs, comme mes défaites à Roland Garros (contre Tamara Zidansek, en quart de finale) et au Masters de Guadalajara (face à Garbiñe Muguruza, en demi-finale). Mon manque d’expérience et une certaine instabilité émotionnelle ne m’ont pas aidé. Je veux absolument éviter de commettre les mêmes erreurs en 2022 ».

 

L’exemple Garbiñe Muguruza

« Je pense qu’elle est capable de remporter les deux Grands Chelems qui lui manquent. Elle a beaucoup de talent, est très compétitive et enthousiaste. Elle possède aussi une expérience précieuse que je n’ai pas encore. Jouer toutes les semaines, face aux meilleures. C’est le meilleur moyen d’apprendre à gérer les moments importants. »